Airbnb et meublé touristique à Marseille en 2026 : le règlement métropolitain du 27 février 2025 impose la compensation dès le premier logement pour une résidence secondaire, plafonne la résidence principale à 90 jours et concentre les règles sur le centre et le front de mer. Recours rejeté par le tribunal administratif.
Illustration : Meublé touristique à Marseille en 2026 : la compensation obligatoire.
Louer un meublé de tourisme à Marseille, en 2026, c'est se heurter à l'un des dispositifs les plus stricts de France. Confrontée à une crise du logement profonde, la deuxième ville du pays a choisi l'arme la plus lourde : la compensation obligatoire dès le premier logement. Concrètement, transformer une résidence secondaire en location de courte durée suppose désormais de remettre sur le marché, en contrepartie, une surface d'habitation équivalente. Fini les autorisations temporaires accordées sans contrepartie : le règlement métropolitain adopté le 27 février 2025 a refermé cette porte. Voici le point complet, source par source, pour comprendre ce que vous pouvez encore faire de votre bien marseillais.
Marseille a durci en profondeur son encadrement des meublés de tourisme. Le règlement de changement d'usage adopté par la métropole Aix-Marseille-Provence le 27 février 2025 supprime les autorisations temporaires accordées sans contrepartie et généralise la compensation. L'objectif affiché est de reconquérir du logement pour les habitants dans une ville marquée par une forte pénurie.
Marseille cumule les tensions : un parc ancien dégradé, une demande de logement soutenue et un tourisme en forte croissance depuis une décennie. Le développement des locations de courte durée, concentré dans le centre historique et sur le littoral, a réduit d'autant l'offre de logements pour les Marseillais. C'est ce constat qui a conduit la métropole à revoir intégralement son dispositif.
Le règlement du 27 février 2025 marque une rupture. Jusque-là, un propriétaire pouvait obtenir une autorisation temporaire de changement d'usage sans avoir à compenser. Cette voie est fermée : désormais, pour une résidence secondaire, la compensation est exigée dès le premier logement transformé en meublé de tourisme. Le dispositif s'applique dans le cadre national fixé par la loi Le Meur du 19 novembre 2024.
La réglementation des meublés de tourisme évolue vite : délibérations métropolitaines, arrêtés municipaux, calendrier national de la loi Le Meur. Avant toute démarche, vérifiez l'état exact du dispositif et les modalités en vigueur auprès de la Ville de Marseille et de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Tout meublé de tourisme doit être déclaré et obtenir un numéro d'enregistrement, obligatoire sur tout le territoire au plus tard le 20 mai 2026. À Marseille, une résidence principale peut être louée jusqu'à 90 jours par an sans changement d'usage ; au-delà, comme pour toute résidence secondaire, une autorisation de changement d'usage avec compensation est exigée.
Le premier réflexe est la déclaration. Toute location de courte durée d'un meublé à une clientèle de passage doit faire l'objet d'une déclaration préalable auprès de la commune, qui délivre un numéro d'enregistrement. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, généralise cette obligation à toute la France : le numéro à 13 chiffres devra figurer sur chaque annonce au plus tard le 20 mai 2026, sous peine de retrait de l'annonce.
Vient ensuite la question du seuil. Depuis le 1er janvier 2026, Marseille a abaissé de 120 à 90 jours par an le plafond de location d'une résidence principale, en usant de la faculté ouverte par la loi Le Meur. Le dépassement de ce seuil expose à une amende pouvant atteindre 15 000 €. Au-delà de 90 jours, comme pour une résidence secondaire, l'autorisation de changement d'usage devient obligatoire.
| Obligation | Résidence principale | Résidence secondaire |
|---|---|---|
| Déclaration et numéro d'enregistrement | Oui | Oui |
| Plafond de nuitées sans autorisation | 90 jours/an | Aucune location sans autorisation |
| Changement d'usage | Au-delà de 90 jours | Dès la première nuitée |
| Compensation | Non (dans la limite des 90 jours) | Oui, dès le 1er logement |
| DPE minimum exigé | Classe A à E | Classe A à E |
À ces obligations s'ajoute, depuis la loi Le Meur, une condition de performance énergétique : le logement doit être classé A à E au DPE (puis A à D à compter du 1er janvier 2034). Le règlement de copropriété peut par ailleurs interdire le meublé de tourisme : cette vérification est indispensable avant toute démarche.
C'est le cœur du régime marseillais. Pour transformer une résidence secondaire en meublé de tourisme, il faut désormais compenser dès le premier logement : remettre sur le marché de l'habitation une surface équivalente, en transformant un local commercial en logement ou en proposant un bien en location longue durée. Le local de compensation doit se situer dans le même groupe d'arrondissements que le meublé.
La compensation est le mécanisme le plus contraignant du droit du changement d'usage, jusqu'ici réservé à Paris et à quelques grandes villes. Marseille l'a généralisé. Le principe : pour chaque mètre carré d'habitation retiré du marché résidentiel afin d'en faire une location touristique, le propriétaire doit « recréer » une surface d'habitation équivalente ailleurs.
Concrètement, deux voies existent :
La règle de localisation est stricte : le local de compensation doit se trouver dans le même groupe d'arrondissements que le meublé de tourisme, sauf s'il s'agit de logement social, qui peut être proposé sur l'ensemble de la commune. L'autorisation obtenue est valable 4 ans, renouvelable sous réserve du respect des normes de qualité.
Le dispositif distingue des secteurs selon l'intensité de la tension sur le logement. Les zones les plus surveillées correspondent au centre historique et au front de mer, notamment les 1er, 2e, 6e et 7e arrondissements, là où la concentration de meublés touristiques est la plus forte et la pression sur le parc résidentiel la plus vive.
Marseille n'est pas un marché homogène. La demande touristique se concentre sur des secteurs identifiés : le Vieux-Port et le quartier du Panier (1er et 2e arrondissements), les abords de Notre-Dame-de-la-Garde et le quartier de la préfecture (6e), le Roucas-Blanc, Vauban et la Corniche côté mer (7e). C'est là que les meublés de tourisme se sont multipliés, et c'est là que l'encadrement est le plus serré.
Un propriétaire qui achète un appartement dans ces secteurs pour le dédier à la location saisonnière doit intégrer la double contrainte : l'obligation de compensation d'une part, la localisation du bien de compensation dans le même groupe d'arrondissements d'autre part. Dans un centre dense où les locaux commerciaux transformables sont rares et chers, cette exigence est, en pratique, un frein puissant.
La distinction commande tout. Une résidence principale se loue jusqu'à 90 jours par an à Marseille sans changement d'usage. Une résidence secondaire suppose une autorisation avec compensation dès la première nuitée : c'est elle qui est la plus exposée au dispositif, surtout dans les secteurs tendus.
Une résidence principale est le logement que vous occupez au moins huit mois par an. Sa location en courte durée reste possible jusqu'à 90 jours cumulés, sous réserve de la déclaration et du numéro d'enregistrement. Au-delà, elle bascule dans le régime de la résidence secondaire et exige une autorisation de changement d'usage, donc une compensation.
La résidence secondaire est au cœur du dispositif marseillais. C'est elle qui alimente l'essentiel de la pression sur le parc, concentrée dans le centre et sur le littoral. Un propriétaire qui achète un bien dans ces secteurs pour le dédier à la location saisonnière doit intégrer un risque réel : celui de ne pas trouver de bien de compensation accessible, ce qui rend l'autorisation, en pratique, difficile à obtenir.
La loi Le Meur abaisse l'abattement micro-BIC à 50 % pour le meublé classé (plafond 77 700 €) et à 30 % pour le meublé non classé (plafond 15 000 €). Elle impose un DPE classé A à E pour louer et réintègre les amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente.
Les revenus d'un meublé de tourisme relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un choix entre régime micro-BIC et régime réel. La loi Le Meur, applicable aux revenus perçus à compter de 2025, a réduit les abattements forfaitaires du micro-BIC et leurs plafonds.
| Type de location | Abattement antérieur | Abattement loi Le Meur | Plafond de recettes |
|---|---|---|---|
| Meublé classé / chambre d'hôtes | 71 % | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 50 % | 30 % | 15 000 € |
| Location nue longue durée | 30 % | 30 % | 15 000 € |
Pour un meublé non classé, l'abattement micro-BIC tombe au niveau de celui de la location nue : l'avantage fiscal qui justifiait souvent la courte durée s'en trouve nettement réduit. Le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, redevient pertinent à étudier. Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP sont par ailleurs réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, ce qui alourdit l'imposition de sortie.
Le règlement a résisté à un recours : le 2 juin 2025, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de suspension déposée par un syndicat de professionnels. Le dispositif reste donc pleinement applicable. Face à cette contrainte, trois voies s'offrent au propriétaire : obtenir une autorisation avec compensation, basculer vers la location classique très demandée, ou vendre sur un marché en hausse (autour de 3 404 €/m² pour un appartement en 2026).
Sur le plan juridique, la situation est stabilisée. Un syndicat représentant les loueurs en meublé avait saisi le juge des référés pour faire suspendre le règlement métropolitain. Par une décision du 2 juin 2025, le tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande, estimant que l'atteinte grave et immédiate aux intérêts défendus n'était pas démontrée. Le règlement continue de s'appliquer, et les autorisations déjà délivrées, valables quatre ans, conservent leur validité. Une procédure au fond peut encore suivre son cours : nous en resterons aux faits, sans préjuger de son issue.
Pour un propriétaire, trois scénarios se dessinent.
Le premier, louer en courte durée, suppose d'obtenir une autorisation de changement d'usage avec compensation. Hors des secteurs les plus tendus et pour qui dispose d'un local commercial transformable, la voie reste ouverte ; dans le centre et sur le front de mer, la faisabilité doit être vérifiée avant tout achat destiné à cet usage.
Le deuxième, basculer vers la location classique, longue durée ou meublée à l'année, tire parti d'un atout marseillais : une demande locative structurellement forte, portée par la population étudiante et les actifs. Ce choix échappe au régime du changement d'usage et sécurise un revenu régulier.
Le troisième, vendre, s'inscrit dans un marché qui a nettement progressé ces dernières années. Quel que soit votre arbitrage, la décision commence par une valeur de marché fiable, calibrée sur les transactions réelles de votre quartier. Vous pouvez l'estimer gratuitement ci-dessous.
Oui, mais sous conditions strictes. Une résidence principale peut être louée en courte durée jusqu'à 90 jours par an, après déclaration et obtention d'un numéro d'enregistrement. Une résidence secondaire nécessite une autorisation de changement d'usage avec compensation obligatoire dès le premier logement, en application du règlement métropolitain du 27 février 2025. Dans le centre historique et sur le front de mer, cette exigence rend l'autorisation difficile à obtenir en pratique.
La compensation consiste à remettre sur le marché de l'habitation une surface équivalente à celle transformée en meublé de tourisme. Deux voies sont possibles : transformer un local commercial ou de bureau en logement, ou proposer un autre bien en location longue durée. Le local de compensation doit se situer dans le même groupe d'arrondissements que le meublé, sauf s'il s'agit de logement social, qui peut être proposé sur toute la commune. C'est le mécanisme le plus contraignant du droit du changement d'usage, désormais exigé dès le premier logement à Marseille.
Depuis le 1er janvier 2026, une résidence principale peut être louée en meublé de tourisme jusqu'à 90 jours par an à Marseille, contre 120 auparavant. La ville a usé de la faculté ouverte par la loi Le Meur d'abaisser ce plafond. Le dépassement de ce seuil expose à une amende pouvant atteindre 15 000 €. Au-delà de 90 jours, le logement bascule dans le régime de la résidence secondaire et requiert une autorisation de changement d'usage avec compensation.
Les secteurs de forte tension correspondent au centre historique et au front de mer, principalement les 1er, 2e, 6e et 7e arrondissements : Vieux-Port, Le Panier, abords de Notre-Dame-de-la-Garde, Roucas-Blanc, Vauban et la Corniche. C'est là que la concentration de meublés touristiques est la plus forte et l'encadrement le plus serré. Dans ces zones denses, trouver un bien de compensation accessible est particulièrement difficile.
Non. Un syndicat de professionnels de la location meublée avait saisi le tribunal administratif de Marseille pour faire suspendre le règlement métropolitain. Par une ordonnance du 2 juin 2025 (n° 2504830), le juge des référés a rejeté cette demande, estimant que l'atteinte grave et immédiate aux intérêts défendus n'était pas démontrée. Le règlement reste donc pleinement applicable, et les autorisations déjà délivrées, valables quatre ans, conservent leur validité. Une procédure au fond peut encore suivre son cours.
Louer un meublé de tourisme sans l'autorisation de changement d'usage requise expose à une amende civile pouvant atteindre 50 000 à 100 000 € par logement transformé irrégulièrement. Le dépassement du plafond de 90 jours pour une résidence principale peut être sanctionné jusqu'à 15 000 €, et l'absence de numéro d'enregistrement sur une annonce entraîne son retrait. La vérification préalable de la situation du bien est la seule voie sûre.
La loi Le Meur, applicable aux revenus perçus à partir de 2025, a réduit les abattements du micro-BIC : 50 % pour un meublé classé (plafond 77 700 €) et 30 % pour un meublé non classé (plafond 15 000 €), soit le même niveau que la location nue. Le régime réel, qui permet de déduire charges et amortissements, redevient souvent plus avantageux. Depuis 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
Tout dépend de votre situation et de la localisation du bien. Si obtenir une autorisation avec compensation est trop complexe, deux alternatives existent : basculer vers la location classique, longue durée ou meublée à l'année, très demandée à Marseille, ou vendre sur un marché qui a nettement progressé (autour de 3 404 €/m² pour un appartement en 2026). Dans tous les cas, la première étape est une estimation fiable, calibrée sur les transactions réelles de votre quartier.
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