Vannes n'a choisi ni les quotas par secteur de Saint-Malo ni la compensation de La Rochelle : depuis le 1er mai 2024, la ville plafonne le nombre de meublés de tourisme par propriétaire, deux au maximum dans la commune et un seul dans l'intra-muros. Règles, arbitrages et valeur de votre bien.
Illustration : Meublé touristique à Vannes en 2026 : deux maximum par propriétaire, un seul en intra-muros.
À Vannes, la règle des meublés de tourisme ne ressemble ni à celle de Saint-Malo, qui compte les places par secteur, ni à celle de La Rochelle, qui impose de recréer un logement en échange. La ville a choisi une troisième voie, plus simple à énoncer et redoutable pour les investisseurs : elle plafonne le nombre de meublés par propriétaire. Deux au maximum dans la commune, et un seul dans l'intra-muros. Ce régime, entré en vigueur le 1er mai 2024, vise un phénomène très localisé : la concentration des locations courte durée dans le centre historique, alors même que Vannes reste, à l'échelle de la ville, une commune de résidents. Voici ce que cela change pour un propriétaire.
Pas nécessairement, mais la marge de manœuvre s'est resserrée. Si vous détenez déjà un ou deux meublés dans les clous du nouveau plafond, votre situation est sécurisée : conservez et vérifiez votre conformité. Si vous visiez un troisième bien, ou un second dans l'intra-muros, la porte est fermée : l'arbitrage se joue alors entre la location à l'année et la vente. Le point de départ n'est pas votre rendement, c'est le nombre de meublés que vous détenez et leur localisation.
Vannes présente une configuration singulière. C'est une préfecture de 54 000 habitants, une ville qui travaille et qui vit à l'année, où les résidences secondaires restent minoritaires. Mais son cœur, l'intra-muros fortifié et le port, exerce une attractivité touristique forte, et c'est là que la location courte durée s'est concentrée.
La municipalité a fait un choix explicite : ne pas plafonner par secteur comme Saint-Malo, ni exiger une compensation systématique comme La Rochelle, mais limiter le nombre de meublés qu'un même propriétaire peut exploiter. La logique n'est pas de geler un stock global, mais d'empêcher la constitution de portefeuilles de locations courte durée dans le centre.
Conséquence directe pour vous : votre situation dépend moins de la rentabilité de chaque bien que de votre position au regard du plafond. Un premier meublé reste accessible ; l'accumulation, non.
Deux ou trois démarches selon le bien. Déclarer le meublé et obtenir un numéro d'enregistrement, à faire figurer sur toutes vos annonces ; et, si le logement n'est pas votre résidence principale, obtenir une autorisation de changement d'usage. Tout passe par la plateforme www.declaloc.fr. Source : Ville de Vannes, juillet 2026.
Toute location d'un meublé de tourisme suppose une déclaration préalable et l'obtention d'un numéro d'enregistrement, délivré via la plateforme de Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération. Ce numéro doit apparaître sur chacune de vos annonces, plateformes en ligne comprises.
Si le logement est votre résidence principale, vous pouvez le louer jusqu'à 120 nuitées par an sans autorisation de changement d'usage. Au-delà, l'autorisation devient obligatoire. C'est le plafond légal national, que Vannes n'a pas abaissé.
Pour un bien qui n'est pas votre résidence principale, résidence secondaire ou investissement locatif, il faut une autorisation de changement d'usage. La demande se dépose en ligne ; la Ville dispose d'un délai d'instruction d'environ deux mois. C'est à ce stade que s'applique le plafond par propriétaire décrit dans la section suivante.
Le régime vannetais s'inscrit dans une démarche plus large : six communes de Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération (Vannes, Séné, Arradon, Larmor-Baden, Sarzeau et Saint-Gildas-de-Rhuys) ont instauré depuis 2024 un régime d'autorisation de changement d'usage, chacune avec son propre règlement. Un projet dans le golfe suppose donc de vérifier les règles de la commune précise où se situe le bien, et non celles de la ville-centre.
Le règlement vannetais limite à deux meublés de tourisme au maximum par foyer fiscal sur l'ensemble de la commune, dont un seul peut se situer dans l'intra-muros, le centre historique. Le critère retenu est le foyer fiscal, soit une autorisation comptée une seule fois par couple marié ou pacsé. Source : Ville de Vannes, règlement de changement d'usage, 2024.
C'est le cœur du dispositif vannetais, et sa logique diffère de tout ce qu'on observe ailleurs. Saint-Malo raisonne en nombre de places par secteur : quand le quota est atteint, plus personne n'obtient d'autorisation. La Rochelle raisonne en compensation : pour transformer un logement en meublé, il faut en recréer un ailleurs. Vannes, elle, raisonne par propriétaire.
Le message est clair : un particulier peut exploiter un, voire deux meublés, mais pas constituer un portefeuille. Et dans l'intra-muros, le plus recherché, la limite tombe à un seul bien. La règle vise directement les multipropriétaires et les montages destinés à accumuler des locations courte durée dans le centre.
Un plafond par propriétaire produit un effet particulier sur le marché : il n'assèche pas l'offre globale, mais il empêche sa concentration entre quelques mains. Pour un vendeur, cela a une conséquence concrète : un acheteur qui détient déjà un meublé dans l'intra-muros ne pourra pas en acquérir un second dans le même périmètre pour le louer en courte durée. Votre bassin d'acquéreurs « investisseurs courte durée » se restreint donc dans le centre. À l'inverse, un premier meublé reste parfaitement accessible à un nouvel entrant : c'est un argument à faire valoir, à condition d'être exact sur la situation du bien au regard du règlement. Le règlement prévoit par ailleurs des cas de compensation pour certains montages : faites préciser le régime applicable au service instructeur avant de vous engager.
Parce que la pression n'est pas diffuse, elle est concentrée. À l'échelle de la ville, les résidences secondaires ne représentent qu'environ 7 % du parc (INSEE). Mais l'intra-muros en compte près de trois fois plus que la moyenne communale, et concentre environ la moitié des meublés déclarés depuis 2018. C'est ce déséquilibre local, et non une saturation générale, que le règlement cherche à corriger.
C'est ce qui rend le cas vannetais instructif. Contrairement à Saint-Malo (27 % de résidences secondaires) ou aux communes littorales du golfe où elles dépassent parfois 50 %, Vannes reste d'abord une ville de résidents permanents. La régulation n'y répond pas à une pénurie généralisée de logements, mais à un phénomène de concentration dans un périmètre précis, le centre historique.
Les chiffres cadrent le mouvement. Le nombre de meublés de tourisme a progressé d'environ 42 % entre 2021 et 2023, pour approcher 1 700 offres sur le territoire de l'agglomération. Dans le même temps, l'intra-muros, avec ses rues pavées et ses maisons à pans de bois, est devenu le point de fixation de cette activité, au risque d'y raréfier le logement de longue durée.
Le plafond par propriétaire, avec sa limite renforcée à un seul meublé dans l'intra-muros, est la réponse à ce diagnostic : préserver la vie résidentielle du cœur historique sans interdire l'activité sur l'ensemble de la commune.
La fiscalité, surtout. Pour un meublé non classé, l'abattement du micro-BIC est passé de 50 à 30 % et le plafond de recettes de 77 700 € à 15 000 € (loi Le Meur du 19 novembre 2024). S'y ajoute la réintégration des amortissements dans la plus-value de revente, issue de la loi de finances pour 2025.
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a resserré le régime des meublés de tourisme. Un meublé classé conserve un abattement de 50 % et un plafond de 77 700 €. Un meublé non classé tombe à 30 % d'abattement et 15 000 € de plafond.
L'ordre de grandeur est parlant. Sur 20 000 € de recettes annuelles avec un bien non classé, en tranche marginale d'imposition à 30 %, le surcoût d'impôt approche 1 800 € par an par rapport à l'ancien régime. À Vannes, où la saison touristique se concentre sur quelques mois, cela pèse d'autant plus.
Un point est régulièrement attribué à tort à la loi Le Meur : la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value ne vient pas d'elle. Elle résulte de l'article 84 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), qui modifie l'article 150 VB du code général des impôts, et s'applique aux cessions réalisées à compter du 16 février 2025. Les abattements pour durée de détention restent acquis : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans.
La loi Le Meur a créé un téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme, dont l'entrée en vigueur était fixée au plus tard au 20 mai 2026 par l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, précisé par deux décrets du 19 mars 2026 ; son déploiement complet est annoncé pour le second semestre 2026. Trois autres règles issues de la même loi passent souvent inaperçues : un nouveau meublé doit présenter un DPE classé de A à E, le propriétaire en copropriété doit informer le syndic, et une assemblée générale peut désormais interdire la location touristique à la majorité des deux tiers, là où l'unanimité était requise.
Les sanctions méritent d'être citées telles qu'elles figurent au code du tourisme : jusqu'à 10 000 € d'amende administrative pour un défaut d'enregistrement, jusqu'à 20 000 € pour une fausse déclaration ou l'usage d'un faux numéro, et 15 000 € d'amende civile en cas de dépassement du nombre de jours autorisés. Des montants supérieurs circulent sur des sites commerciaux : ils ne correspondent à aucun texte. Deux leviers restent disponibles pour défendre une rentabilité : le classement en étoiles, qui rétablit l'abattement de 50 %, et le passage au régime réel, souvent plus favorable dès qu'un crédit est en cours.
Le prix moyen d'un appartement à Vannes s'établit à 3 938 €/m² en 2026, pour environ 639 transactions par an, en hausse d'environ 11 % sur cinq ans. L'écart intra-communal va de 2 244 €/m² à Ménimur à 4 863 €/m² autour du Port. Source : base DVF, traitement Immover, 2026.
La géographie des prix vannetais tourne autour de l'eau. Le Port (4 863 €/m²), Trussac (4 430 €/m²) et Tohannic (4 319 €/m²) forment le haut du marché, portés par la proximité du golfe et de la plaisance.
L'intra-muros ressort à 4 142 €/m² et le centre-ville à 4 039 €/m² : c'est précisément le périmètre le plus recherché pour la location courte durée, et donc celui que le plafond d'un meublé par propriétaire cible en priorité.
Le versant résidentiel, enfin : Saint-Guen (3 465 €/m²), Kercado (2 992 €/m²) et Ménimur (2 244 €/m²), où la demande à l'année pèse davantage que la demande saisonnière.
Le détail quartier par quartier est sur notre page prix au m² à Vannes. Pour situer votre bien à son adresse plutôt qu'à la moyenne de la commune, notre estimation s'appuie sur les transactions réellement enregistrées.
Quatre voies : conserver et sécuriser vos meublés dans la limite du plafond, basculer en location à l'année, vendre si le règlement bloque votre projet, ou rester sous les 120 nuitées si le bien est votre résidence principale. Le point de départ est le nombre de meublés que vous détenez et leur localisation.
Si vous détenez un ou deux meublés conformes au règlement, avec au plus un dans l'intra-muros, votre priorité est la conformité administrative : numéro d'enregistrement à jour, autorisation de changement d'usage obtenue pour les biens qui ne sont pas votre résidence principale. C'est le scénario le plus favorable, à condition de refaire le calcul de rentabilité nette après la réforme du micro-BIC et, le cas échéant, d'engager un classement en étoiles.
Vannes est une ville d'actifs et d'étudiants, avec une demande locative annuelle réelle. Le rendement est plus modéré mais régulier, l'abattement micro-BIC revient à 50 % en meublé de longue durée, et toutes les contraintes du changement d'usage disparaissent. C'est la voie naturelle pour un bien situé hors intra-muros, à Ménimur, Kercado ou Saint-Guen.
La vente s'impose surtout quand le règlement bloque votre projet : un troisième meublé, ou un second dans l'intra-muros. Le marché vannetais est demandé, à 3 938 €/m² en moyenne et +11 % sur cinq ans, l'un des plus dynamiques de la façade atlantique. Point de vigilance pour un bien détenu au régime réel : les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value depuis février 2025. Le chiffrage se fait avec un expert-comptable, avant de signer un mandat.
Si le bien est votre résidence principale, vous louez jusqu'à 120 nuitées par an sans autorisation de changement d'usage, sur simple déclaration et numéro d'enregistrement. C'est le compromis le plus simple pour un revenu d'appoint, et celui qui vous expose le moins à une évolution du règlement local.
Quatre questions suffisent à situer votre cas. Elles se posent dans l'ordre : le nombre de biens d'abord, la localisation ensuite, la fiscalité enfin.
1. Combien de meublés détenez-vous déjà ? Le plafond est de deux par foyer fiscal sur la commune. Si vous en visez un troisième, la location courte durée n'est pas ouverte : c'est la question éliminatoire.
2. Le bien est-il dans l'intra-muros ? Dans le centre historique, la limite tombe à un seul meublé par propriétaire. Un appel au service instructeur avant un achat évite d'acquérir un bien pour un usage qui ne sera pas autorisé.
3. Votre meublé est-il classé ? Classé, vous conservez 50 % d'abattement et 77 700 € de plafond. Non classé, vous êtes à 30 % et 15 000 €. C'est souvent la démarche la plus rentable du lot.
4. Quel horizon de détention visez-vous ? À court terme, la question est celle de la conformité au plafond. À long terme, il faut intégrer que les abattements de plus-value ne sont acquis qu'à 22 et 30 ans de détention, et que les amortissements sont désormais réintégrés à la revente.
Vannes n'a pas fermé la porte du meublé touristique : elle a fixé un nombre de biens par propriétaire et resserré la vis dans son cœur historique. Pour un propriétaire, la bonne question n'est plus de savoir si l'activité reste possible, mais combien de meublés vous détenez, et où.
Oui, mais dans une limite stricte. Depuis le 1er mai 2024, un propriétaire ne peut détenir que deux meublés de tourisme au maximum par foyer fiscal sur la commune, dont un seul dans l'intra-muros. Au-delà, la location courte durée n'est pas autorisée. Un numéro d'enregistrement et, pour les biens qui ne sont pas la résidence principale, une autorisation de changement d'usage sont obligatoires.
Le règlement vannetais limite à deux meublés de tourisme par foyer fiscal sur l'ensemble de la commune, dont un seul peut se situer dans l'intra-muros, le centre historique. Le critère est le foyer fiscal, soit une autorisation comptée une seule fois par couple marié ou pacsé. C'est la règle qui distingue Vannes des autres villes régulées.
Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif, oui : une autorisation de changement d'usage est obligatoire, en plus du numéro d'enregistrement. Pour une résidence principale louée jusqu'à 120 nuitées par an, une simple déclaration et un numéro d'enregistrement suffisent. Tout passe par la plateforme declaloc.fr.
Parce que la pression est concentrée, pas diffuse. À l'échelle de la ville, les résidences secondaires ne pèsent qu'environ 7 % du parc, mais l'intra-muros en compte près de trois fois plus que la moyenne communale et concentre environ la moitié des meublés déclarés depuis 2018. Le nombre de meublés a bondi d'environ 42 % entre 2021 et 2023.
Surtout la fiscalité. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a ramené le micro-BIC des meublés non classés à 30 % d'abattement et 15 000 € de plafond. L'article 84 de la loi de finances pour 2025 réintègre les amortissements dans la plus-value pour les cessions depuis le 16 février 2025. Un téléservice national d'enregistrement se déploie au second semestre 2026.
Le prix moyen d'un appartement à Vannes s'établit à 3 938 €/m² en 2026, en hausse d'environ 11 % sur cinq ans, l'un des marchés les plus dynamiques de la façade atlantique. Les prix vont d'environ 2 244 €/m² à Ménimur à 4 863 €/m² autour du Port, le centre historique et l'intra-muros se situant autour de 4 000 à 4 150 €/m².
Cela dépend de votre position au regard du plafond. Si vos meublés sont conformes (au plus deux, un seul en intra-muros), vous pouvez conserver en soignant la conformité et le classement. Si le règlement bloque votre projet, l'arbitrage se joue entre la location à l'année, au rendement plus régulier, et la vente, sur un marché demandé à 3 938 €/m².
Non : six communes de Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération (Vannes, Séné, Arradon, Larmor-Baden, Sarzeau, Saint-Gildas-de-Rhuys) régulent depuis 2024, mais chacune avec son propre règlement. Un projet dans le golfe suppose de vérifier les règles de la commune précise où se situe le bien, et non celles de la ville de Vannes.
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