À Cassis, 36,2 % des logements sont des résidences secondaires et toute nouvelle autorisation de meublé de tourisme est soumise à compensation depuis le règlement de juin 2024. Ce qui reste possible, la valeur des autorisations existantes, la surtaxe de 60 %, et un simulateur pour arbitrer entre garder, louer à l'année et vendre.
Illustration : Meublé touristique à Cassis en 2026 : la compensation ferme la porte aux résidences secondaires.
À Cassis, plus d'un logement sur trois est une résidence secondaire : 2 240 sur 6 185, soit 36,2 % du parc (INSEE, recensement 2023). Dans le même temps, la commune a perdu près de 900 habitants en onze ans. La Ville a tiré les conséquences de ce déséquilibre : depuis le règlement adopté en juin 2024, toute nouvelle autorisation de louer un logement en meublé de tourisme est soumise à compensation, sur tout le territoire communal. Pour un propriétaire de résidence secondaire, la location saisonnière n'est donc plus une option ouverte, sauf autorisation déjà détenue. Voici ce que cela change, et comment arbitrer entre garder, louer à l'année et vendre.
Oui pour votre résidence principale, jusqu'à 120 jours par an, sur simple déclaration. Pour une résidence secondaire ou un logement acheté pour être loué, toute nouvelle autorisation est soumise à compensation depuis le règlement de juin 2024, ce qui ferme en pratique la voie à la plupart des projets. Source : Ville de Cassis, septembre 2026.
Louer un logement de façon répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage constitue un changement d'usage : le local passe de l'habitation à une activité assimilée à de l'hébergement. À Cassis, ce changement est soumis à autorisation préalable, et chaque nouvelle autorisation à compensation.
| Situation du logement | Ce qui s'applique à Cassis en 2026 |
|---|---|
| Résidence principale louée ponctuellement | Déclaration préalable sur Declaloc, 120 jours par an au maximum, sans autorisation de changement d'usage |
| Résidence secondaire, nouvelle demande | Autorisation de changement d'usage avec compensation, local compensé situé à Cassis |
| Logement acheté pour être loué, société | Même régime, compensation obligatoire |
| Autorisation délivrée sous le régime antérieur | Renouvellement possible selon les conditions du règlement, refus possible en cas de nuisances avérées et répétées |
| Toute location de meublé de tourisme | Durée minimale de 3 nuits, collecte de la taxe de séjour |
Le cadre diffère de celui de Marseille, où le règlement métropolitain de février 2025 concentre les règles les plus strictes sur le centre et le front de mer. À Cassis, la compensation vaut sur toute la commune, sans zonage. Voir notre article sur le meublé touristique à Marseille.
Compenser, c'est rendre à l'habitation, en même temps, un local qui ne l'était pas : bureau, commerce, local d'activité, situé obligatoirement à Cassis et de surface équivalente. Dans une petite commune où ces locaux sont rares et chers, l'opération coûte en pratique le prix d'un second bien. Source : Ville de Cassis, règlement de changement d'usage de 2024.
La page officielle de la Ville est explicite : toute nouvelle demande de changement d'usage est « soumise à compensation ». Le local compensé doit avoir eu un autre usage au 1er janvier 1970, ou avoir changé de destination depuis, et sa transformation en logement doit intervenir en même temps que l'autorisation.
Sur un marché de 87 ventes d'appartements par an en moyenne, trouver un local commercial ou de bureau à transformer, à un prix compatible avec la rentabilité d'un meublé, relève de l'exception. La compensation ne constitue pas une interdiction formelle, mais elle en a l'effet pour un particulier.
Elles restent valables et peuvent être renouvelées dans les conditions fixées par le règlement de 2024, qui limite le nombre d'autorisations par personne et la durée cumulée pour les sociétés. La Ville peut refuser le renouvellement en cas de nuisances avérées et répétées. Pour un bien qui en bénéficie, l'autorisation est devenue un actif rare.
Avant 2024, les autorisations de changement d'usage étaient régies par une délibération d'octobre 2021, sans compensation. Selon la page officielle de la Ville, une autorisation est délivrée pour trois ans renouvelables, dans la limite d'une autorisation par personne physique, et de neuf ans au total pour une personne morale.
Les conditions de renouvellement dépendent de la date de votre autorisation, du nombre d'autorisations que vous détenez et de votre statut, particulier ou société. La page d'information de la Ville et le règlement lui-même ne se recoupent pas sur tous les points : en cas de doute, c'est le règlement de 2024, disponible sur le site de la Ville et sur Declaloc, qui fait foi. Avant toute vente, faites préciser par écrit si l'autorisation suit le bien ou reste attachée à votre personne.
Ce point pèse directement sur la valeur de revente. Un acquéreur qui achète un appartement sans pouvoir le louer aux touristes n'achète qu'un logement à usage d'habitation, dont la rentabilité locative à l'année est faible au prix cassidain. Un bien qui conserve une autorisation transmissible se négocie sur un autre marché.
Parce que les résidences secondaires et la location saisonnière ont pris le pas sur le logement permanent. Leur part est passée de 30,3 % du parc en 2012 à 36,2 % en 2023, pendant que la population reculait de 7 560 à 6 661 habitants. Source : INSEE, recensements 2012 et 2023.
| Indicateur | Cassis |
|---|---|
| Population municipale (2023) | 6 661 habitants, contre 7 560 en 2012 |
| Logements | 6 185 |
| Résidences principales | 3 543 (57,3 %) |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 2 240 (36,2 %) |
| Logements vacants | 402 (6,5 %) |
| Part d'appartements | 68,7 % |
La Ville avait fait état, en 2023, d'une progression du nombre de meublés de tourisme de 386 en 2009 à environ 1 200 en 2019, selon des chiffres rapportés par la presse régionale. Le décret du 25 août 2023 a classé Cassis parmi les communes touristiques et tendues, ce qui lui a ouvert la surtaxe des résidences secondaires, votée à l'unanimité le 25 septembre 2023 au taux maximal de 60 %.
La pression touristique est aussi celle du Parc national des Calanques, qui accueille plus de trois millions de visites par an et régule désormais l'accès à certains sites en été. Danielle Milon, maire depuis 2008, a été réélue dès le premier tour le 15 mars 2026 avec 53,72 % des voix : la ligne restrictive ne devrait pas changer pendant ce mandat.
À Cassis, la régulation ne vise pas un excès ponctuel, comme dans une grande ville où quelques quartiers saturent. Elle répond à un déséquilibre structurel : une commune de moins de 7 000 habitants où un logement sur trois n'abrite personne à l'année. Dans ce contexte, un assouplissement nous paraît peu probable, et un propriétaire ne devrait pas bâtir son arbitrage sur ce scénario.
Une taxe foncière modérée, 33,24 % de la base plus 14 % de taxe d'ordures ménagères, et une taxe d'habitation alourdie pour les résidences secondaires : 24,62 % de taux global, plus 60 % de majoration sur la part communale depuis 2024. Côté revenus, un meublé de tourisme non classé ne bénéficie plus que d'un abattement de 30 % en micro-BIC. Sources : DGFiP 2025, loi du 19 novembre 2024.
| Poste | Taux ou montant à Cassis |
|---|---|
| Taxe foncière (taux global 2025) | 33,24 %, dont 29,91 % de part communale |
| Taxe d'ordures ménagères | 14 % depuis 2023, contre 9,5 % en 2022 |
| Taxe d'habitation d'une résidence secondaire | 24,62 % de taux global, plus 60 % de la part communale de 11,20 %, soit environ 31,34 % |
| Micro-BIC, meublé de tourisme non classé | abattement de 30 %, recettes plafonnées à 15 000 € |
| Micro-BIC, meublé de tourisme classé | abattement de 50 %, recettes plafonnées à 77 700 € |
| Taxe de séjour, meublé non classé (payée par le voyageur) | 5 % du prix de la nuitée par personne, plus 10 % départemental et 34 % régional |
| Taxe de séjour, meublé classé 3 étoiles | 1,70 € de part communale, 2,45 € avec les taxes additionnelles |
La hausse de la taxe d'ordures ménagères en 2023, de 9,5 % à 14 %, aligne Cassis sur le taux de la plupart des communes de la Métropole. Pour une base de 1 800 €, elle représente environ 80 € de plus par an.
Au-delà du micro-BIC, le régime réel permet de déduire les charges et d'amortir le bien, mais depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. À Cassis, où les prix sont élevés, ce point pèse lourd au moment de vendre.
La réglementation énergétique s'ajoute : depuis le 21 novembre 2024, une nouvelle autorisation de changement d'usage exige un diagnostic de performance énergétique classé de A à E, et à partir de 2034, tous les meublés de tourisme qui ne sont pas une résidence principale devront être classés de A à D.
Renseignez la surface, la base de taxe foncière, le prix par nuit et le nombre de nuits. Le calcul chiffre ce que coûte une résidence secondaire gardée pour soi, surtaxe comprise, ce que rapporte une location à l'année au loyer de marché cassidain, et ce que rapporterait un meublé touristique si vous détenez déjà une autorisation.
Pour un 2 pièces de 40 m² dont la base de taxe foncière serait de 1 800 €, le garder pour soi coûte environ 1 980 € de taxes locales par an, dont 240 € de surtaxe. Loué à l'année, il rapporte environ 8 290 € nets de charges et de taxe foncière. En meublé touristique autorisé à 150 € la nuit, 120 nuits rapportent environ 10 620 € : le point d'équilibre se situe autour de 98 nuits.
Tout dépend de l'autorisation. Sans elle, le choix se réduit à garder le bien, surtaxé, ou à le louer à l'année avec un rendement brut d'environ 3,2 % au prix moyen de 8 014 €/m² en 2026 (traitement Immover, données DVF). Avec un prix en hausse d'environ 8 % sur cinq ans, la vente mérite d'être étudiée sérieusement.
Le tableau ci-dessous situe trois biens types sur le prix moyen de notre traitement des ventes DVF et sur le loyer de la carte des loyers 2025. Les bases d'imposition, 45 € par m², et les prix par nuit sont des hypothèses de travail, à ajuster à votre avis et à votre historique de réservations.
| Bien type | Valeur estimée | Loyer à l'année | Garder pour soi : taxes locales par an | Nuitées pour égaler la location à l'année |
|---|---|---|---|---|
| Studio 25 m² | ~ 200 000 € | ~ 530 €/mois | ~ 1 240 € | ~ 84 à 110 € |
| 2 pièces 40 m² | ~ 321 000 € | ~ 850 €/mois | ~ 1 980 € | ~ 98 à 150 € |
| 3 pièces 65 m² | ~ 521 000 € | ~ 1 375 €/mois | ~ 3 220 € | ~ 109 à 220 € |
Le marché cassidain est étroit, autour de 87 ventes d'appartements par an. Après un creux à 7 050 €/m² en 2023, le prix moyen est remonté à 7 995 €/m² en 2025 puis 8 014 €/m² en 2026 (traitement Immover, données DVF) : quelques ventes suffisent à faire bouger la moyenne, ce qui rend une estimation individuelle indispensable.
Pour le détail du marché local, notre page prix au m² à Cassis présente l'évolution des prix sur cinq ans. Le cas de la voisine, où l'autorisation est temporaire mais sans compensation, est traité dans notre article sur le meublé touristique à La Ciotat.
Oui pour une résidence principale, jusqu'à 120 jours par an, après une déclaration préalable sur la plateforme Declaloc. Pour une résidence secondaire ou un logement acheté pour être loué, toute nouvelle autorisation de changement d'usage est soumise à compensation depuis le règlement approuvé par la Métropole Aix-Marseille-Provence le 26 juin 2024, ce qui ferme en pratique la voie à la plupart des nouveaux projets.
C'est l'obligation de transformer en logement, en même temps que l'autorisation, un local qui avait un autre usage, comme un bureau ou un commerce. Ce local doit se situer à Cassis et avoir une surface et une qualité équivalentes. Dans une petite commune où ces locaux sont rares, l'opération revient en pratique à acquérir un second bien.
Depuis le 22 janvier 2025, toutes les démarches passent exclusivement par la plateforme Declaloc : déclaration préalable, dépôt des justificatifs et, le cas échéant, demande d'autorisation de changement d'usage. La location doit durer au moins trois nuits, et la taxe de séjour doit être collectée auprès des voyageurs.
Elle reste valable et peut être renouvelée dans les conditions fixées par le règlement de 2024, qui limite le nombre d'autorisations par personne physique et la durée cumulée pour les sociétés. La Ville peut refuser le renouvellement en cas de nuisances avérées et répétées. Avant une vente, faites préciser par écrit si l'autorisation suit le bien ou reste attachée à votre personne.
Oui. Depuis 2024, la part communale de la taxe d'habitation des résidences secondaires, de 11,20 %, est majorée de 60 %, le maximum légal, voté à l'unanimité le 25 septembre 2023. Avec les autres parts, le taux effectif atteint environ 31,34 % de la valeur locative. Pour un 2 pièces de 40 m², la surtaxe représente environ 240 euros par an selon nos hypothèses.
Pour un meublé de tourisme non classé, elle est de 5 % du prix de la nuitée par personne, à laquelle s'ajoutent une taxe additionnelle départementale de 10 % et une taxe régionale de 34 %. Pour un meublé classé 3 étoiles, la part communale est de 1,70 euro par nuit et par personne, soit 2,45 euros avec les taxes additionnelles. Elle est payée par le voyageur.
Environ 3,2 % brut au prix moyen. Le loyer d'annonce d'un appartement atteint 21,16 euros par m² et par mois charges comprises (carte des loyers 2025), pour un prix moyen de 8 014 euros par m² en 2026 (traitement Immover, données DVF). Un 2 pièces de 40 m² se loue ainsi environ 850 euros par mois pour une valeur proche de 320 000 euros.
Cela dépend de l'usage que vous en faites et de l'autorisation dont vous disposez. Sans autorisation de meublé de tourisme, le bien ne peut rapporter qu'une location à l'année d'environ 3,2 % brut, ou coûter de 1 200 à 3 200 euros de taxes locales par an s'il reste vide. Le prix moyen, 8 014 euros par m² en 2026, est au plus haut de la série DVF depuis 2021.
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