Le prix au m² moyen à Drancy s'établit à 3 640 €/m² pour un appartement, d'après les transactions DVF de janvier 2026. Environ 224 transactions y sont enregistrées chaque année.

Illustration d'ambiance des quartiers pavillonnaires de Drancy.
Le prix moyen constaté à Drancy s'établit à 3 640 €/m². Cette moyenne recouvre un parc partagé entre collectif et pavillonnaire, situation peu courante en petite couronne : plus d'un logement sur trois est une maison, héritage direct des lotissements de l'entre-deux-guerres. Les écarts internes tiennent surtout à la desserte et à la nature du bâti, les rues pavillonnaires proches des gares de Drancy et du Bourget ne se négociant pas au même niveau que les ensembles collectifs d'après-guerre. Ce chiffre provient des données DVF, c'est-à-dire des transactions réellement enregistrées chez les notaires.
Prix issus du fichier DVF (Demandes de valeurs foncières, publié par la DGFiP), transactions réellement enregistrées chez les notaires à l'échelle de la commune. Recoupement avec les indices Notaires de France - INSEE. En savoir plus sur notre méthodologie.
Le marché de Drancy repose d'abord sur sa taille et sa position : 72 390 habitants sur 7,8 kilomètres carrés, à une dizaine de minutes de Paris en RER B. La commune joue le rôle de ville d'accession pour des ménages qui ne peuvent plus acheter dans les communes limitrophes de la capitale. La double nature du parc, pavillonnaire et collectif, élargit l'éventail des budgets et entretient un volume d'échanges régulier, un peu plus de deux cents ventes par an d'après les données notariales. Le renouvellement des ménages se fait donc surtout par la revente, la construction neuve restant limitée.
Le second moteur est l'amélioration attendue de la desserte. La gare Drancy - Bobigny de la ligne 15 Est, dont le chantier a débuté en septembre 2025, doit relier la commune aux pôles d'emploi du nord et de l'est francilien sans passer par Paris. Le tramway T1 et le T11 Express assurent déjà une partie de ces liaisons de banlieue à banlieue. En parallèle, les quartiers proches du futur pôle font l'objet d'opérations de renouvellement urbain, qui apportent une offre neuve mesurée mais suffisante pour faire évoluer des secteurs jusqu'ici en retrait du reste de la commune.
Drancy se situe dans la moitié basse des prix de son secteur, au-dessus d'Aulnay-sous-Bois mais en dessous d'Aubervilliers. L'écart devient nettement plus marqué avec Pantin, pourtant distante de quelques kilomètres seulement.
Le nom de Drancy vient du latin Terentiacum, le domaine d'un propriétaire romain nommé Terentius. La forme se transforme au fil des siècles, Derentiacum puis Derenci, avant de se fixer en Drancy à la fin du XVe siècle. Le village se partage alors entre trois seigneuries, le Grand Drancy, le Petit Drancy et Sainte-Geneviève. Jusqu'au XIXe siècle, la commune reste agricole, tournée vers les cultures de la plaine de France. La guerre de 1870 endommage le château de Ladoucette, restauré puis cédé en 1892 à un orphelinat ; son parc est aujourd'hui un espace vert public. En 1901, Drancy ne compte encore qu'un peu plus de 1 200 habitants.
Le basculement se joue dans les années 1920. Le chemin de fer et la proximité de Paris attirent des acheteurs modestes : des centaines de parcelles sont vendues en lotissements pavillonnaires, souvent sans eau courante, sans électricité et sans voirie. Drancy devient l'un des exemples les plus cités de la crise des mal-lotis, à laquelle la loi Sarraut de 1928 tente de répondre en finançant la moitié des travaux de viabilisation. Dans le même temps, les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods lancent en 1932 la cité de la Muette, avec les ingénieurs Vladimir Bodiansky et Jean Prouvé : ossature métallique et panneaux de béton préfabriqués, cinq tours de quinze étages, une technique inédite pour l'époque.
Inachevée, la cité de la Muette est réquisitionnée. Elle sert de camp de prisonniers dès septembre 1939, puis devient en août 1941 le principal camp d'internement des Juifs de France. Près de 70 000 personnes y ont été internées jusqu'en août 1944, et environ 63 000 ont été déportées depuis Drancy, en très grande majorité vers Auschwitz-Birkenau. Le dernier convoi part le 17 août 1944, jour de la libération du camp. Le bâtiment en U a été achevé en 1946 en logements sociaux, toujours habités, et classé monument historique le 25 mai 2001. La sculpture commémorative de Shelomo Selinger date de 1976 ; le Mémorial de la Shoah de Drancy a ouvert en 2012, face à la cité. Après-guerre, la ville se densifie fortement, plus d'un tiers du parc actuel étant bâti entre 1946 et 1970, et la population passe de 1 200 habitants en 1901 à plus de 68 000 en 1968. Cette superposition de couches explique la physionomie actuelle : une commune dense de 7,8 kilomètres carrés où pavillons et immeubles se succèdent d'un îlot à l'autre.
Drancy compte 72 390 habitants. Selon l'INSEE, la commune totalise environ 31 100 logements, dont 91,7 % de résidences principales et seulement 1,2 % de résidences secondaires : c'est une ville habitée à l'année, sans marché de villégiature. Le parc se répartit entre 62,5 % d'appartements et 35,3 % de maisons, un équilibre inhabituel en proche banlieue nord. Toujours selon l'INSEE, 43,0 % des ménages sont propriétaires et 54,2 % locataires. Les acquéreurs sont surtout des familles de Seine-Saint-Denis et des ménages venus de Paris ou de communes limitrophes plus chères, en recherche d'un pavillon ou d'un trois-pièces à budget contenu.
Le prix moyen relevé à Drancy est de 3 640 €/m². Il s'agit d'une moyenne calculée sur les ventes enregistrées dans la base DVF, qui recense les transactions réellement passées chez les notaires. Elle mélange des appartements de toutes tailles et une part importante de maisons, ce qui l'éloigne du prix d'un bien précis. La valeur de votre logement dépend du secteur, de l'état, de l'étage ou de la présence d'un jardin.
Les deux marchés coexistent, ce qui est rare en petite couronne. Selon l'INSEE, 35,3 % des logements sont des maisons, héritage des lotissements pavillonnaires des années 1920. Le pavillon drancéen type reste modeste, sur une parcelle étroite, et demande souvent des travaux. Les appartements se concentrent dans les ensembles construits après 1946 et dans les copropriétés plus récentes. Les délais de vente et les profils d'acheteurs diffèrent nettement entre ces deux segments.
La commune est desservie par deux gares du RER B, la gare de Drancy et celle du Bourget, qui placent le centre de Paris à une dizaine de minutes et l'aéroport de Roissy à une vingtaine. Le tramway T1 traverse le sud de la ville, vers Bobigny et Noisy-le-Sec, et le tram T11 Express, ouvert en 2017, relie Le Bourget à Épinay-sur-Seine. Les lignes de métro 5 et 7 sont accessibles par correspondance.
La commune accueillera la gare Drancy - Bobigny sur la ligne 15 Est, en correspondance avec le tramway T1. Les travaux de génie civil ont démarré en septembre 2025, après une phase préparatoire achevée dans l'été. La mise en service est annoncée pour le début des années 2030. Les secteurs de l'Avenir et du Petit Drancy, proches du futur pôle, concentrent l'attention des acheteurs et plusieurs opérations d'aménagement.
Les rues pavillonnaires calmes du centre, autour du parc de Ladoucette, et les abords de la gare de Drancy dans le quartier de l'Économie comptent parmi les secteurs les mieux valorisés, avec le quartier Paris Campagne, proche de la gare du Bourget. Les grands ensembles collectifs se situent en retrait. La proximité immédiate des emprises ferroviaires et des grands axes routiers pèse également sur les valeurs.
Cette analyse est publiée par Immover, observatoire indépendant fondé par Antony Barbier. Données issues des sources officielles (DVF, INSEE, Notaires de France).