Le prix au m² moyen à Romainville s'établit à 5 270 €/m² pour un appartement, d'après les transactions DVF de janvier 2026. Environ 196 transactions y sont enregistrées chaque année.

Illustration d'ambiance du plateau de Romainville.
Le prix moyen constaté à Romainville s'établit à 5 270 €/m². Cette moyenne recouvre un parc où quatre logements sur cinq sont en collectif : immeubles d'après-guerre, grands ensembles de Gagarine et de Marcel-Cachin, et une vague récente de programmes neufs livrés sur le plateau et autour de la place Carnot. Les écarts internes sont marqués. Les rues pavillonnaires du Bas-Pays et les résidences proches de la nouvelle station de métro se situent au-dessus des copropriétés des années 1960 et 1970, dont l'état du bâti pèse sur les valeurs. Ce chiffre provient des données DVF, c'est-à-dire des transactions réellement enregistrées chez les notaires.
Prix issus du fichier DVF (Demandes de valeurs foncières, publié par la DGFiP), transactions réellement enregistrées chez les notaires à l'échelle de la commune. Recoupement avec les indices Notaires de France - INSEE. En savoir plus sur notre méthodologie.
Le premier moteur du marché est l'arrivée du métro. Le prolongement de la ligne 11 jusqu'à Rosny-Bois-Perrier, mis en service le 13 juin 2024, a doté Romainville d'une station en propre après des décennies d'attente et supprimé la correspondance obligatoire par Les Lilas ou Noisy-le-Sec. Avec 37 152 habitants et une densité proche de 10 800 habitants au kilomètre carré, la ville concentre une demande locative continue et attire des ménages écartés par les prix de Paris et des communes limitrophes. Le prolongement du tramway T1 de Bobigny vers Val de Fontenay, encore en travaux, doit renforcer cette desserte dans les prochaines années.
Le second moteur est la transformation du bâti et des anciens sites industriels. Le renouvellement urbain engagé en 2016 sur le quartier Gagarine remplace progressivement une partie du parc social par des logements neufs, en accession comme en location, et crée un segment de prix distinct de l'ancien collectif. Les friches pharmaceutiques suivent le même chemin : les laboratoires Roussel-Uclaf accueillent depuis octobre 2019 le pôle Komunuma et la Fondation Fiminco, avec galeries et résidence d'artistes. Enfin, l'aménagement de l'île de loisirs de la Corniche des Forts, sur les anciennes carrières, apporte un grand espace vert dans une commune très dense.
Romainville se situe en retrait de Montreuil et de Pantin, ses voisines immédiates desservies par le métro de longue date. L'écart joue dans l'autre sens avec Rosny-sous-Bois, plus éloignée de Paris.
Le nom de Romainville dérive de Romanavilla, forme attestée au XIIIe siècle, qui désigne le domaine de Romain. Le site est occupé dès le Néolithique et la commune apparaît dans les textes dès le VIIe siècle, par le testament d'Ermentrude. Au Moyen Âge, le coteau est couvert de vignes, dont une partie relève du prieuré de Saint-Jean-de-Latran, et le vin constitue une ressource majeure des habitants dès le XIIe siècle. En 1630, le noble Nicolas de Quélen y fait bâtir un château, passé à la famille de Ségur en 1723 et démoli en 2017. En 1867, la création de la commune des Lilas ampute Romainville d'environ un tiers de son territoire.
Entre 1870 et 1900, l'exploitation intensive du gypse et de l'argile transforme le plateau. Les carrières souterraines creusées sous la ville alimentent les plâtrières de la région et laissent un sous-sol percé de galeries, où les habitants se réfugieront pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parc du château devient lui-même une vaste carrière, avant d'être racheté par la commune en 1988 puis par la Région. L'industrie chimique s'installe en parallèle : vers 1909, le docteur Gaston Roussel lance à Romainville une production pharmaceutique qui devient Roussel-Uclaf et emploie près de deux mille personnes dès 1928. Le fort de Romainville, bâti au XIXe siècle sur ce qui est aujourd'hui le territoire des Lilas, sert de camp d'internement allemand de 1940 à 1944 : environ sept mille détenus y passent, dont des femmes déportées vers Auschwitz en janvier 1943.
L'après-guerre dessine la ville actuelle. Rattachée au département de la Seine jusqu'à la loi du 10 juillet 1964, Romainville rejoint la Seine-Saint-Denis le 1er janvier 1968. Dans les années 1960, l'office HLM édifie la cité Youri-Gagarine, dont les 769 logements sont inaugurés en octobre 1969, tandis que le Bas-Pays, situé sous les carrières, se peuple à son tour. Depuis 2016, Gagarine fait l'objet d'un programme de renouvellement urbain, et la ville compte quatre quartiers prioritaires : Gagarine, Marcel-Cachin, l'Horloge et Trois Communes-Fabien. En octobre 2019, les anciens laboratoires Roussel-Uclaf rouvrent sous le nom de Komunuma, avec la Fondation Fiminco, quatre galeries d'art contemporain et une résidence d'artistes.
Romainville compte 37 152 habitants. Selon l'INSEE, la commune totalise 15 532 logements, dont 94,7 % de résidences principales et 0,7 % de résidences secondaires : le marché est celui d'une ville habitée à l'année, sans dimension de villégiature. Les appartements représentent 80,5 % du parc et les maisons 18,2 %, une réserve pavillonnaire plus fournie que dans beaucoup de communes voisines de la petite couronne. Toujours selon l'INSEE, les locataires forment 57,5 % des ménages et les propriétaires 41,1 %, le parc HLM logeant 32,9 % des résidences principales. Les acquéreurs sont surtout des ménages venus de Paris et des primo-accédants de l'est francilien, plus nombreux depuis l'arrivée du métro.
Le prix moyen relevé à Romainville est de 5 270 €/m². Il s'agit d'une moyenne calculée sur les ventes enregistrées dans la base DVF, qui recense les transactions réellement passées chez les notaires. Elle mélange des studios, des appartements familiaux des cités des années 1960 et des logements neufs livrés récemment. Votre bien peut s'en écarter selon le quartier, l'étage, l'état général, la distance à la station de métro et la présence d'un stationnement.
Les secteurs les mieux valorisés sont le centre ancien autour de la place Carnot, désormais desservi par le métro, les rues pavillonnaires qui descendent vers le Bas-Pays et les programmes neufs bordant l'île de loisirs de la Corniche des Forts. Les copropriétés issues des grands ensembles, à Gagarine, à Marcel-Cachin ou dans le quartier de l'Horloge, restent plus abordables, avec des charges et un état de bâti à examiner de près avant de signer.
Depuis le 13 juin 2024, le métro 11 dessert directement la commune. La station Romainville - Carnot, à cheval sur Noisy-le-Sec, ouvre à 26 mètres sous la place Carnot et met Châtelet à une vingtaine de minutes sans correspondance. La station Serge Gainsbourg, aux Lilas, complète la desserte de l'ouest du territoire. Le prolongement du tramway T1 de Bobigny vers Val de Fontenay, encore en travaux, prévoit à terme une correspondance à Carnot.
Oui, et c'est une particularité locale à ne pas négliger. Le sous-sol de la commune est creusé d'anciennes carrières de gypse et couvert par un périmètre de risque de mouvement de terrain. Toute vente ou location doit être accompagnée de l'arrêté préfectoral informant du risque lié aux anciennes carrières et au retrait-gonflement des sols argileux. Avant d'acheter, demandez l'état des risques et vérifiez la situation exacte de la parcelle auprès de l'Inspection générale des carrières.
Le collectif domine largement les volumes échangés, entre copropriétés anciennes, grands ensembles et programmes neufs. Selon l'INSEE, 80,5 % des logements sont des appartements et 18,2 % des maisons. La réserve pavillonnaire se concentre dans le Bas-Pays et sur les rues étroites du plateau. Ces biens sont peu nombreux à la vente, partent vite et se traitent le plus souvent au-dessus de la moyenne communale. Une recherche patiente est à prévoir sur ce segment.
Cette analyse est publiée par Immover, observatoire indépendant fondé par Antony Barbier. Données issues des sources officielles (DVF, INSEE, Notaires de France).