Bordeaux applique l'un des cadres les plus stricts de France après Paris : 90 jours pour la résidence principale, et pour la résidence secondaire un changement d'usage avec compensation, doublée au centre-ville. Ce que tout propriétaire bordelais doit savoir avant de louer ou de vendre.
Illustration : Airbnb et meublé touristique à Bordeaux en 2026 : compensation, 90 jours et fiscalité.
Louer un meublé de tourisme à Bordeaux obéit, en 2026, à l'un des cadres les plus stricts de France après Paris. La loi du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur a réduit les avantages fiscaux de la location courte durée et généralisé l'enregistrement, pendant que la Ville de Bordeaux a abaissé à 90 jours le plafond des résidences principales et durci l'autorisation de changement d'usage des résidences secondaires, désormais assortie d'une obligation de compensation. Concrètement, transformer un logement en meublé de tourisme suppose souvent d'en recréer un autre, de surface équivalente, dans le même secteur. Nous faisons le point, source par source, sur ce que tout propriétaire bordelais doit vérifier avant de louer ou d'arbitrer la vente de son bien.
Deux niveaux de règles se cumulent en 2026 : la loi Le Meur, qui réduit l'avantage fiscal national du meublé de tourisme et généralise l'enregistrement, et un cadre municipal bordelais parmi les plus stricts de France, qui limite les résidences principales à 90 jours par an et soumet les résidences secondaires à une autorisation de changement d'usage avec compensation.
La location courte durée à Bordeaux a longtemps profité d'un cadre souple. Ce temps est révolu. Au niveau national, la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a aligné par le bas la fiscalité du meublé de tourisme et généralisé l'enregistrement obligatoire. Au niveau local, la Ville de Bordeaux, pionnière du changement d'usage dès 2021, a encore durci son règlement par deux délibérations de 2025.
Pour un propriétaire, la conséquence est nette. Le statut du logement, résidence principale ou secondaire, et sa localisation déterminent non seulement la fiscalité applicable, mais aussi la possibilité même de louer en courte durée. Nous détaillons chaque règle dans les sections suivantes.
À Bordeaux, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme jusqu'à 90 jours par an, contre 120 jours au niveau national. La location suppose un numéro d'enregistrement, à afficher sur toutes les annonces, mais pas d'autorisation de changement d'usage. Source : Ville de Bordeaux, délibération du 8 juillet 2025.
Une résidence principale est le logement que vous occupez au moins huit mois par an. La loi autorise sa location courte durée jusqu'à 120 jours, mais permet aux communes d'abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours. Bordeaux a exercé cette faculté : le plafond local est de 90 jours par an, voté le 8 juillet 2025 pour soutenir l'offre de logement.
Le second réflexe est la déclaration. Tout meublé de tourisme, en résidence principale comme secondaire, doit disposer d'un numéro d'enregistrement, qui doit figurer sur chaque annonce (site, panneau, presse) et sur le contrat de location. La loi Le Meur généralise cette obligation à tout le territoire via un téléservice national, au plus tard le 20 mai 2026.
Pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme à Bordeaux, il faut une autorisation de changement d'usage assortie d'une compensation : créer un logement de surface équivalente dans le même secteur, à partir d'un local non résidentiel (bureau, commerce) et situé hors rez-de-chaussée. C'est le mécanisme le plus contraignant après celui de Paris.
C'est le point qui distingue Bordeaux de la plupart des grandes villes. Transformer une résidence secondaire en meublé de tourisme suppose de retirer un logement du marché de l'habitation ; la Ville exige donc une compensation : recréer ailleurs une surface de logement équivalente, dans le même secteur, à partir d'un local qui n'était pas affecté à l'habitation (un bureau ou un commerce), et situé au-dessus du rez-de-chaussée.
En pratique, cette règle revient à acheter ou transformer un local commercial ou de bureau pour le convertir en logement, en échange du droit de louer son bien en courte durée. Le coût et la complexité de l'opération en font une barrière à l'entrée très élevée pour un investisseur particulier, comparable au mécanisme de commercialité parisien.
L'autorisation de changement d'usage est délivrée par le maire de Bordeaux. Lorsqu'elle est obtenue avec compensation, elle présente un caractère réel, attaché au logement, et définitif : c'est la contrepartie de l'effort de compensation exigé.
| Obligation | Résidence principale | Résidence secondaire |
|---|---|---|
| Numéro d'enregistrement | Oui | Oui |
| Plafond de nuitées | 90 jours/an | Sans plafond propre |
| Changement d'usage | Non | Oui, obligatoire |
| Compensation | Non | Oui (surface équivalente, hors RDC) |
Dans le secteur central de Bordeaux (secteur A), la compensation est renforcée : il faut créer deux m² de logement pour chaque m² transformé en meublé de tourisme. Cette double compensation n'est pas exigée si les logements créés sont des logements sociaux.
La Ville module l'exigence selon la zone. Dans le secteur le plus tendu, le centre historique et ses abords (secteur A), la compensation est renforcée à hauteur du double : deux m² de logement recréés pour un m² de logement transformé en meublé de tourisme. L'objectif affiché est de protéger l'habitation permanente dans l'hypercentre, où la pression touristique est la plus forte.
Une exception existe : si la surface de compensation est réalisée en logement social, le renforcement à hauteur du double ne s'applique pas. La règle vise ainsi à orienter l'effort vers la création de logements abordables dans les quartiers centraux.
Ces secteurs recoupent les zones les plus touristiques de la ville, du Triangle d'Or et des Quinconces (où le prix moyen dépasse 5 100 €/m²) au quartier Saint-Pierre et aux Chartrons. C'est précisément là que la location courte durée est la plus recherchée, et là que le verrou réglementaire est le plus serré.
À la différence de villes qui ont instauré des quotas, parfois fragiles juridiquement, Bordeaux a choisi un mécanisme de compensation stable et difficile à contourner. Pour un propriétaire, cela signifie une règle du jeu lisible mais sévère : en dehors d'une résidence principale louée jusqu'à 90 jours, la courte durée devient un projet lourd, qui n'a de sens que pour des opérations d'envergure capables de porter le coût de la compensation.
La loi Le Meur abaisse l'abattement micro-BIC à 50 % pour le meublé classé (plafond 77 700 €) et à 30 % pour le meublé non classé (plafond 15 000 €). Elle impose un DPE classé A à E pour louer et réintègre les amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente.
Les revenus d'un meublé de tourisme relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un choix entre régime micro-BIC et régime réel. La loi Le Meur, applicable aux revenus perçus à compter de 2025, a réduit les abattements forfaitaires du micro-BIC et leurs plafonds.
| Type de location | Abattement antérieur | Abattement loi Le Meur | Plafond de recettes |
|---|---|---|---|
| Meublé classé / chambre d'hôtes | 71 % | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 50 % | 30 % | 15 000 € |
| Location nue longue durée | 30 % | 30 % | 15 000 € |
Pour un meublé non classé, l'abattement micro-BIC tombe au même niveau que celui de la location nue. L'avantage fiscal qui justifiait souvent le choix de la courte durée s'en trouve nettement réduit. Le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, redevient pertinent à étudier au cas par cas.
Deux mesures pèsent encore sur l'équation. D'une part, le diagnostic de performance énergétique : pour louer en meublé de tourisme, le logement doit être classé A à E jusqu'au 31 décembre 2033, puis A à D à compter du 1er janvier 2034. D'autre part, depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits sous le régime LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, ce qui alourdit l'imposition à la sortie.
À Bordeaux, l'équation de la courte durée s'est nettement durcie : coût de la compensation pour les résidences secondaires, fiscalité moins favorable et marché immobilier en repli (environ -11 % sur cinq ans, à 4 309 €/m²). Pour beaucoup de propriétaires, la location meublée longue durée redevient compétitive.
La rentabilité de la courte durée dépend du taux d'occupation, du revenu par nuit, de la fiscalité et de la charge de gestion. Le centre historique et les quais attirent une forte demande touristique, qui soutient le revenu brut. Mais le revenu net, lui, est rogné par la baisse des abattements et, pour une résidence secondaire, par le coût d'entrée de la compensation.
Le contexte de marché ajoute une donnée. Après une décennie d'envolée, le prix moyen bordelais a reculé d'environ 11 % entre 2021 et 2026, à 4 309 €/m² (données DVF, source unique Immover). Dans ce climat, immobiliser un capital élevé dans une opération de courte durée fortement contrainte se compare défavorablement à une location nue ou meublée longue durée, plus simple et plus stable.
Face au durcissement, trois voies se présentent : louer sa résidence principale dans la limite des 90 jours, basculer en location meublée ou nue longue durée, ou vendre. Le point d'attention en cas de vente est fiscal : depuis 2025, les amortissements LMNP sont réintégrés dans la plus-value. Une estimation à jour aide à décider.
Pour un propriétaire de résidence secondaire à qui la compensation ferme l'accès à la courte durée, deux alternatives existent sans changement d'usage : la location meublée longue durée (bail d'un an, ou bail mobilité de un à dix mois) et la location nue. Toutes deux échappent à l'obligation de compensation et offrent un revenu plus régulier, au prix d'un rendement par nuit inférieur.
La vente est l'autre option à étudier sereinement. La réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, augmente la base imposable pour les biens qui en ont bénéficié ; ce paramètre doit être anticipé avec un conseil fiscal. Sur un marché bordelais en repli, connaître la valeur actuelle de son bien, quartier par quartier, est le préalable à toute décision.
Pour situer la valeur de votre bien à Bordeaux à partir des transactions réelles de votre quartier, vous pouvez utiliser notre estimateur ci-dessous, gratuitement.
À Bordeaux, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme jusqu'à 90 jours par an, contre un plafond national de 120 jours. La Ville a abaissé ce seuil par une délibération du 8 juillet 2025 pour soutenir l'offre de logement. Au-delà de 90 jours, le logement bascule dans le régime de la résidence secondaire, soumis au changement d'usage avec compensation.
Pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme à Bordeaux, il faut une autorisation de changement d'usage assortie d'une compensation : recréer un logement de surface équivalente dans le même secteur, à partir d'un local non résidentiel (bureau ou commerce) et situé hors rez-de-chaussée. En pratique, cela revient à transformer un local commercial ou de bureau en logement pour obtenir le droit de louer en courte durée. C'est le mécanisme le plus contraignant après celui de Paris.
Oui. Dans le secteur central (secteur A), la compensation est renforcée : il faut créer deux m² de logement pour chaque m² transformé en meublé de tourisme. Cette double compensation ne s'applique pas si les logements créés sont des logements sociaux. L'objectif est de protéger l'habitation permanente dans l'hypercentre, là où la pression touristique est la plus forte.
Oui. Tout meublé de tourisme, en résidence principale comme secondaire, doit disposer d'un numéro d'enregistrement, qui doit figurer sur toutes les annonces (site, panneau, presse) et sur le contrat de location. La loi Le Meur généralise cette obligation à tout le territoire national via un téléservice national, au plus tard le 20 mai 2026.
Les revenus relèvent des BIC. Au régime micro-BIC, l'abattement passe à 50 % pour le meublé classé (plafond 77 700 €) et à 30 % pour le meublé non classé (plafond 15 000 €), applicable aux revenus perçus depuis 2025. La loi impose aussi un DPE classé A à E pour louer (puis A à D à compter de 2034). Le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, reste une option à étudier au cas par cas.
L'équation s'est nettement durcie. Pour une résidence principale louée jusqu'à 90 jours, elle peut rester un complément de revenu intéressant. Pour une résidence secondaire, le coût d'entrée de la compensation, la baisse de l'abattement micro-BIC à 30 % pour le non classé et un marché en repli (environ -11 % sur cinq ans, à 4 309 €/m²) rapprochent souvent le rendement net de celui d'une location meublée longue durée, plus simple à gérer.
Sans changement d'usage, deux voies existent pour une résidence secondaire : la location meublée longue durée (bail d'un an, ou bail mobilité de un à dix mois) et la location nue. Toutes deux échappent à l'obligation de compensation et offrent un revenu plus régulier, au prix d'un rendement par nuit inférieur. La vente est l'autre option, à arbitrer selon la valeur actuelle du bien.
Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits sous le régime LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, ce qui augmente la base imposable. Ce paramètre doit être anticipé avec un conseil fiscal avant de décider de vendre. Sur un marché bordelais en repli, une estimation à jour de la valeur du bien, quartier par quartier, aide à choisir le bon moment.
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