Le prix au m² moyen à Le Grau-du-Roi s'établit à 5 360 €/m² pour un appartement, d'après les transactions DVF de janvier 2026. Environ 683 transactions y sont enregistrées chaque année.

Illustration d'ambiance du Grau-du-Roi, entre port de pêche et plages de Camargue.
Au Grau-du-Roi, le prix moyen ressort à 5 360 €/m² pour un appartement. Cette moyenne recouvre un parc très particulier : la commune compte plus de 24 000 logements pour 8 588 habitants, et l'essentiel est constitué de logements de vacances. Les écarts sont marqués entre les petites surfaces des résidences des années 1970 de la Rive Droite, le bâti ancien du village autour du canal, les villas du Boucanet et les marinas de Port-Camargue, où la présence d'un amarrage privatif change la valeur d'un bien. Le chiffre provient des données DVF, c'est-à-dire des transactions réellement enregistrées chez les notaires, et non d'annonces.
Prix issus du fichier DVF (Demandes de valeurs foncières, publié par la DGFiP), transactions réellement enregistrées chez les notaires à l'échelle de la commune. Recoupement avec les indices Notaires de France - INSEE. En savoir plus sur notre méthodologie.
Après 4 552 €/m² en 2021, le prix moyen au Grau-du-Roi atteint 5 360 €/m² en 2026, soit environ +18 % sur la période.
Le marché du Grau-du-Roi est d'abord porté par la demande de résidence secondaire, sur un littoral continu qui va du Boucanet à la plage de l'Espiguette. La population municipale progresse peu depuis les années 2010 alors que la fréquentation estivale multiplie le nombre d'occupants, ce qui entretient une demande soutenue sur les petites surfaces louables à la semaine une bonne partie de l'année. Cette saisonnalité pèse sur la structure des prix : les studios et deux-pièces se négocient souvent plus cher au mètre carré que les grands logements, et les biens proches de la plage ou du canal se différencient nettement du reste du parc.
L'accessibilité et l'offre nouvelle constituent le second moteur. La ligne ferroviaire prolongée jusqu'au Grau-du-Roi en 1909 est desservie par des TER Occitanie depuis Nîmes, renforcés en saison, et la commune est reliée à l'A9 par la route. Du côté de l'offre, la construction reste contrainte par le risque de submersion marine et par la loi Littoral. Le plan local d'urbanisme approuvé en septembre 2025 programme environ 775 logements supplémentaires, un volume mesuré face à un parc de plus de 24 000 logements, ce qui laisse l'essentiel des transactions se jouer sur l'ancien.
Le Grau-du-Roi se situe nettement au-dessus des grands pôles de son bassin de vie, y compris de la métropole montpelliéraine et de la préfecture du Gard, et devance aussi les autres marchés balnéaires de la côte languedocienne. La rareté du foncier constructible en bord de mer explique une large part de cet écart.
Le mot grau vient du provençal et désigne une brèche ouverte dans le cordon littoral. Celle qui a donné son nom à la commune s'est formée naturellement en 1570, au lieu-dit Gagne-Petit, entre les embouchures du Vidourle et du Rhône. Un rapport adressé à Henri IV signale dès 1598 qu'elle se referme sous l'action des sables ; le passage est rouvert en 1610 et baptisé grau Henri, avant que le nom de Grau-du-Roy ne s'impose vers 1630. En 1725, Louis XV ordonne une nouvelle percée et le creusement d'un chenal de six kilomètres reliant Aigues-Mortes à la mer, achevé en 1745 après la construction de deux môles empierrés en 1727 et 1728.
Le village reste longtemps un simple hameau de pêcheurs rattaché à Aigues-Mortes. Le chenal est rectifié en 1845 pour former le canal actuel, et le phare de l'Espiguette est édifié en 1869. Les habitants demandent leur indépendance en 1870 : elle leur est accordée par le décret du 18 juillet 1879, qui crée la commune du Grau-du-Roi. Un pont reliant les deux rives est construit à partir de 1897 et le pont tournant est remis en service en 1902. En 1909, le prolongement de la ligne ferroviaire depuis Aigues-Mortes désenclave le village, qui est classé station climatique et balnéaire par un décret du 26 avril 1924.
La commune bascule dans une autre échelle après-guerre. Le pont est détruit par l'armée allemande le 24 août 1944, la veille de la libération de la ville. Dans les années 1960, la mission Racine d'aménagement du littoral confie à l'architecte Jean Balladur la conception de Port-Camargue, dont les travaux démarrent en 1969 ; une seconde phase est lancée en 1980 et le plan initial s'achève en 1985. Le port de plaisance atteint environ 5 000 anneaux et 172 hectares, avec ses marinas où les logements disposent d'un amarrage devant la porte. Le port de pêche au chalut, construit en 1971, reste en activité. Cette double histoire, pêche et plaisance, explique la forme actuelle de la ville.
Selon l'INSEE, Le Grau-du-Roi compte 8 588 habitants pour environ 24 100 logements, dont 79 % de résidences secondaires ou occasionnelles et seulement 20 % de résidences principales. Le parc est presque entièrement collectif : les appartements représentent près de neuf logements sur dix. Les acheteurs sont donc majoritairement des acquéreurs de résidence secondaire, souvent venus de Nîmes, de Montpellier, de la vallée du Rhône ou de la région parisienne, qui recherchent un studio ou un deux-pièces proche de la plage, parfois un logement avec amarrage à Port-Camargue. Les résidents à l'année sont minoritaires mais largement propriétaires : selon l'INSEE, 59,7 % des ménages occupent leur résidence principale en tant que propriétaires.
Le prix moyen constaté au Grau-du-Roi est de 5 360 €/m² pour un appartement. Il est calculé à partir des ventes réellement enregistrées dans la base DVF, alimentée par les actes notariés, et non à partir d'annonces. Ce niveau reflète un marché de bord de mer où la quasi-totalité des biens vendus sont des logements de vacances. Selon le secteur, la vue, l'étage et la présence d'un stationnement ou d'un amarrage, l'écart avec cette moyenne peut être important pour un bien précis.
La commune se lit en quatre ensembles. La Rive Gauche, historiquement le quartier des pêcheurs calabrais, concentre le bâti ancien du village et les commerces le long du canal. La Rive Droite, développée plus tard, aligne des résidences des années 1960 à 1980 proches de la plage. Le Boucanet, à la limite de La Grande-Motte, mêle villas et petites copropriétés. Port-Camargue, au sud, regroupe les marinas et les logements de plaisance.
Port-Camargue a été lancé en 1969 dans le cadre de la mission Racine, sur des plans de l'architecte Jean Balladur. Le port compte aujourd'hui environ 5 000 anneaux, ce qui en fait l'un des plus grands ports de plaisance d'Europe. Sa particularité tient aux marinas : le logement dispose d'un amarrage privatif au pied de la terrasse. Cet amarrage se transmet avec le bien et pèse fortement sur le prix, ce qui rend la comparaison au mètre carré peu parlante dans ce secteur.
Le conseil municipal a voté la majoration de la part communale de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires au taux maximal autorisé de 60 %, avec l'objectif d'inciter les propriétaires à louer à l'année aux actifs locaux. Avec environ 79 % de résidences secondaires dans le parc selon l'INSEE, la mesure concerne la très grande majorité des logements. Un acquéreur qui n'établit pas sa résidence principale sur place doit intégrer cette charge annuelle à son budget.
Non. La commune, seule du Gard à border la Méditerranée, a un territoire presque entièrement exposé au risque de submersion marine, encadré par un plan de prévention des risques d'inondation. La loi Littoral limite l'extension de l'urbanisation et les espaces naturels de l'Espiguette sont protégés. Le plan local d'urbanisme approuvé en septembre 2025 prévoit de l'ordre de 775 logements supplémentaires. Vérifiez le zonage et le règlement applicables à la parcelle avant tout projet d'achat ou de travaux.
Cette analyse est publiée par Immover, observatoire indépendant fondé par Antony Barbier. Données issues des sources officielles (DVF, INSEE, Notaires de France).