Le prix au m² moyen à Bourg-Saint-Maurice s'établit à 5 845 €/m² pour un appartement, d'après les transactions DVF de janvier 2026. Environ 230 transactions y sont enregistrées chaque année.

Illustration d'ambiance de Bourg-Saint-Maurice, en Haute-Tarentaise savoyarde.
Le prix moyen constaté à Bourg-Saint-Maurice s'établit à 5 845 €/m². Cette moyenne agrège deux marchés très différents sur un même territoire de 179 km², qui compte une trentaine de villages et hameaux. D'un côté le chef-lieu de vallée, à 840 mètres, avec ses immeubles de l'après-guerre, ses maisons anciennes et ses acheteurs qui y vivent à l'année. De l'autre les villages d'altitude des Arcs, entre 1 600 et 2 000 mètres, où le logement de séjour domine et tire la moyenne vers le haut. Le parc communal compte 88,6 % d'appartements selon l'INSEE. Les chiffres proviennent de la base DVF, qui recense les transactions réellement enregistrées chez les notaires.
Prix issus du fichier DVF (Demandes de valeurs foncières, publié par la DGFiP), transactions réellement enregistrées chez les notaires à l'échelle de la commune. Recoupement avec les indices Notaires de France - INSEE. En savoir plus sur notre méthodologie.
Le marché local dépend d'abord de la fréquentation du domaine skiable. Depuis l'ouverture du téléphérique Vanoise Express en 2003, Les Arcs forment avec La Plagne l'un des plus vastes domaines reliés de France, ce qui ancre la demande de logements de séjour et la location saisonnière. Le rapport entre 7 270 habitants permanents et 9 804 résidences secondaires selon l'INSEE montre à quel point le marché est porté par des acheteurs qui n'habitent pas la commune à l'année. Le départ du 7e bataillon de chasseurs alpins en 2012 a par ailleurs retiré au chef-lieu une population permanente et locataire qu'il n'a pas entièrement remplacée.
L'offre nouvelle reste contrainte. Le foncier constructible est limité par le relief, par les risques naturels et par les règles applicables en zone de montagne, ce qui déplace l'activité vers la rénovation, notamment des résidences de station construites dans les années 1970 et 1980, dont les besoins de travaux et de performance énergétique pèsent désormais sur les prix de vente. Au chef-lieu, l'activité est portée par l'emploi touristique, les services publics et l'hydroélectricité, avec un enjeu récurrent de logement des saisonniers, qui capte une partie du parc locatif et laisse peu d'offre aux ménages installés à l'année.
Porte d'entrée du domaine des Arcs, Bourg-Saint-Maurice se situe à un niveau de prix proche de celui des grandes stations de Haute-Savoie, un peu en dessous des Gets, au-dessus d'une ville de lac comme Annecy. L'écart est net avec une préfecture de vallée comme Chambéry.
Le site est occupé dès le Néolithique et devient, sous les Romains, la station de Bergintrum, sur la voie des Alpes Grées qui reliait Milan à Vienne par le col du Petit-Saint-Bernard. Les Romains exploitaient également une mine de sel au Roc d'Arbonne. Le nom actuel renvoie au culte de saint Maurice, très répandu dans les vallées alpines. Au fil du Moyen Âge, les communautés voisines se disputent les alpages et les bois : une sentence du Sénat de Savoie de 1675 tranche le conflit entre Montrigon et Séez par la pose de bornes armoriées. En septembre 1795, un incendie détruit la quasi-totalité de la localité, qui est ensuite reconstruite sur un plan réorganisé.
Le XIXe siècle reste marqué par les mêmes fragilités : le village de Vulmix perd les deux tiers de ses maisons dans un incendie en 1854. Le chemin de fer arrive le 20 novembre 1913, terminus de la ligne de la Tarentaise, décidé pour des raisons militaires autant qu'économiques, la frontière italienne étant proche. L'énergie hydroélectrique tirée de l'Isère et de ses affluents s'ajoute alors aux ressources locales. La commune fusionne avec Hauteville-Gondon le 15 décembre 1964. Le 7e bataillon de chasseurs alpins y tient garnison de 1962 à 2012, avant son transfert à Varces, ce qui a longtemps pesé sur la démographie et le logement.
À partir des années 1960, la rivière et la montagne deviennent des équipements. Le bassin d'eaux vives de l'Isère, aménagé progressivement et devenu le stade Claude-Peschier, accueille les championnats du monde de canoë-kayak slalom en 1969, 1987 et 2002. Sur les hauteurs, la station des Arcs sort de terre sous l'impulsion de Roger Godino, avec Charlotte Perriand associée à la conception architecturale : Arc 1600 en 1968, Arc 1800 en 1970, Arc 2000 en 1979, puis Arc 1950 en 2003. Le funiculaire Arc-en-Ciel relie le centre à Arc 1600 en sept minutes depuis février 1989. Le téléphérique Vanoise Express, ouvert en 2003, raccorde le domaine à La Plagne.
Selon l'INSEE, Bourg-Saint-Maurice compte 7 270 habitants pour 13 610 logements, dont seulement 3 654 résidences principales, soit environ 27 % du parc : les résidences secondaires et logements occasionnels en représentent près de 72 %. Les appartements pèsent 88,6 % des logements, contre 11 % de maisons. Parmi les ménages en résidence principale, 47,2 % sont propriétaires et 48,5 % locataires. Deux profils d'acheteurs coexistent donc. Aux Arcs, une clientèle de séjour, française et étrangère, qui achète un appartement de station et le loue une partie de la saison. Au chef-lieu et dans les hameaux, des résidents permanents, actifs du tourisme, des services et des remontées mécaniques, plus souvent en quête d'une maison ou d'un logement familial.
Le prix moyen constaté est de 5 845 €/m², calculé à partir des transactions enregistrées chez les notaires et publiées dans la base DVF. Il s'agit d'une moyenne communale, qui mélange le marché du fond de vallée et celui des villages d'altitude des Arcs. L'altitude, l'accès aux pistes ou au funiculaire, l'exposition et l'année de construction créent des écarts importants d'un secteur à l'autre. Un prix de vente réel se cale toujours sur des références proches, pas sur la moyenne communale.
Ce sont deux marchés distincts sur la même commune. Le chef-lieu, à 840 mètres, vit à l'année : commerces, collège, gare, services, et un parc bâti allant de la maison ancienne de hameau aux immeubles construits après-guerre. Les villages des Arcs, entre 1 600 et 2 000 mètres, sont des stations créées de toutes pièces à partir de 1968, tournées vers le séjour et la location saisonnière. La saisonnalité, les charges et le mode d'usage n'y sont pas les mêmes.
La commune est le terminus de la ligne ferroviaire de la Tarentaise, ouverte en 1913, avec des liaisons directes renforcées en saison d'hiver. Depuis la gare, le funiculaire Arc-en-Ciel monte à Arc 1600 en sept minutes, en service depuis février 1989. La route relie Albertville par la vallée de l'Isère et l'Italie par le col du Petit-Saint-Bernard, fermé l'hiver. Cette desserte ferroviaire directe explique une part de la demande venue de Paris, de Lyon et de l'étranger.
L'offre est étroite. Selon l'INSEE, les maisons représentent environ 11 % des logements de la commune, contre 88,6 % d'appartements. Les maisons se concentrent au chef-lieu et dans les villages et hameaux de la vallée, comme Hauteville-Gondon, Vulmix ou Montrigon, souvent dans du bâti ancien à rénover. Les références de vente sont donc peu nombreuses et les délais de recherche plus longs, ce qui rend l'estimation d'une maison plus dépendante de son état et de sa situation exacte que du prix moyen communal.
Le territoire est classé en zone de montagne, ce qui encadre l'extension de l'urbanisation et le développement des stations. Un plan de prévention des risques naturels s'applique : avalanches sur les versants, crues et laves torrentielles le long de l'Isère et de ses affluents. À vérifier avant tout achat, au même titre que les charges de copropriété en altitude, souvent élevées à cause du chauffage, du déneigement et de l'entretien des résidences de station. La fiscalité des résidences secondaires mérite aussi d'être anticipée.
Cette analyse est publiée par Immover, observatoire indépendant fondé par Antony Barbier. Données issues des sources officielles (DVF, INSEE, Notaires de France).