Taxe foncière Paris 2026 :
20,5 %, ce que vous payez vraiment
Trois ans après la hausse de 52 % votée en 2022, Paris maintient son taux communal à 20,5 % en 2026. Votre taxe foncière concrète par arrondissement, le simulateur de surcoût et ce qui change avec le nouveau maire élu en mars.
En 2023, le Conseil de Paris a voté la plus forte hausse de taxe foncière de son histoire récente : le taux communal est passé de 13,5 % à 20,5 %, soit +52 %. Trois ans plus tard, ce taux reste inchangé. En 2026, les bases cadastrales sont revalorisées de +0,9 % et la facture des propriétaires parisiens est environ 74 % plus élevée qu'en 2022, sans perspective de baisse à court terme avec le nouveau maire.
1. Ce que vous payez en 2026 : taux et calcul exact
La taxe foncière à Paris en 2026 applique un taux communal de 20,5 % sur la valeur locative cadastrale nette du bien, inchangé depuis novembre 2022. Les bases imposables sont revalorisées de +0,9 % par l'État. Formule officielle : valeur locative cadastrale nette × 1,009 × 20,5 % = part communale de la taxe foncière 2026.
| Composante | Valeur 2026 | Remarque |
|---|---|---|
| Taux communal TFPB | 20,5 % | Inchangé depuis 2023 (était 13,5 % avant) |
| Revalorisation bases 2026 | +0,9 % | Inflation IPCH nov. 2025, décision nationale |
| Formule | VLC nette × 20,5 % = part communale TF | |
La valeur locative cadastrale (VLC) nette figure sur votre avis d'imposition à la ligne "Base nette". Elle représente le loyer annuel théorique que l'administration fiscale attribue à votre bien. À Paris, elle varie fortement selon l'arrondissement, la surface, l'étage et l'état du bien.
Comment lire la part communale sur votre avis
Sur votre avis 2026, la part communale de taxe foncière apparaît dans la section "Cotisations". Elle se distingue de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), des frais de gestion et de la part syndicale éventuelle. La "Base nette" figurant en haut de l'avis correspond à votre valeur locative cadastrale après abattements. Multipliez cette base par 20,5 % pour retrouver la part communale exacte. La Ville de Paris détaille ces composantes sur sa page officielle Taxes et impôts.
2. Retour sur la hausse de 52 % de 2023
En novembre 2022, le Conseil de Paris a voté une hausse de 52 % du taux communal de taxe foncière, le faisant passer de 13,5 % à 20,5 %. Cette décision, motivée par la perte de recettes consécutive à la suppression de la taxe d'habitation et les besoins budgétaires de la Ville, s'applique sur les avis envoyés depuis l'automne 2023. Paris est devenue cette année-là l'une des grandes villes françaises ayant le plus augmenté sa fiscalité foncière.
Pourquoi Paris a voté cette hausse en 2022
Trois facteurs ont conduit au vote du 28 novembre 2022. D'abord, la suppression progressive de la taxe d'habitation pour les résidences principales a privé les communes d'environ 22 milliards d'euros de recettes annuelles à l'échelle nationale. L'État a compensé partiellement, mais Paris a estimé sa compensation insuffisante face aux dépenses spécifiques de la capitale. Ensuite, l'inflation post-Covid (+5,2 % en 2022) a renchéri les dépenses municipales, salaires et marchés publics inclus. Enfin, la majorité Hidalgo a choisi de préserver les investissements climatiques et les services publics plutôt que de réduire le périmètre budgétaire.
Pour comprendre la situation des propriétaires parisiens en 2026, il faut revenir à ce vote du Conseil de Paris du 28 novembre 2022. La majorité a approuvé une hausse de 52,6 % du taux communal. À ce choc de taux s'est ajoutée la revalorisation nationale des bases, décidée chaque année par l'État :
| Année | Taux communal | Revalorisation bases | Impact cumulé vs 2022 |
|---|---|---|---|
| 2022 (référence) | 13,5 % | - | Base = 100 |
| 2023 (1er avis) | 20,5 % | +7,1 % | +63 % |
| 2024 | 20,5 % | +3,9 % | +70 % |
| 2025 | 20,5 % | +1,7 % | +73 % |
| 2026 | 20,5 % | +0,9 % | +74 % |
Un propriétaire qui payait 1 000 € de part communale en 2022 en paie environ 1 740 € en 2026. L'essentiel de la hausse est concentré sur 2023, mais la revalorisation des bases continue d'alourdir la facture chaque année.
3. Combien payez-vous concrètement ?
À Paris en 2026, un studio de 25 m² dans le 18e paie environ 420 € de taxe foncière communale, un 75 m² dans le 4e Marais environ 1 290 €, et un 100 m² dans le 7e Invalides environ 2 115 €. Le surcoût annuel par rapport au taux d'avant 2023 oscille entre 180 € (studio) et 900 € (grand appartement haut de gamme).
Quatre profils types
| Profil | TF part communale 2022 | TF part communale 2026 (estimée) | Surcoût/an |
|---|---|---|---|
| Studio 25 m², 18e (Montmartre) | ~ 240 € | ~ 420 € | ~ +180 € |
| 2 pièces 50 m², 11e (Bastille) | ~ 470 € | ~ 820 € | ~ +350 € |
| 3 pièces 75 m², 4e (Marais) | ~ 740 € | ~ 1 290 € | ~ +550 € |
| Appartement 100 m², 7e (Invalides) | ~ 1 215 € | ~ 2 115 € | ~ +900 € |
Ces estimations sont calculées sur la base d'une valeur locative cadastrale typique par arrondissement. Le montant exact de votre avis peut différer selon l'étage, l'état et l'exposition de votre bien.
Paris reste néanmoins dans la fourchette basse des grandes villes au niveau du taux brut. Nice applique aujourd'hui ~30,9 % (après la baisse de -4,4 pts votée en avril 2026). Marseille dépasse 25 %. Lyon est à ~23 %. La hausse de 2023 a mis fin à plusieurs décennies où Paris affichait un des taux les plus bas de France.
4. Simulateur express : votre taxe foncière 2026
Le simulateur de surcoût taxe foncière Paris calcule la différence entre votre taxe 2026 au taux actuel de 20,5 % et ce que vous paieriez au taux d'avant la hausse de 2023 (13,5 %). Renseignez la part communale de votre taxe 2025 - disponible sur votre avis ou votre espace impots.gouv.fr - pour obtenir une estimation immédiate du surcoût annuel supporté.
5. Nouveau maire Grégoire : pas de baisse annoncée
Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris le 22 mars 2026 avec 50,52 % des voix au second tour, n'a pas inclus de baisse de la taxe foncière dans son programme municipal. Sa majorité s'inscrit dans la continuité budgétaire de la mandature Hidalgo. Pour le mandat 2026-2032, aucune réduction du taux communal de 20,5 % n'est prévue par la Ville de Paris.
Les élections municipales parisiennes des 15 et 22 mars 2026 ont mis la fiscalité locale au cœur des débats. Comme l'a documenté Le Figaro Immobilier, les programmes allaient d'une division par deux à une nouvelle hausse. Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo depuis 2014, a remporté le scrutin à la tête de la liste "Paris est à vous !" avec 50,52 % des suffrages au second tour.
| Candidat | Résultat 2e tour | Proposition TF |
|---|---|---|
| Emmanuel Grégoire (PS/gauche) | Élu - 50,52 % | Pas de baisse annoncée |
| Rachida Dati (LR) | ~35 % (estimation) | Réduction de 20 % |
| Sophia Chikirou (LFI) | ~9 % | Nouvelle hausse proposée |
Les propriétaires qui espéraient une baisse comparable à celle de Nice (-4,4 points votés en avril 2026) devront attendre. Pour le mandat 2026-2032, aucune réduction du taux communal n'a été promise par la majorité en place.
Grégoire justifie cette position par les contraintes budgétaires de la Ville : Paris porte une dette estimée entre 10 et 12 milliards d'euros, et les dépenses des Jeux olympiques de 2024, des investissements climatiques et des services sociaux pèsent structurellement sur les finances municipales.
6. Ce que la revalorisation des bases change chaque année
La revalorisation annuelle des valeurs locatives cadastrales est décidée chaque année par l'État dans la loi de finances, sur la base de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre de l'année précédente. En 2026, cette revalorisation est de +0,9 %. Elle s'applique automatiquement à tous les avis de taxe foncière en France, indépendamment du taux communal voté localement.
Pourquoi votre taxe augmente chaque année sans nouveau vote
Le mécanisme est automatique : chaque année, la loi de finances fixe un coefficient national de revalorisation des bases cadastrales, applicable à tous les propriétaires sans délibération locale. Ce coefficient suit l'IPCH de novembre. Tant que l'inflation existe, votre taxe foncière augmente, même si le taux communal de 20,5 % reste figé. Selon Le Monde, une mise à jour des données fiscales par la DGFiP pourrait également alourdir les bases de 7,4 millions de logements à partir de 2026, dont une part importante en zone urbaine dense comme Paris.
La revalorisation annuelle des valeurs locatives cadastrales est décidée dans la loi de finances, sur la base de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre de l'année précédente. Elle s'applique automatiquement à tous les propriétaires de France :
| Année | Revalorisation | Contexte |
|---|---|---|
| 2023 | +7,1 % | Pic d'inflation post-covid |
| 2024 | +3,9 % | Inflation en décrue |
| 2025 | +1,7 % | Retour vers la cible |
| 2026 | +0,9 % | Inflation faible (IPCH nov. 2025) |
Sur 6 ans (2026-2032), si l'inflation se maintient à 1,5-2 % par an, les bases cadastrales augmenteront de +9 à +13 % supplémentaires. Sur un avis de 1 000 €/an en 2026, cela représente 90 à 130 € de hausse supplémentaire d'ici fin de mandat, sans aucun nouveau vote parisien.
7. Impact sur la valeur de votre bien à Paris
La hausse de 52 % de la taxe foncière à Paris depuis 2023 alourdit le coût de détention d'un bien mais n'a pas provoqué de baisse de prix significative. La correction observée sur le marché parisien en 2023-2025 (-8 % à -12 % selon les arrondissements) est essentiellement liée à la remontée des taux d'intérêt. La demande structurelle reste forte, neutralisant l'effet fiscal sur les prix de vente.
La hausse de 2023 a nourri les débats sur la compétitivité de Paris. Trois effets sont observés :
1. Coût de détention accru pour les résidences secondaires. Paris compte 10-12 % de résidences secondaires. Pour ces propriétaires, la taxe foncière (applicable à tous) et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (maintenue par Paris) constituent un coût annuel récurrent plus lourd depuis 2023. Cela réduit marginalement l'attractivité de Paris comme destination de résidence secondaire, face à des villes comme Nice où la fiscalité a récemment baissé.
2. Pression sur la rentabilité locative. Pour les investisseurs parisiens dont les rendements bruts sont déjà comprimés par les prix élevés (3-4 % généralement), une hausse de 400 à 800 €/an de taxe foncière réduit d'autant la rentabilité nette. Cela n'a pas provoqué de décroché de l'investissement locatif, la demande locative restant structurellement forte dans la capitale.
3. Pas d'impact direct sur les prix de vente. Les données DVF de 2023-2025 montrent une correction des prix à Paris (−8 % à −12 % selon les arrondissements), essentiellement due à la remontée des taux d'intérêt, pas à la fiscalité locale. Les arrondissements à forte valeur locative (7e, 6e, 16e) n'ont pas sous-performé par rapport à la moyenne parisienne.
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