À Royan, 42,6 % des logements sont des résidences secondaires. Depuis le 1er octobre 2025, toute résidence secondaire louée aux touristes doit obtenir une autorisation de changement d'usage valable trois ans, sans plafond par propriétaire à ce stade. Fiscalité locale, démarches, seuil de rentabilité et arbitrage chiffré entre résidence secondaire, location à l'année et meublé touristique.
Illustration : Meublé touristique à Royan en 2026 : une autorisation pour chaque location, et pas encore de plafond.
À Royan, 42,6 % des logements sont des résidences secondaires, soit 9 347 sur 21 958 selon l'INSEE. Pendant longtemps, la ville s'est contentée de les recenser. Le 8 avril 2025, le conseil municipal a changé de méthode : depuis le 1er octobre 2025, toute résidence secondaire louée aux touristes, ne serait-ce qu'une nuit, doit disposer d'une autorisation de changement d'usage. Royan est la seule commune de l'agglomération Royan Atlantique à l'exiger. Elle n'a pas encore fixé de plafond par propriétaire, mais le débat a eu lieu en séance. Pour un propriétaire, l'arbitrage se joue désormais sur trois terrains : l'autorisation, la fiscalité locale et le nombre de nuits qu'une saison peut réellement remplir.
Oui, sous conditions. Tout meublé doit être enregistré sur la plateforme Déclaloc et afficher son numéro sur chaque annonce. Une résidence principale peut être louée jusqu'à 120 jours par an sans autorisation. Une résidence secondaire exige une autorisation de changement d'usage de la mairie dès la première nuit, valable trois ans. Source : Ville de Royan, règlement adopté le 8 avril 2025.
Le dispositif royannais repose sur deux étages, entrés en vigueur en deux temps : la plateforme a ouvert le 1er juillet 2025, et les obligations sont devenues opposables le 1er octobre 2025.
| Obligation | Résidence principale | Résidence secondaire |
|---|---|---|
| Numéro d'enregistrement (Déclaloc) | oui, depuis le 1er octobre 2025 | oui, depuis le 1er octobre 2025 |
| Durée de location autorisée | 120 jours par an | sans limite légale, une fois autorisé |
| Autorisation de changement d'usage | non, sous 120 jours | oui, dès la première nuitée |
| Durée de l'autorisation | sans objet | trois ans, à renouveler |
| Plafond par propriétaire | sans objet | aucun à ce jour |
| Service instructeur | sans objet | service de l'urbanisme de la Ville |
Les loueurs déjà déclarés en mairie par formulaire Cerfa et inscrits auprès du service de la taxe de séjour de l'office de tourisme communautaire n'ont pas été dispensés : ils devaient eux aussi obtenir leur autorisation avant le 1er octobre 2025. Depuis cette date, un bien sans numéro n'est plus louable.
Le régime s'arrête aux limites communales. À Saint-Georges-de-Didonne, Vaux-sur-Mer ou Saint-Palais-sur-Mer, l'agglomération ne signale aucune autorisation de changement d'usage : seul le régime déclaratif s'y applique (Royan Atlantique, espace prestataires).
Une autorisation municipale ne lève pas les interdictions de droit privé. Un règlement de copropriété à clause d'habitation bourgeoise stricte peut interdire la location de courte durée, et depuis la loi Le Meur, une assemblée générale peut l'interdire à la majorité des deux tiers dans les immeubles dont le règlement exclut déjà l'activité commerciale. Dans les immeubles de la Reconstruction du centre-ville, ce point se vérifie avant tout achat.
Pour ramener des logements vers la location à l'année. Le maire, Patrick Marengo, a rappelé en séance que sur les 10 000 emplois de Royan, 5 000 seulement sont occupés par des Royannais, faute de logements accessibles. La commune compte plus de résidences secondaires que de logements loués. Source : procès-verbal du conseil municipal du 8 avril 2025.
Le parc royannais est atypique, même pour une station balnéaire. La résidence secondaire y pèse presque autant que la résidence principale, et la vacance y est faible.
| Catégorie | Nombre | Part du parc |
|---|---|---|
| Résidences principales | 11 916 | 54,3 % |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 9 347 | 42,6 % |
| Logements vacants | 694 | 3,2 % |
| Dont résidences principales louées | 5 057 | 42,4 % des résidences principales |
| Total | 21 958 | 100 % |
Avec 3,2 % de logements vacants, Royan n'a pas de réserve à remobiliser, contrairement à des villes où la vacance dépasse 8 %. Le seul gisement de logements à l'année est la résidence secondaire, et c'est elle que vise la délibération (INSEE, recensement 2023).
Le maire a aussi écarté le permis de louer, réclamé par l'opposition, en rappelant que la compétence habitat appartient à l'agglomération et que le centre-ville, détruit à 85 % en 1945 puis reconstruit d'un bloc, ne présente pas de poches d'insalubrité comparables à Saintes ou Cognac. L'effort municipal porte donc sur la location saisonnière.
La commune dispose par ailleurs d'un droit de préemption et est classée en zone tendue, ce qui lui a permis de majorer la taxe d'habitation des résidences secondaires (voir plus bas).
C'est possible, mais rien n'est voté. En séance, un élu a proposé de limiter les autorisations à une, deux ou trois par personne, comme à Saint-Malo ou La Rochelle. La majorité a répondu vouloir « d'abord savoir » combien de meublés existent avant de fixer une limite. Le règlement actuel ne prévoit ni plafond ni compensation.
Le débat du 8 avril 2025 a été vif et révèle les deux options sur la table.
Le maire a conclu que la ville avançait « à pas raisonnables, mesurés », en se réservant d'aller plus loin après évaluation. Patrick Marengo a été réélu en mars 2026, sa liste obtenant 48,86 % des voix au second tour (ministère de l'Intérieur) : la ligne municipale devrait rester la même, mais la question du plafond reste ouverte.
Les premières autorisations ont été demandées à partir de juillet 2025, pour trois ans. Elles arriveront à échéance à partir de l'été 2028. Une nouvelle demande sera alors nécessaire, et un élu l'a dit en séance : un loueur à l'origine de nuisances risque un refus. Si un plafond est adopté d'ici là, c'est au renouvellement qu'il pourrait peser. Un propriétaire qui achète aujourd'hui pour louer ne doit pas raisonner sur plus de trois ans de visibilité.
Pour comparer avec deux régimes plus stricts, voir nos articles sur le meublé touristique à La Rochelle et le meublé touristique à Saint-Malo.
Environ 1 130 € par an pour un T2 dont la base de taxe foncière serait de 1 100 € : 720 € de taxe foncière et d'ordures ménagères, et 407 € de taxe d'habitation majorée. Le taux communal de foncier bâti, 53,36 %, est inchangé depuis 2016, mais la majoration de 60 % s'applique depuis 2024. Source : DGFiP, taux constatés 2025.
Royan applique l'un des taux de foncier bâti les plus élevés de Charente-Maritime, au 8e rang sur 462 communes, contre une médiane départementale de 38,84 %. Le conseil municipal a reconduit ses taux à l'unanimité le 8 avril 2025.
| Imposition | Taux 2025 | Évolution |
|---|---|---|
| Foncier bâti, part communale (dont 21,50 % d'ex-part départementale) | 53,36 % | inchangé depuis 2016 |
| Foncier bâti, part intercommunale et taxes additionnelles | 2,29 % | part intercommunale de 0,90 % à 1,44 % en 2024 |
| Foncier bâti, taux global | 55,65 % | 54,52 % en 2021 |
| TEOM (ordures ménagères) | 9,82 % | 8,74 % en 2021 |
| Taxe d'habitation, part communale | 11,56 % | inchangé depuis 2016 |
| Majoration résidences secondaires | +60 % | instituée à partir de 2024 |
Le maire a souligné en séance que le cumul taxe foncière et taxe d'habitation de Royan, 64,92 %, reste inférieur à ceux de Rochefort (69,31 %), de La Rochelle (73,77 %) et de Saintes (74,30 %). Pour une résidence principale, c'est exact. Pour une résidence secondaire, la majoration change la donne.
La majoration n'est possible que dans les communes classées en zone tendue. Royan l'est depuis l'extension de la liste par le décret du 25 août 2023, qui a ouvert cette faculté à plus de 2 000 communes. Elle l'a immédiatement utilisée au taux maximal.
Enregistrement sur Déclaloc, autorisation de changement d'usage pour une résidence secondaire, collecte de la taxe de séjour pour l'agglomération. Un meublé non classé paie 5 % du prix de la nuit par occupant, plafonné à 4,14 €, majoré de 10 % pour le Département. L'abattement micro-BIC est de 30 % pour un meublé non classé, 50 % pour un meublé classé.
La chaîne administrative compte quatre étapes, dont deux propres à Royan.
| Situation | Sanction encourue |
|---|---|
| Location sans numéro d'enregistrement | amende civile jusqu'à 10 000 € |
| Fausse déclaration ou faux numéro | amende civile jusqu'à 20 000 € |
| Changement d'usage sans autorisation | amende civile jusqu'à 50 000 € par local |
| Défaut de paiement de la taxe de séjour | amende jusqu'à 2 500 € |
Pour une nuit à 80 € pour deux personnes dans un meublé non classé, la taxe de séjour s'élève à 2,00 € par personne, plus 0,20 € de taxe additionnelle départementale, soit environ 4,40 € par nuit, à la charge du voyageur (tarifs applicables au 1er janvier 2026, Royan Atlantique).
Côté impôt sur le revenu, la loi Le Meur du 19 novembre 2024 a ramené l'abattement micro-BIC d'un meublé non classé à 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes, et celui d'un meublé classé à 50 % dans la limite de 77 700 €. Un nouveau meublé soumis à autorisation doit en outre présenter un diagnostic de performance énergétique classé de A à E. Le classement en étoiles, qui fait basculer la taxe de séjour sur un tarif fixe, devient donc un levier fiscal à part entière.
Renseignez la base de taxe foncière de votre avis, le loyer à l'année envisageable, le prix de la nuit et le nombre de nuits vendues. Le calcul compare trois usages : garder le logement pour vous, le louer à l'année ou le louer en meublé touristique, fiscalité locale royannaise comprise, et donne le nombre de nuits qui égalise les deux locations.
Avec une base de 1 100 €, un loyer de 751 € et 90 nuits vendues à 80 €, le meublé touristique rapporte environ 3 913 € après charges et impôts locaux, contre 8 292 € en location à l'année. Gardé pour soi sans être loué, le même logement coûte environ 1 127 € par an.
Non. Un T2 de 45 m² se loue environ 751 € par mois à l'année, soit 9 012 € par an. Loué 80 € la nuit avec 30 % de charges, il doit vendre environ 168 nuitées pour faire aussi bien, taxe d'habitation majorée comprise. Même complet en juillet et en août, il n'en réalise que 62.
Royan a un atout sur beaucoup de stations : une saison plus étirée, portée par les séjours de printemps et d'arrière-saison et par une population âgée, 49,1 % des habitants ayant 65 ans ou plus (INSEE, 2023), qui attire familles et visiteurs hors des vacances scolaires. Cela ne suffit pas à combler l'écart avec une location à l'année.
| Hypothèse pour un T2 de 45 m² | Valeur |
|---|---|
| Loyer d'annonce d'un 1 ou 2 pièces | 16,68 €/m² par mois (carte des loyers 2025) |
| Revenu annuel en location à l'année | 9 012 € |
| Prix de nuitée retenu | 80 € (hypothèse, à ajuster) |
| Recette nette par nuitée, 30 % de charges | 56 € |
| Nuitées nécessaires pour égaler l'année | 168, soit 46 % d'occupation |
| Recette nette de 62 nuits en juillet et août | 3 472 €, soit 39 % du revenu à l'année |
Le rapport s'inverse pour les grands logements. Le loyer d'annonce d'un 3 pièces ou plus tombe à 12,79 €/m², et celui d'une maison à 11,22 €/m². Une villa de Pontaillac ou du Parc louée à la semaine en été peut atteindre son seuil bien plus vite qu'un T2 du centre, parce que le loyer à l'année qu'elle sacrifie est proportionnellement plus faible.
Le calcul ne condamne donc pas le meublé touristique. Il en fixe les conditions : un bien familial bien placé près des conches, géré en direct, loué au-delà de l'été. Un studio standard confié à une conciergerie qui prélève 20 % des recettes en est loin.
Tout dépend de l'usage que vous faites du logement et de son type. Le prix moyen à Royan s'établit autour de 4 072 €/m² en 2026, en hausse d'environ 11 % sur cinq ans, avec près de 366 ventes d'appartements par an. Il reste sous le pic de 4 302 €/m² atteint en 2023 (traitement Immover, données DVF).
Quatre situations se dégagent.
La valeur dépend surtout du secteur. Le prix moyen mêle les immeubles de la Reconstruction du centre, les villas balnéaires de Pontaillac et du Parc, le front de mer de Foncillon et les secteurs pavillonnaires de Vallières et du Chay, plus éloignés des plages. Le prix médian, 3 911 €/m², rappelle qu'une poignée de biens d'exception tire la moyenne vers le haut. Une estimation à l'adresse reste le point de départ de tout arbitrage :
Pour le détail du marché local, notre page prix au m² à Royan présente l'évolution des prix et les caractéristiques de chaque secteur. Pour un marché voisin plus encadré, voir aussi les prix au m² à La Rochelle.
Oui, sous conditions. Depuis le 1er octobre 2025, tout meublé de tourisme doit être enregistré sur la plateforme Déclaloc de la Ville et afficher son numéro sur ses annonces. Une résidence principale peut être louée jusqu'à 120 jours par an sans autorisation. Une résidence secondaire exige une autorisation de changement d'usage délivrée par la mairie dès la première nuitée, valable trois ans.
Il n'existe aucun plafond à ce jour. Le règlement adopté par le conseil municipal le 8 avril 2025 ne limite ni le nombre d'autorisations par propriétaire, ni le nombre total de meublés sur la commune, et n'impose pas de compensation. Un élu a proposé en séance de limiter à une, deux ou trois autorisations par personne ; la majorité a préféré évaluer d'abord le nombre de meublés avant de décider.
Non. Au sein de la communauté d'agglomération Royan Atlantique, seule la commune de Royan exige une autorisation de changement d'usage. À Saint-Georges-de-Didonne, Vaux-sur-Mer ou Saint-Palais-sur-Mer, seul le régime déclaratif s'applique. L'autorisation relève de chaque conseil municipal, ce qui explique ces écarts entre communes voisines.
Louer une résidence secondaire sans autorisation de changement d'usage expose à une amende civile pouvant atteindre 50 000 euros par local, selon le code de la construction et de l'habitation. Louer sans numéro d'enregistrement expose à une amende jusqu'à 10 000 euros, et une fausse déclaration jusqu'à 20 000 euros, depuis la loi Le Meur. Le défaut de paiement de la taxe de séjour est puni d'une amende jusqu'à 2 500 euros.
Oui. Royan, classée en zone tendue, majore de 60 % la taxe d'habitation des résidences secondaires depuis 2024, le maximum légal, sur un taux communal de 11,56 %. S'y ajoute la taxe foncière, dont le taux global atteint 55,65 %, plus 9,82 % de taxe d'ordures ménagères. Pour un T2 dont la base de taxe foncière serait de 1 100 euros, la facture annuelle avoisine 1 130 euros.
Environ 168 nuitées pour un T2 de 45 m² loué 80 euros la nuit. Le loyer d'annonce d'un appartement d'une ou deux pièces s'établit à 16,68 €/m² par mois à Royan, soit 751 euros par mois et 9 012 euros par an (carte des loyers 2025). Avec 30 % de charges et la taxe d'habitation majorée, il faut 168 nuits, soit 46 % d'occupation. Juillet et août n'en offrent que 62.
Pour un meublé non classé, 5 % du prix hors taxe de la nuit par occupant, plafonné à 4,14 euros, majoré de 10 % au titre de la taxe additionnelle de la Charente-Maritime (tarifs de Royan Atlantique au 1er janvier 2026). Pour une nuit à 80 euros pour deux personnes, cela représente environ 4,40 euros par nuit, à la charge du voyageur. Les meublés classés appliquent un tarif fixe.
Cela dépend de l'usage que vous en faites. Occupée quelques semaines par an, elle coûte un peu plus de 1 100 euros d'impôts locaux pour un T2. Louée à l'année, elle rapporte davantage et la taxe d'habitation passe au locataire. Le marché royannais s'établit autour de 4 072 €/m² en 2026, en hausse d'environ 11 % sur cinq ans mais sous son pic de 2023 (traitement Immover, données DVF).
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