À Nantes, pas de compensation pour les particuliers, mais une autorisation de changement d'usage personnelle, temporaire et incessible : elle ne se transmet pas à l'acheteur. Ce que tout propriétaire nantais doit savoir avant de louer ou de vendre en 2026.
Illustration : Airbnb et meublé touristique à Nantes en 2026 : 120 jours, autorisation personnelle et revente.
Louer un meublé de tourisme à Nantes obéit, en 2026, à une règle que beaucoup de propriétaires découvrent au pire moment : celui de la revente. La métropole n'impose pas de compensation aux particuliers, contrairement à Bordeaux, mais elle délivre une autorisation de changement d'usage strictement personnelle et temporaire, valable 4 ans renouvelable une fois. Cette autorisation ne se transmet pas : si vous vendez, votre acheteur n'hérite pas du droit d'exploiter le logement en courte durée. Pendant ce temps, la loi Le Meur a durci la fiscalité partout. Nous faisons le point, source par source, sur ce que tout propriétaire nantais doit vérifier avant de louer ou d'arbitrer la vente de son bien.
Deux niveaux de règles se cumulent en 2026 : la loi Le Meur, qui réduit l'avantage fiscal national du meublé de tourisme et généralise l'enregistrement, et le règlement de changement d'usage de Nantes Métropole, adopté en 2018 et en vigueur depuis 2019. Sa particularité : pas de compensation pour les particuliers, mais une autorisation personnelle et temporaire qui ne se transmet pas à la vente.
À Nantes, le cadre repose sur une logique précise. Au niveau national, la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a aligné par le bas la fiscalité du meublé de tourisme et généralisé l'enregistrement obligatoire. Au niveau local, Nantes Métropole a adopté son dispositif de changement d'usage par délibération du conseil métropolitain du 22 juin 2018, entré en vigueur le 1er janvier 2019. Ce règlement s'applique à la seule ville de Nantes ; les autres communes de la métropole suivent leurs propres règles.
Pour un propriétaire, la logique est claire : le statut du logement (résidence principale ou secondaire) et la nature du loueur (particulier ou société) déterminent les obligations. Nous détaillons chaque règle dans les sections suivantes.
À Nantes, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme jusqu'à 120 jours par an, sans autorisation de changement d'usage. La location suppose un numéro d'enregistrement, à afficher sur toutes les annonces. Nantes a maintenu ce plafond de 120 jours, là où plusieurs grandes villes l'ont abaissé à 90.
Une résidence principale est le logement que vous occupez au moins huit mois par an. La loi autorise sa location courte durée jusqu'à 120 jours et permet aux communes d'abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours. Nantes a choisi de ne pas exercer cette faculté : le plafond local reste à 120 jours par an pour la résidence principale.
Le second réflexe est la déclaration. Tout meublé de tourisme, en résidence principale comme secondaire, doit disposer d'un numéro d'enregistrement, à obtenir via le téléservice de la taxe de séjour de la métropole. Ce numéro doit figurer sur chaque annonce (site, panneau, presse) et sur le contrat de location. La loi Le Meur généralise cette obligation à tout le territoire via un téléservice national, au plus tard le 20 mai 2026.
Pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme à Nantes, un particulier doit obtenir une autorisation de changement d'usage. Elle est personnelle, accordée sans compensation, mais temporaire : valable 4 ans, renouvelable une fois, soit huit ans au maximum. C'est un régime plus souple que Bordeaux sur la compensation, mais plus contraint dans le temps.
C'est le point qui distingue Nantes de Bordeaux ou de Paris. La métropole n'impose pas de compensation à un particulier qui souhaite louer sa résidence secondaire en courte durée. En contrepartie, l'autorisation qu'elle délivre n'a rien d'un droit acquis définitif.
Concrètement, l'autorisation accordée à un particulier est strictement personnelle et temporaire : elle vaut pour une durée de 4 ans, renouvelable une seule fois. Au terme, le droit d'exploiter le logement en meublé de tourisme s'éteint. Le dossier se dépose auprès des services de la Ville de Nantes, et l'autorisation est attachée à la personne du demandeur, pas au logement.
L'autorisation de changement d'usage d'un particulier ne se transmet pas. En cas de vente, l'acheteur n'hérite pas du droit d'exploiter le logement en meublé de tourisme : il devra déposer sa propre demande. Un bien vendu comme « Airbnb rentable » ne porte donc aucune garantie de pouvoir le rester.
C'est la conséquence la plus sous-estimée du régime nantais. Parce que l'autorisation est personnelle, elle n'est ni cessible ni transmissible, ni à un acquéreur ni à un locataire. Au moment de la vente, le droit d'usage en courte durée s'arrête avec le départ du vendeur.
Pour un vendeur, cela invite à la prudence dans la mise en avant du bien : présenter une rentabilité de courte durée comme un acquis transmissible serait trompeur. Pour un acheteur, c'est un point de vérification de premier ordre : avant d'acquérir un logement pour le louer en meublé touristique, il faut s'assurer qu'une nouvelle autorisation sera obtenable, en tenant compte du règlement de copropriété et de l'état du dispositif local.
Le caractère personnel de l'autorisation nantaise déplace la valeur d'un bien exploité en courte durée. Ce n'est pas le « fonds de commerce Airbnb » qui se vend, mais le logement seul, valorisé sur ses qualités intrinsèques : emplacement, surface, état, DPE. Pour estimer un tel bien à Nantes, mieux vaut raisonner en valeur d'habitation classique que sur des revenus locatifs courts qui ne survivront pas à la transaction.
Une personne morale, comme une SCI, qui veut louer un logement en meublé de tourisme à Nantes est soumise à compensation : elle doit transformer en habitation un local d'un autre usage, de surface équivalente, dans le même secteur. C'est une contrainte lourde, réservée de fait aux opérations d'envergure.
Là où le particulier bénéficie d'une autorisation personnelle sans compensation, la société est traitée comme un acteur qui retire durablement un logement du marché de l'habitation. Elle doit donc compenser. La compensation consiste à recréer un logement : transformer en habitation, dans le même secteur, un local affecté à un autre usage, de surface équivalente.
| Situation | Autorisation | Compensation | Transmissible à la vente |
|---|---|---|---|
| Résidence principale (≤ 120 j/an) | Non (enregistrement seul) | Non | Sans objet |
| Particulier, résidence secondaire | Oui, personnelle (4 ans, renouvelable une fois) | Non | Non |
| Personne morale (SCI, société) | Oui | Oui, dès le 1er logement | Non |
Cette asymétrie est volontaire : elle laisse au propriétaire occasionnel une marge réelle, tout en fermant la porte aux montages qui transforment des immeubles entiers en meublés touristiques. Pour un investisseur en société, l'équation devient rarement tenable hors d'un projet d'ampleur capable de porter le coût de la compensation.
La loi Le Meur abaisse l'abattement micro-BIC à 50 % pour le meublé classé (plafond 77 700 €) et à 30 % pour le meublé non classé (plafond 15 000 €). Elle impose un DPE classé A à E pour louer et réintègre les amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente.
Les revenus d'un meublé de tourisme relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un choix entre régime micro-BIC et régime réel. La loi Le Meur, applicable aux revenus perçus à compter de 2025, a réduit les abattements forfaitaires du micro-BIC et leurs plafonds.
| Type de location | Abattement antérieur | Abattement loi Le Meur | Plafond de recettes |
|---|---|---|---|
| Meublé classé / chambre d'hôtes | 71 % | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 50 % | 30 % | 15 000 € |
| Location nue longue durée | 30 % | 30 % | 15 000 € |
Pour un meublé non classé, l'abattement micro-BIC tombe au même niveau que celui de la location nue. L'avantage fiscal qui justifiait souvent le choix de la courte durée s'en trouve nettement réduit. Le classement en étoiles redevient donc un levier économique de premier ordre, et le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, est à étudier au cas par cas.
Deux mesures pèsent encore sur l'équation. D'une part, le diagnostic de performance énergétique : pour louer en meublé de tourisme, le logement doit être classé A à E jusqu'au 31 décembre 2033, puis A à D à compter du 1er janvier 2034. D'autre part, depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits sous le régime LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, ce qui alourdit l'imposition à la sortie.
Face à une autorisation temporaire et incessible et à la baisse des abattements, trois voies se présentent : louer dans le cadre maintenu de 120 jours pour la résidence principale, basculer en location meublée ou nue longue durée, ou vendre. En cas de vente, un point d'attention fiscal : depuis 2025, les amortissements LMNP sont réintégrés dans la plus-value. Une estimation à jour aide à décider.
Pour un propriétaire à qui la fiscalité ou la nature temporaire de l'autorisation ferme l'intérêt de la courte durée, deux alternatives existent : la location meublée longue durée (bail d'un an, ou bail mobilité d'un à dix mois, adapté au public étudiant nantais) et la location nue. Toutes deux échappent à l'autorisation de changement d'usage et offrent un revenu plus régulier, au prix d'un rendement par nuit inférieur.
La vente est l'autre option à étudier sereinement. La réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, augmente la base imposable pour les biens qui en ont bénéficié : ce paramètre doit être anticipé avec un conseil fiscal. Sur un marché nantais où la courte durée ne se transmet pas, connaître la valeur d'habitation réelle de son bien, quartier par quartier, est le préalable à toute décision.
Pour situer la valeur de votre bien à Nantes à partir des transactions réelles de votre quartier, vous pouvez utiliser notre estimateur ci-dessous, gratuitement.
À Nantes, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme jusqu'à 120 jours par an, le plafond national maximal. La ville a choisi de maintenir ce seuil de 120 jours et ne l'a pas abaissé à 90 comme l'ont fait plusieurs grandes villes. Au-delà, le logement bascule dans le régime de la résidence secondaire, soumis à autorisation de changement d'usage.
Oui. Pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme à Nantes, un particulier doit obtenir une autorisation de changement d'usage. Le règlement métropolitain a été adopté le 22 juin 2018 et s'applique depuis le 1er janvier 2019, pour la seule ville de Nantes. L'autorisation accordée à un particulier est personnelle et temporaire : valable 4 ans, renouvelable une fois.
Non. L'autorisation accordée à un particulier est strictement personnelle : elle ne se transmet ni à un acheteur ni à un locataire. En cas de vente, l'acheteur n'hérite pas du droit d'exploiter le logement en meublé de tourisme et devra déposer sa propre demande. Un bien présenté comme un Airbnb rentable ne porte donc aucune garantie de pouvoir le rester après la vente.
Cela dépend du loueur. Un particulier n'est pas soumis à compensation : il obtient une autorisation personnelle et temporaire. Une personne morale, comme une SCI ou une société, est soumise à compensation dès le premier logement : elle doit transformer en habitation, dans le même secteur, un local d'un autre usage et de surface équivalente. C'est un régime plus souple que la compensation universelle de Bordeaux pour les particuliers.
Oui. Tout meublé de tourisme, en résidence principale comme secondaire, doit disposer d'un numéro d'enregistrement, à obtenir via le téléservice de la taxe de séjour de la métropole. Il doit figurer sur toutes les annonces. La loi Le Meur généralise cette obligation à tout le territoire via un téléservice national, au plus tard le 20 mai 2026. L'absence de numéro est passible d'une amende pouvant atteindre 5 000 €.
Les revenus relèvent des BIC. Au régime micro-BIC, l'abattement passe à 50 % pour le meublé classé (plafond 77 700 €) et à 30 % pour le meublé non classé (plafond 15 000 €), applicable aux revenus perçus depuis 2025. La loi impose aussi un DPE classé A à E pour louer (puis A à D à compter de 2034). Le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, reste une option à étudier au cas par cas.
Oui. La loi Le Meur autorise une assemblée générale de copropriété à interdire les meublés de tourisme. Cette interdiction se cumule avec la réglementation municipale : même avec une autorisation de changement d'usage en règle, un règlement de copropriété peut fermer la porte à la courte durée. Les deux conditions sont à vérifier avant tout projet.
Sans changement d'usage, deux voies existent pour une résidence secondaire : la location meublée longue durée (bail d'un an, ou bail mobilité d'un à dix mois, bien adapté au public étudiant nantais) et la location nue. Toutes deux échappent à l'autorisation de changement d'usage et offrent un revenu plus régulier. La vente est l'autre option, à arbitrer selon la valeur d'habitation du bien, sachant que depuis 2025 les amortissements LMNP sont réintégrés dans la plus-value à la revente.
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