Le conseil municipal d'Aulnay-sous-Bois a voté le 24 avril 2026 le passage de son taux de taxe foncière de 30,69 % à 39,87 %, soit une progression de 29,9 % de la part communale après onze exercices sans variation. Ce que la décision change sur votre avis d'automne, ce qu'elle ne change pas, et où elle situe désormais Aulnay en Seine-Saint-Denis.
Illustration : Taxe foncière à Aulnay-sous-Bois en 2026 : 9,18 points de hausse après onze ans de gel.
Pendant onze ans, Aulnay-sous-Bois n'a pas touché à son taux de taxe foncière. Il est resté à 30,69 % de 2014 à 2025, et la stabilité fiscale était devenue une marque de fabrique municipale. Le 24 avril 2026, le conseil municipal a voté son passage à 39,87 %, soit 9,18 points de plus et une progression de 29,9 % de la part communale. La Ville met en avant la disparition d'une dotation de l'État et la baisse des concours financiers notifiée en mars. Voici ce que cette décision change concrètement sur votre avis d'automne, ce qu'elle ne change pas, et où elle situe désormais Aulnay parmi les 39 communes de Seine-Saint-Denis.
La part communale de taxe foncière sur les propriétés bâties passe à 39,87 % en 2026, contre 30,69 % de 2014 à 2025. La hausse a été votée par le conseil municipal du 24 avril 2026. Elle représente 9,18 points supplémentaires, soit une progression de 29,9 % de la part communale. Source : délibération budgétaire du conseil municipal d'Aulnay-sous-Bois, avril 2026.
C'est la première variation du taux communal aulnaysien depuis 2014, et elle est d'une ampleur inhabituelle.
| Exercice | Part communale | Variation |
|---|---|---|
| 2021 | 30,69 % | inchangé |
| 2022 | 30,69 % | inchangé |
| 2023 | 30,69 % | inchangé |
| 2024 | 30,69 % | inchangé |
| 2025 | 30,69 % | inchangé |
| 2026 | 39,87 % | +9,18 points (+29,9 %) |
Deux précisions utiles pour lire votre avis. D'une part, la ligne intercommunalité est à zéro : comme toutes les communes de la Métropole du Grand Paris, Aulnay ne supporte pas de part intercommunale sur le bâti. Le territoire Paris Terres d'Envol, auquel elle appartient avec sept autres villes, tire sa ressource ménages de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
D'autre part, cette TEOM est facturée en sus, sur une ligne distincte de votre avis, et son taux est voté par le territoire, pas par la Ville. Il s'élevait à 9,62 % à Aulnay en 2022, l'un des plus élevés du territoire.
À la part communale s'ajoutent des taxes spéciales d'équipement franciliennes et la GEMAPI, qui représentent ensemble un peu plus d'un point. Le taux global 2026 sera publié par la DGFiP à l'automne : nous ne le donnons pas ici pour ne pas avancer un chiffre non encore officiel.
La municipalité invoque deux causes : la disparition de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle, et la baisse des concours financiers de l'État notifiée le 16 mars 2026. Elle présente la décision comme contrainte, indiquant avoir limité la hausse à 9 points là où l'équilibre budgétaire en aurait appelé davantage.
La chronologie de la décision est publique, et elle mérite d'être posée telle quelle, parce qu'elle explique la vivacité du débat local.
Le 15 mars 2026, Bruno Beschizza (Les Républicains), maire depuis 2014, est réélu dès le premier tour avec 63,33 % des suffrages exprimés, sur un bilan qui met en avant onze ans sans hausse d'impôts locaux.
Le 16 mars 2026, soit le lendemain, la Ville reçoit la notification des concours financiers de l'État. Le 24 avril 2026, le conseil municipal vote le passage à 39,87 %.
L'argumentaire municipal repose sur la fin de la DCRTP, cette dotation qui compensait aux communes la réforme de la taxe professionnelle de 2010, et sur la contribution demandée aux collectivités au redressement des comptes publics. Le maire a résumé sa position en indiquant avoir tenu douze ans avant de ne plus pouvoir faire autrement.
L'opposition et plusieurs observateurs locaux contestent le calendrier plus que le fond, estimant que la trajectoire budgétaire était connue avant le scrutin. Nous ne trancherons pas ce débat, qui relève de la vie démocratique aulnaysienne.
Un point de méthode mérite d'être signalé au propriétaire. Une hausse de taux et une hausse de base ne se comportent pas de la même manière dans le temps. La revalorisation des bases est indexée sur l'inflation, elle se dilue ; un relèvement de taux est permanent et se cumule chaque année avec les revalorisations suivantes. Les 9,18 points votés en 2026 ne sont pas un rattrapage ponctuel : ils constituent le nouveau socle de calcul de toutes vos cotisations à venir. C'est ce qui distingue économiquement cette décision des augmentations mécaniques subies depuis 2021.
La Ville chiffre l'effet moyen à environ +18 € par mois, soit près de 216 € par an, pour près de 13 600 foyers imposables. Pour un 3 pièces à Émile Zola, comptez un surcoût annuel de l'ordre de 210 € ; pour une maison à Nonneville, de l'ordre de 420 €. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale de votre logement.
Un rappel avant les chiffres : la taxe foncière ne se calcule pas sur le prix de votre bien. Elle s'assoit sur sa valeur locative cadastrale, une valeur administrative établie sur les critères de 1970 et revalorisée chaque année. Deux appartements vendus au même prix peuvent supporter des taxes différentes.
| Profil | Part communale 2025 | Part communale 2026 | Surcoût annuel |
|---|---|---|---|
| Studio 30 m² à Mitry-Ambourget | ~ 340 € | ~ 440 € | ~ +100 € |
| 3 pièces 62 m² à Émile Zola | ~ 705 € | ~ 915 € | ~ +210 € |
| Pavillon 90 m² au Vieux Pays | ~ 1 045 € | ~ 1 355 € | ~ +310 € |
| Maison 120 m² à Nonneville | ~ 1 410 € | ~ 1 830 € | ~ +420 € |
Ces ordres de grandeur portent sur la seule part communale, hors taxes spéciales et hors ordures ménagères. Ils situent des profils réels dans des quartiers réels, du plus abordable (Gros Saule, 1 897 €/m²) au plus recherché (Nonneville, 4 604 €/m²), sur un marché aulnaysien dont la moyenne appartement s'établit à 3 301 €/m² en 2026. Le détail quartier par quartier est sur notre page prix au m² à Aulnay-sous-Bois.
Le surcoût est proportionnel à la valeur locative, donc à la surface et au confort, pas à la valeur de marché. Un pavillon du Vieux Pays et un appartement de La Rose des Vents de même surface ne subiront pas le même effet, mais l'écart tiendra à leur base cadastrale, pas à leur prix au m².
Reportez le montant de la part communale figurant sur votre avis de taxe foncière 2025. Le simulateur applique le nouveau taux de 39,87 % et la revalorisation nationale des bases de +0,8 %, et vous donne le montant 2026 estimé ainsi que le surcoût, à l'année et au mois.
Plus vraiment. Avec 30,69 %, Aulnay affichait en 2025 le deuxième taux communal le plus bas du département, à près de 9 points sous la moyenne. À 39,87 %, elle se retrouve au niveau de cette moyenne (39,62 % en 2025) et au-dessus des taux 2025 du Blanc-Mesnil et de Tremblay-en-France. Source : DGFiP, taux communaux de l'exercice 2025.
C'est le point qui mérite le plus d'attention, parce qu'il modifie un argument devenu familier aux Aulnaysiens.
| Commune | Taux communal 2025 | Écart avec Aulnay 2026 |
|---|---|---|
| Vaujours | 23,97 % | -15,90 pts |
| Le Blanc-Mesnil | 39,17 % | -0,70 pt |
| Tremblay-en-France | 39,65 % | -0,22 pt |
| Bondy | 39,79 % | -0,08 pt |
| Sevran | 41,49 % | +1,62 pt |
| Drancy | 42,49 % | +2,62 pts |
| Villepinte | 48,84 % | +8,97 pts |
| Bobigny | 49,92 % | +10,05 pts |
| Moyenne des 39 communes du 93 | 39,62 % | -0,25 pt |
La comparaison a une limite qu'il faut poser honnêtement : elle oppose le taux 2026 d'Aulnay aux taux 2025 de ses voisines, les taux 2026 du département n'étant pas encore publiés par la DGFiP. Plusieurs communes de Seine-Saint-Denis ont voté des hausses cette année, et le classement définitif ne sera lisible qu'à l'automne.
Le fait établi, lui, ne dépend pas de ce qu'auront fait les voisines : Aulnay est passée d'un écart de près de 9 points sous la moyenne départementale à un écart de 0,25 point. La position relative de la commune a changé de nature.
Un mot sur un chiffre qui circule et qu'il faut manier avec précaution : la Seine-Saint-Denis est régulièrement présentée comme le département où la taxe foncière est la plus élevée de France, autour de 3 675 € en moyenne. Ce montant est calculé par avis d'imposition, or un bailleur qui détient vingt logements reçoit vingt avis, et le département compte une part importante de bailleurs sociaux et de multipropriétaires. Rapporté à l'habitation, le montant moyen se situe plutôt autour de 1 214 €. Pour un propriétaire occupant aulnaysien, c'est la seconde grandeur qui est pertinente, pas la première.
Parce que la taxe foncière est le produit d'un taux et d'une base, et que les deux ont bougé indépendamment. Les valeurs locatives cadastrales sont revalorisées chaque année au niveau national : +0,8 % en 2026, après +1,7 % en 2025, +3,9 % en 2024 et +7,1 % en 2023. À Aulnay, la hausse de 2026 se cumule donc à environ 14 % de progression des bases depuis 2023. Source : coefficient forfaitaire indexé sur l'indice des prix à la consommation harmonisé publié par l'INSEE.
Un propriétaire aulnaysien qui compare son avis de 2022 à celui de 2026 verra donc deux effets se superposer, et un seul relève du conseil municipal.
Une précision s'impose sur la lecture historique du taux. Le 30,69 % affiché depuis 2021 n'est pas le taux voté par Aulnay avant cette date. En 2021, la part départementale de taxe foncière a été transférée aux communes partout en France, en compensation de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales.
La ligne « commune » de votre avis a donc mécaniquement absorbé le taux du département, sans que votre cotisation n'augmente pour autant : la ligne « département » disparaissait le même jour. La communication municipale sur onze ans de stabilité est exacte au sens du vote du conseil, mais le chiffre affiché a bien changé de périmètre en cours de route.
Une autre évolution était attendue et a été suspendue. L'administration fiscale avait engagé une campagne d'intégration des éléments de confort dans les valeurs locatives : eau courante, électricité, sanitaires, douche ou baignoire, chauffage, jamais déclarés depuis les années 1970 sur une partie du parc. Environ 7,4 millions de logements étaient concernés, pour un effet estimé par Bercy à environ 63 € par an et par logement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu en a annoncé la suspension le 26 novembre 2025, au profit d'une concertation ouverte au printemps 2026 dont un point d'étape était attendu en mai-juin. Aucun redressement à ce titre n'a vocation à figurer sur les avis de l'automne 2026.
Sur un parc comme celui d'Aulnay, où une part importante des logements a été construite avant 1970, une reprise de cette campagne pèserait davantage que plusieurs années de revalorisation forfaitaire. Le sujet est suspendu, pas supprimé. Nous mettrons cet article à jour à l'issue de la concertation.
Réel pour un investisseur, secondaire pour un résident. À 3 301 €/m² de moyenne appartement en 2026, un 3 pièces aulnaysien vaut de l'ordre de 205 000 € ; 210 € de surcoût annuel pèsent davantage sur un calcul de rendement locatif que sur une décision d'achat familiale. Le marché reste porté par sa dynamique propre, en hausse de 9,1 % sur douze mois.
Trois effets méritent d'être distingués.
1. Un poids relatif plus lourd qu'ailleurs. C'est l'effet contre-intuitif des marchés abordables. La taxe foncière étant assise sur une valeur cadastrale et non sur le prix de marché, elle ne baisse pas proportionnellement quand les prix sont bas. Rapportée au capital investi, elle pèse davantage à Aulnay que dans une commune où le même bien vaudrait le double.
2. Un point de vigilance immédiat pour le bailleur. La taxe foncière n'est pas récupérable sur le locataire, à l'exception de la part d'ordures ménagères. Un surcoût de 210 à 420 € par an vient donc directement en déduction du rendement net. Sur un T3 loué autour de 800 € par mois, cela représente l'équivalent de deux à cinq jours de loyer par an.
3. Un facteur secondaire pour l'acheteur résident. Face au prix d'acquisition et au coût du crédit, quelques centaines d'euros annuels sont rarement décisifs, d'autant que la commune bénéficie d'une dynamique de long terme portée par le Grand Paris Express, dont la gare Aulnay - Val Francilia sur la ligne 16 est programmée à l'horizon 2028.
Avant tout arbitrage, la donnée utile n'est pas la moyenne de la ville mais la valeur de votre bien à son adresse. Notre estimation s'appuie sur les transactions réellement enregistrées à Aulnay-sous-Bois.
Pour comparer avec d'autres dynamiques fiscales, vous pouvez lire notre analyse de la taxe foncière à Asnières-sur-Seine (un taux gelé depuis 2021 dans les Hauts-de-Seine) et celle de la taxe foncière à Paris. Trois communes de la Métropole du Grand Paris, trois trajectoires fiscales distinctes.
La part communale de taxe foncière sur les propriétés bâties passe à 39,87 % en 2026, contre 30,69 % de 2014 à 2025. La hausse a été votée par le conseil municipal du 24 avril 2026. Elle représente 9,18 points supplémentaires, soit une progression de 29,9 % de la part communale. Le taux global, qui ajoute les taxes spéciales d'équipement franciliennes et la GEMAPI, sera publié par la DGFiP à l'automne 2026.
La Ville chiffre l'effet moyen à environ 18 € par mois et par foyer imposable, soit près de 216 € par an, pour près de 13 600 foyers concernés. En ordre de grandeur, le surcoût annuel est d'environ 100 € pour un studio à Mitry-Ambourget, 210 € pour un 3 pièces à Émile Zola, 310 € pour un pavillon au Vieux Pays et 420 € pour une maison à Nonneville. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale de votre logement.
La municipalité invoque la disparition de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle et la baisse des concours financiers de l'État, notifiée le 16 mars 2026. Elle présente la décision comme contrainte et indique avoir limité la hausse à 9 points. Le débat local porte sur le calendrier, la réélection du maire Bruno Beschizza étant intervenue le 15 mars 2026, soit cinq semaines avant le vote.
Plus vraiment. Avec 30,69 %, Aulnay affichait en 2025 le deuxième taux communal le plus bas des 39 communes du département, à près de 9 points sous la moyenne départementale de 39,62 %. À 39,87 %, elle se retrouve au niveau de cette moyenne et au-dessus des taux 2025 du Blanc-Mesnil (39,17 %) et de Tremblay-en-France (39,65 %). Les taux 2026 des communes voisines ne seront publiés qu'à l'automne.
Elle est permanente. Un relèvement de taux constitue le nouveau socle de calcul de toutes vos cotisations à venir, et il se cumule chaque année avec les revalorisations nationales des bases. C'est ce qui le distingue économiquement d'une revalorisation, qui suit l'inflation et se dilue avec elle.
Le taux voté par le conseil municipal l'était, oui. Mais le chiffre affiché a changé de périmètre en 2021 : la part départementale de taxe foncière a été transférée aux communes partout en France, en compensation de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales. La ligne commune de votre avis a donc absorbé le taux du département, sans hausse de votre cotisation puisque la ligne département disparaissait le même jour.
Non. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères figure sur une ligne distincte de votre avis et son taux est voté par le territoire Paris Terres d'Envol, qui exerce la compétence pour huit communes, pas par la Ville d'Aulnay. Ce taux s'élevait à 9,62 % à Aulnay en 2022, l'un des plus élevés du territoire.
Non. La campagne d'intégration des éléments de confort dans les valeurs locatives, qui visait environ 7,4 millions de logements pour un effet estimé à 63 € par an et par logement, a été suspendue par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 26 novembre 2025, au profit d'une concertation ouverte au printemps 2026. Aucun redressement à ce titre n'a vocation à figurer sur les avis de l'automne 2026. Le sujet est suspendu, pas supprimé.
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