À Toulon, la location en meublé touristique ne demande pas d'autorisation de changement d'usage : une déclaration et la taxe de séjour suffisent. Mais la ville reste d'abord habitée à l'année, avec seulement 3 % de résidences secondaires, et le vrai durcissement 2026 est fiscal. Où louer, ce qui a changé, comment arbitrer.
Illustration : Meublé touristique à Toulon en 2026 : une ville de résidents qui se réinvente.
À Toulon, la location en meublé touristique se joue sur un paradoxe. La préfecture du Var est d'abord une ville de résidents et un port, pas une station balnéaire : les résidences secondaires n'y représentent qu'environ 3 % du parc, très loin des communes touristiques du littoral. Pourtant, la ville se réinvente en destination, et la location courte durée s'y concentre sur quelques secteurs, au premier rang desquels Le Mourillon. Pour un propriétaire toulonnais, la question de 2026 n'est donc pas de savoir si la mairie a verrouillé l'activité, elle ne l'a pas fait, mais si votre équation résiste au durcissement fiscal national, lui, déjà en vigueur. Voici l'état des règles à Toulon et la grille pour arbitrer.
Ce n'est pas la règle toulonnaise qui doit déclencher la décision, puisqu'elle reste souple : une déclaration et la taxe de séjour suffisent, sans changement d'usage documenté. C'est votre rentabilité nette après la réforme du micro-BIC, et le secteur où se trouve votre bien. Si votre meublé n'est pas classé et que vos recettes dépassent 15 000 € par an, le régime fiscal qui portait votre rendement a changé. Refaites le calcul avant d'arbitrer entre vendre, louer à l'année ou professionnaliser.
Toulon occupe une position singulière sur le littoral varois. Préfecture du département et cœur d'une métropole de douze communes, elle est d'abord une ville d'habitants permanents et un grand port, bien plus qu'une destination de villégiature.
Cette identité change la lecture du sujet. Là où une commune touristique voit son parc capté par la location saisonnière au point de justifier un verrouillage réglementaire, Toulon n'a pas ce profil à l'échelle de la ville entière. La pression touristique y est réelle, mais concentrée sur quelques secteurs de bord de mer.
La conséquence est directe pour un propriétaire : en 2026, le risque ne vient pas d'abord de la mairie. Il vient de la fiscalité nationale, qui a retiré au meublé touristique une part de ce qui faisait sa rentabilité, et il dépend du quartier où se situe votre bien.
Deux obligations principales, documentées par la Métropole. Déclarer votre meublé de tourisme et collecter puis reverser la taxe de séjour via le portail de télédéclaration de Toulon Provence Méditerranée. Le numéro d'enregistrement à 13 caractères, lui, se généralise avec le téléservice national attendu au quatrième trimestre 2026. Source : Métropole TPM et service-public.fr, juillet 2026.
Toute location d'un meublé de tourisme à Toulon, appartement, studio ou villa loué à une clientèle de passage, suppose de déclarer l'activité et de gérer la taxe de séjour. La Métropole Toulon Provence Méditerranée met à disposition un portail de télédéclaration unique pour ses douze communes, dont Toulon.
Pour un meublé non classé, la taxe de séjour est assise sur un pourcentage du coût de la nuitée par personne, majoré des taxes additionnelles départementale et régionale. Le barème est révisé chaque année : l'affichette officielle éditée par la Métropole fait foi.
Si le logement est votre résidence principale, entendue comme celle que vous occupez au moins huit mois par an, vous pouvez la louer en meublé de tourisme dans la limite de 120 jours par an. C'est le plafond légal national. Depuis la loi Le Meur, une commune peut le ramener à 90 jours par délibération motivée en zone tendue.
La loi Le Meur a créé un téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme, dont l'entrée en vigueur était fixée au plus tard au 20 mai 2026 par l'article L. 324-1-1 du code du tourisme. Deux décrets du 19 mars 2026 en ont posé le cadre technique. En pratique, le déploiement complet du portail est annoncé pour le second semestre 2026 : c'est lui qui rendra l'enregistrement et son numéro à 13 caractères obligatoires dans toutes les communes.
Un point mérite d'être signalé parce qu'il circule en sens contraire : à la date de publication de cet article, aucune délibération instaurant une autorisation de changement d'usage à Toulon n'est publiquement documentée. Plusieurs sites commerciaux l'affirment pourtant. Le régime d'autorisation existe comme possibilité juridique pour toute commune depuis 2025, mais son activation dépend d'un vote du conseil municipal. Si votre projet repose sur ce point, un appel au service urbanisme de la mairie lève le doute en cinq minutes. Nous mettrons cet article à jour si une délibération intervient.
Parce que son parc de logements est très majoritairement occupé à l'année. Les résidences secondaires n'y représentent qu'environ 3 % du parc, une part faible pour une ville côtière. Toulon est un pôle d'emploi, un port militaire et une préfecture avant d'être une station : la pression du meublé touristique s'y concentre sur quelques secteurs, elle ne sature pas la ville. Source : INSEE, recensement.
C'est le trait qui distingue Toulon de ses voisines du littoral. Avec de l'ordre de 3 % de résidences secondaires, contre plus de 10 % à La Seyne-sur-Mer et bien davantage dans les communes de villégiature du Var, la ville reste avant tout habitée par ceux qui y vivent et y travaillent.
Ce profil s'explique par son histoire : premier port militaire d'Europe, bassin d'emploi dense, ville-centre d'une métropole. La tension du logement y porte davantage sur la résidence principale et la requalification du centre ancien que sur la captation du parc par la location saisonnière.
La ville mise pourtant sur le tourisme : la rade, les plages du Mourillon, le téléphérique du Mont Faron et la montée en gamme du centre-ville nourrissent une fréquentation croissante. Réélue en mars 2026 face à Laure Lavalette (Rassemblement national), la maire Josée Massi inscrit son mandat dans cette dynamique d'attractivité, sans avoir fait du meublé touristique un sujet de verrouillage réglementaire.
La fiscalité, pas la règle locale. Pour un meublé non classé, l'abattement du micro-BIC est passé de 50 à 30 % et le plafond de recettes de 77 700 € à 15 000 €, sur les revenus perçus à compter de 2025. S'y ajoute la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value de revente. Sources : loi Le Meur du 19 novembre 2024 et loi de finances pour 2025.
La loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a resserré le régime des meublés de tourisme. Un meublé classé conserve un abattement de 50 % et un plafond de 77 700 €. Un meublé non classé tombe à 30 % d'abattement et 15 000 € de plafond.
L'ordre de grandeur est parlant. Sur 20 000 € de recettes annuelles avec un bien non classé, en tranche marginale d'imposition à 30 %, le surcoût d'impôt approche 1 800 € par an par rapport à l'ancien régime. Sur un studio du Mourillon loué à la saison, c'est souvent l'équivalent de plusieurs semaines de location.
Un point est régulièrement attribué à tort à la loi Le Meur : la réintégration des amortissements dans la plus-value ne vient pas d'elle. Elle résulte de l'article 84 de la loi de finances pour 2025 (loi n°2025-127 du 14 février 2025), qui modifie l'article 150 VB du code général des impôts, pour les cessions réalisées à compter du 16 février 2025. Les abattements pour durée de détention restent acquis : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans.
Deux règles issues de la loi Le Meur passent souvent inaperçues. Un nouveau meublé de tourisme mis en location doit présenter un DPE classé de A à E. Et une assemblée générale de copropriété peut désormais interdire la location touristique à la majorité des deux tiers, là où l'unanimité était requise. Deux leviers restent disponibles pour défendre une rentabilité : le classement en étoiles, qui rétablit l'abattement de 50 %, et le passage au régime réel, souvent plus favorable dès qu'un crédit est en cours.
Sur le front de mer et le centre. Le prix moyen d'un appartement à Toulon s'établit à 2 939 €/m² en 2026, mais la moyenne dit peu de chose ici : entre Le Pont du Las à 2 200 €/m² et Cap Brun à 4 568 €/m², l'écart va du simple au double. La location saisonnière trouve sa clientèle au Mourillon et dans le centre ancien rénové. Source : base DVF, traitement Immover, 2026.
C'est le trait le plus marquant du marché toulonnais, et il commande l'arbitrage d'un loueur : la valeur et la demande touristique se concentrent sur le littoral sud.
Le Mourillon (4 274 €/m²), avec ses plages et son ambiance de village balnéaire, est le cœur de la location courte durée toulonnaise. Cap Brun (4 568 €/m²) prolonge ce littoral résidentiel de standing. Le centre-ville (2 840 €/m²), en pleine requalification autour du port et des halles, capte une clientèle urbaine et de courts séjours.
Les quartiers nord et péricentraux forment l'autre versant. Sainte-Musse (2 727 €/m²), Les Routes (2 594 €/m²) ou Le Pont du Las (2 200 €/m²) offrent une rentabilité brute souvent supérieure, mais une demande touristique nettement plus incertaine : la location à l'année y est plus sûre.
| Secteur | Prix moyen appartement 2026 | Profil pour la location courte durée |
|---|---|---|
| Cap Brun | 4 568 €/m² | Littoral résidentiel de standing |
| Le Mourillon | 4 274 €/m² | Plages, demande saisonnière forte |
| Centre-Ville | 2 840 €/m² | Port et halles, courts séjours urbains |
| Sainte-Musse | 2 727 €/m² | Péricentral, demande à l'année |
| Le Pont du Las | 2 200 €/m² | Populaire, occupation touristique faible |
| Moyenne commune | 2 939 €/m² | Marché plus abordable que Nice |
Le détail quartier par quartier est sur notre page prix au m² à Toulon. Pour situer votre bien à son adresse plutôt qu'à la moyenne de la commune, notre estimation s'appuie sur les transactions réellement enregistrées.
Quatre voies : vendre, basculer en location à l'année, professionnaliser le meublé touristique, ou combiner usage personnel et location dans la limite des 120 jours. Le bon choix dépend de votre statut d'occupation, de votre rentabilité nette après réforme du micro-BIC, et surtout de votre secteur dans la ville.
La vente a du sens si votre rendement ne tient plus après la baisse de l'abattement, ou si votre bien se situe sur le littoral, là où la valeur est la plus haute. Le marché toulonnais reste plus abordable que ceux de Nice ou d'Aix, mais le front de mer se négocie bien.
Point de vigilance pour un bien détenu au régime réel : les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value depuis février 2025. Le chiffrage se fait avec un expert-comptable, avant de signer un mandat.
C'est le scénario le plus cohérent avec le profil de Toulon. Ville de résidents et grand bassin d'emploi, elle offre une demande locative annuelle qui se loue vite, en particulier dans le centre et les quartiers péricentraux.
Le rendement est plus modéré mais régulier, l'abattement micro-BIC revient à 50 % en meublé de longue durée, et toutes les contraintes propres au meublé de tourisme disparaissent.
Persister garde du sens au Mourillon, à Cap Brun ou sur le front de mer, où l'occupation estivale est forte. Cela suppose d'obtenir ou de renouveler le classement en étoiles pour retrouver l'abattement de 50 %, ou de passer au régime réel, et de tenir à jour la déclaration et la taxe de séjour, y compris lors de la bascule vers le téléservice national.
Si le bien est votre résidence principale, la location en meublé de tourisme reste possible jusqu'à 120 jours par an, sans autorisation. C'est le compromis le plus simple pour un revenu d'appoint, et celui qui vous expose le moins à une évolution future de la règle locale.
Quatre questions suffisent à situer votre cas. Elles évitent de raisonner sur la rentabilité brute affichée par une plateforme, qui ne dit rien de ce qui reste après impôt.
1. Votre bien est-il votre résidence principale ? Si oui, la limite est de 120 jours par an et le cadre reste léger. Sinon, vous êtes exposé à toute évolution future du régime d'autorisation.
2. Votre meublé est-il classé ? C'est la question la plus rentable du lot. Classé, vous conservez 50 % d'abattement et 77 700 € de plafond. Non classé, vous êtes à 30 % et 15 000 €.
3. Dans quel secteur de Toulon se situe votre bien ? Un studio du Mourillon et un T3 de Sainte-Musse n'ont ni la même valeur au m², ni le même taux d'occupation estival, ni la même demande à l'année. La comparaison courte durée contre longue durée ne donne pas le même résultat d'un quartier à l'autre.
4. Quel horizon de détention visez-vous ? À trois ans, le cadre actuel suffit à raisonner. À dix ans, il faut intégrer qu'une délibération municipale peut instaurer le changement d'usage, et que les abattements de plus-value ne sont acquis qu'à 22 et 30 ans de détention.
Toulon n'a pas fermé la porte du meublé touristique, et rien n'indique qu'elle s'apprête à le faire. Mais en 2026, la variable qui déplace le curseur est fiscale, nationale, et déjà appliquée. C'est sur elle, et sur le secteur de votre bien, que se refait le calcul.
À la date de publication de cet article, aucune délibération instaurant une autorisation de changement d'usage à Toulon n'est publiquement documentée. Les obligations locales tiennent à la déclaration du meublé de tourisme et à la collecte de la taxe de séjour via le portail de la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Le régime d'autorisation existe comme possibilité juridique pour toute commune depuis 2025, mais son activation dépend d'un vote du conseil municipal. En cas de doute, un appel au service urbanisme de la mairie lève l'ambiguïté.
Le numéro d'enregistrement à 13 caractères se généralise partout avec le téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme. L'article L. 324-1-1 du code du tourisme fixait son entrée en vigueur au plus tard au 20 mai 2026, et deux décrets du 19 mars 2026 en ont posé le cadre. Le déploiement complet du portail est annoncé pour le second semestre 2026 : c'est lui qui rendra l'enregistrement obligatoire dans toutes les communes, Toulon comprise.
Une résidence principale, entendue comme le logement occupé au moins huit mois par an, peut être louée en meublé de tourisme dans la limite de 120 jours par an. C'est le plafond légal national. Depuis la loi Le Meur, une commune peut le ramener à 90 jours par délibération motivée en zone tendue.
La fiscalité, pas la règle locale. Pour un meublé non classé, l'abattement du micro-BIC est passé de 50 à 30 % et le plafond de recettes de 77 700 € à 15 000 €, sur les revenus perçus à compter de 2025, en application de la loi Le Meur du 19 novembre 2024. Sur 20 000 € de recettes annuelles en tranche marginale à 30 %, le surcoût d'impôt approche 1 800 € par an.
Toulon est d'abord une ville de résidents : les résidences secondaires n'y représentent qu'environ 3 % du parc, une part faible pour une ville côtière, loin des communes de villégiature du Var. La location courte durée s'y concentre sur quelques secteurs de bord de mer, au premier rang desquels Le Mourillon, et dans le centre ancien rénové, plutôt qu'elle ne se diffuse dans toute la ville.
La demande touristique se concentre sur le littoral sud. Le Mourillon (4 274 €/m²), avec ses plages, est le cœur de la location courte durée toulonnaise, prolongé par Cap Brun (4 568 €/m²) et complété par le centre-ville en requalification (2 840 €/m²). Les quartiers nord et péricentraux, comme Sainte-Musse ou Le Pont du Las, offrent une rentabilité brute supérieure mais une occupation touristique plus incertaine : la location à l'année y est souvent plus sûre.
Oui, mais cette mesure ne vient pas de la loi Le Meur, contrairement à ce qu'on lit souvent. Elle résulte de l'article 84 de la loi de finances pour 2025, du 14 février 2025, qui modifie l'article 150 VB du code général des impôts. Elle s'applique aux cessions réalisées à compter du 16 février 2025. Les abattements pour durée de détention restent acquis : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans.
Cela dépend de votre rentabilité nette après la réforme du micro-BIC et de votre secteur. Sur le front de mer, au Mourillon ou à Cap Brun, la valeur à la revente comme l'occupation estivale restent élevées. Dans les quartiers péricentraux, la demande locative à l'année est souvent plus sûre que la courte durée. Le marché toulonnais s'établit à 2 939 €/m² en moyenne pour un appartement en 2026, plus abordable que Nice.
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