À Draguignan, ni quota ni changement d'usage : une simple déclaration en mairie suffit. Le vrai arbitrage de 2026 est fiscal. Ce que la loi Le Meur impose, les trois clientèles réelles de l'intérieur du Var, et pourquoi le classement en étoiles agit à la fois sur le micro-BIC et sur la taxe de séjour.
Illustration : Meublé touristique à Draguignan en 2026 : pourquoi le classement change tout.
Quand on parle de meublé touristique dans le Var, on pense à Saint-Tropez, à Fréjus ou au littoral de la rade. Draguignan n'est rien de tout cela. Sous-préfecture de l'intérieur, porte d'entrée des gorges du Verdon, ville de garnison, elle compte 643 résidences secondaires sur 21 898 logements, soit 2,9 % de son parc, et 2 911 logements vacants, soit 13,3 % (INSEE, recensement 2022). Autrement dit : le meublé touristique n'y prend le logement de personne. C'est ce qui explique un cadre réglementaire resté minimal, et c'est ce qui déplace la vraie question de 2026 vers un tout autre terrain, celui de la rentabilité nette et du classement en étoiles.
Oui, à condition de traiter le sujet comme un dossier fiscal et non comme un dossier réglementaire. À Draguignan, rien n'interdit ni ne contingente la location meublée touristique : une déclaration en mairie suffit. Le vrai arbitrage de 2026 porte sur le régime d'imposition : depuis les revenus 2025, un meublé non classé ne bénéficie plus que d'un abattement micro-BIC de 30 % plafonné à 15 000 € de recettes, contre 50 % et 77 700 € pour un meublé classé.
Trois éléments cadrent la décision, et ils ne pèsent pas du même poids qu'ailleurs dans le Var.
La réglementation d'abord. Draguignan n'a pas instauré de quota d'autorisations, ni de régime de changement d'usage, ni d'obligation de compensation. Les villes qui l'ont fait, comme Marseille ou Nice, l'ont fait parce que le meublé touristique y retire des logements au marché résidentiel. À Draguignan, ce diagnostic ne tient pas : 2,9 % de résidences secondaires et 13,3 % de logements vacants décrivent une ville qui a du logement disponible, pas une ville en pénurie.
La fiscalité ensuite. C'est là que tout s'est déplacé. La loi Le Meur a rapproché la fiscalité du meublé touristique de celle de la location nue, et la pénalisation frappe précisément les biens non classés, c'est-à-dire la majorité des annonces particulières.
La demande enfin. Elle est réelle mais elle n'est ni saisonnière au sens balnéaire, ni portée par le week-end. Elle est faite de séjours de passage vers le Verdon, de séjours professionnels et de séjours liés à la garnison. Cela change le type de bien qui fonctionne et le calendrier de remplissage.
La loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, généralise l'enregistrement obligatoire de tout meublé de tourisme via un téléservice national unique, au plus tard le 20 mai 2026. Elle impose aussi un diagnostic de performance énergétique compris entre A et E, seuil qui passera à A-D en 2034, et elle a réduit l'avantage fiscal du micro-BIC pour les meublés non classés. Sources : Légifrance et service-public.gouv.fr, à jour en août 2026.
Jusqu'ici, chaque commune gérait son propre téléservice, quand elle en avait un. À compter du 20 mai 2026 au plus tard, la déclaration passe par un portail national unique et délivre un numéro d'enregistrement à treize caractères, qui doit figurer sur toutes vos annonces, plateformes comprises.
L'absence de déclaration expose à une amende civile pouvant atteindre 5 000 € par logement. Pour un propriétaire dracénois déjà déclaré en mairie, la démarche sera une régularisation administrative, pas une remise en cause de l'activité.
Un meublé de tourisme situé en France métropolitaine doit présenter un DPE classé entre A et E. Le seuil se durcira à A-D en 2034. C'est un point à vérifier sérieusement à Draguignan, où le parc du centre ancien est majoritairement composé d'immeubles anciens rarement rénovés.
C'est le changement qui pèse le plus sur la rentabilité. Depuis les revenus perçus en 2025, l'abattement forfaitaire du régime micro-BIC est tombé de 50 % à 30 % pour les meublés de tourisme non classés, avec un plafond de recettes ramené de 77 700 € à 15 000 €. Pour les meublés classés en étoiles, l'abattement reste à 50 % avec un plafond de 77 700 €.
| Régime micro-BIC (revenus 2025 et suivants) | Abattement | Plafond de recettes |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
Le plafond compte autant que le taux. Au-delà de 15 000 € de recettes annuelles, un meublé non classé bascule obligatoirement au régime réel. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle : le réel permet de déduire les charges effectives et d'amortir le bien, ce qui est souvent plus favorable qu'un abattement de 30 %. Mais cela suppose une comptabilité, donc un coût de gestion, et une décision prise avec un professionnel. Sources : loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024, service-public.gouv.fr.
La déclaration en mairie est obligatoire et se fait en ligne sur la plateforme declaloc. La ville n'a instauré ni quota, ni régime d'autorisation de changement d'usage, ni obligation de compensation. La location d'une résidence principale reste plafonnée à 120 jours par an au niveau national, seuil que la commune peut abaisser à 90 jours mais ne l'a pas fait. Source : ville de Draguignan, service des affaires générales, page « Meublés de tourisme », consultée en août 2026.
Pour qu'un logement soit qualifié de meublé de tourisme, trois conditions doivent être réunies : le logement est à l'usage exclusif du locataire, le propriétaire n'étant pas présent ; les locataires n'y prennent pas domicile, il s'agit d'une clientèle de passage ; et la durée de location au même locataire ne dépasse pas 90 jours consécutifs. Le logement doit être équipé au minimum de meubles, d'une literie, de plaques de cuisson ou d'une gazinière, d'un réfrigérateur et d'ustensiles de cuisine.
| Contrainte locale | Draguignan | Villes du littoral varois régulées |
|---|---|---|
| Déclaration en mairie | obligatoire (declaloc) | obligatoire |
| Quota d'autorisations | aucun | fréquent |
| Changement d'usage | non instauré | souvent exigé |
| Compensation | non exigée | exigée dans les zones tendues |
| Plafond résidence principale | 120 jours (seuil national) | parfois abaissé à 90 jours |
Cette souplesse n'est pas un oubli, c'est la conséquence logique d'un diagnostic. Un règlement de changement d'usage sert à protéger le logement des habitants dans un marché sous tension. À Draguignan, le déséquilibre est inverse : le centre ancien concentre une vacance élevée et le parc de résidences secondaires est marginal. Réguler durement le meublé touristique n'y libérerait aucun logement. Ce constat vaut aussi avertissement pour le propriétaire : si le cadre est léger, c'est parce que la demande touristique n'est pas assez forte pour créer une pénurie. On ne peut pas se réjouir de l'absence de contrainte et attendre en même temps des taux d'occupation de station balnéaire.
Deux réserves. D'abord, un règlement de copropriété peut interdire ou restreindre la location de courte durée, et la loi Le Meur a renforcé cette possibilité : à vérifier avant tout engagement. Ensuite, le cadre communal peut évoluer par simple délibération. La ville applique déjà, sur un autre terrain, une majoration de 50 % de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, détaillée dans notre analyse de la taxe foncière à Draguignan : la commune n'est pas indifférente aux leviers fiscaux dont elle dispose.
Trois clientèles distinctes, aucune n'étant balnéaire. Le transit vers le Verdon l'été, Draguignan étant la porte d'entrée des gorges et le centre des 23 communes de la Dracénie. Les séjours liés aux écoles militaires, qui accueillent 1 500 à 2 000 stagiaires par an à proximité du camp de Canjuers. Les déplacements professionnels et administratifs, liés au statut de sous-préfecture et au tribunal.
Cette composition change tout dans le choix du bien et du modèle d'exploitation.
Draguignan est présentée par l'office de tourisme intercommunal comme la porte d'entrée du Verdon, au centre d'un territoire de 23 communes. La clientèle correspondante réserve des nuitées courtes, souvent une à trois nuits, en route vers les gorges ou le lac de Sainte-Croix. Elle est concentrée sur la haute saison et sensible au prix. Un studio ou un deux pièces bien situé et facile d'accès en voiture répond à ce besoin.
C'est la spécificité dracénoise, et elle est régulièrement sous-estimée par les propriétaires. Les écoles militaires de Draguignan regroupent depuis le 1er août 2010 l'école d'artillerie et l'école d'infanterie sur un même site de 60 hectares, adossé au camp de Canjuers, le plus vaste camp de tir d'Europe occidentale avec ses 35 000 hectares. Elles accueillent entre 1 500 et 2 000 stagiaires chaque année. Source : ministère des Armées, présentation des écoles militaires de Draguignan.
Cette population génère une demande de séjours de plusieurs semaines, répartie sur toute l'année plutôt que concentrée en juillet et août. Pour un propriétaire, c'est un modèle de moyenne durée : moins de rotations, moins de ménages, un calendrier plus prévisible, une saisonnalité lissée.
Sous-préfecture du Var, siège d'un tribunal judiciaire et d'un tissu administratif et médical, Draguignan reçoit des séjours de semaine liés à des missions, des chantiers, des mutations et des périodes d'essai. Ce flux est régulier, peu visible et peu concurrentiel, et il valorise les biens proches du centre et du stationnement.
Une donnée à garder en tête pour calibrer vos attentes : avec 643 résidences secondaires sur 21 898 logements, Draguignan n'est pas un marché de villégiature (INSEE, recensement 2022). Le prix moyen de l'appartement s'y établit à 2 190 €/m² en 2026 (données DVF traitées par Immover, transactions 2024-2025), avec un écart net entre La Foux, à 2 910 €/m², et le Centre Ancien, à 1 732 €/m². Un ticket d'entrée modéré rend la rentabilité brute plus facile à atteindre qu'en zone littorale, à condition que le taux d'occupation suive.
Parce qu'il agit à la fois sur l'impôt sur le revenu et sur la taxe de séjour. Côté impôt, il préserve l'abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 %. Côté taxe de séjour, la Dracénie Provence Verdon applique un régime au réel : un meublé classé relève d'un tarif fixe par personne et par nuitée, tandis qu'un meublé non classé se voit appliquer un taux proportionnel au prix de la nuitée. Source : plateforme de télédéclaration de la taxe de séjour de Dracénie Provence Verdon agglomération, consultée en août 2026.
Le second effet est le plus mal connu, et il devient significatif sur les nuitées à prix élevé. Sur un tarif fixe, un propriétaire sait exactement ce qu'il collecte par personne et par nuit, quel que soit le prix pratiqué. Sur un taux proportionnel, la taxe suit le prix : plus la nuitée est chère, plus la collecte augmente, jusqu'au plafond réglementaire.
À cela s'ajoutent deux majorations qui s'appliquent au territoire : une taxe additionnelle départementale de 10 % au profit du conseil départemental du Var, et une taxe additionnelle régionale de 34 % au profit de la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur, en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Elles s'ajoutent au tarif de base et sont donc supportées par le voyageur, mais elles renchérissent le prix total affiché de votre annonce.
| Effet du classement en étoiles | Meublé non classé | Meublé classé |
|---|---|---|
| Abattement micro-BIC | 30 % | 50 % |
| Plafond de recettes micro-BIC | 15 000 € | 77 700 € |
| Taxe de séjour en Dracénie | taux proportionnel au prix de la nuitée | tarif fixe par personne et par nuitée |
| Lisibilité pour le voyageur | aucune référence officielle | niveau de confort certifié |
Les obligations déclaratives sont les mêmes dans les deux cas : en Dracénie, la déclaration de la taxe de séjour est mensuelle, avant le 15 du mois suivant, avec des reversements aux échéances du 31 mai, du 30 septembre et du 31 janvier. Les tarifs doivent être affichés dans le logement et détaillés séparément sur la facture du client.
Quatre questions permettent de positionner votre bien. Elles évitent de raisonner à partir de la seule rentabilité brute affichée par une conciergerie, qui ignore la fiscalité 2026 et le taux d'occupation réel d'un marché de l'intérieur.
1. Vos recettes dépassent-elles 15 000 € par an ? Si oui et que le bien n'est pas classé, vous relevez obligatoirement du régime réel. Faites alors chiffrer les deux options par un professionnel : le réel avec amortissement est souvent plus favorable qu'un abattement de 30 %, mais il implique une comptabilité.
2. Le classement en étoiles est-il atteignable ? C'est la question la plus rentable à se poser en 2026. Vingt points d'abattement supplémentaires, un plafond multiplié par cinq et le passage à un tarif fixe de taxe de séjour : pour un bien déjà correctement équipé, le retour sur le coût de la visite de classement est rapide.
3. Votre bien correspond-il à une des trois clientèles locales ? Proximité du centre, stationnement, accès facile en voiture, capacité d'accueil pour des séjours de plusieurs semaines : ces critères comptent davantage à Draguignan qu'une décoration soignée pour le week-end. Un bien excentré, sans stationnement et énergivore cumule les handicaps.
4. Votre DPE est-il conforme ? Un classement F ou G ferme la porte du meublé de tourisme, et le seuil se durcira à A-D en 2034. Dans le centre ancien dracénois, cette vérification doit précéder toute autre décision : elle peut à elle seule orienter vers la rénovation, la location longue durée ou la vente.
Si l'arbitrage penche vers la vente, le point de départ est une estimation calibrée sur les transactions réelles de votre secteur, et non sur un prix d'annonce. Vous pouvez l'obtenir gratuitement ci-dessous.
Une précision fiscale utile avant de vendre : pour un bien exploité en meublé au régime réel, les amortissements pratiqués sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, ce qui alourdit la base imposable. Ce paramètre s'anticipe avec un conseil fiscal, il ne se découvre pas chez le notaire.
L'année 2026 ne ferme aucune porte à Draguignan. Elle demande simplement de choisir un modèle en connaissance de cause, dans une ville où la contrainte n'est pas réglementaire mais économique. Pour situer votre bien, consultez nos prix au m² à Draguignan, quartier par quartier.
Oui, la déclaration en mairie est obligatoire et se fait en ligne sur la plateforme declaloc. La ville n'a instauré ni quota d'autorisations, ni régime d'autorisation de changement d'usage, ni obligation de compensation : la déclaration suffit à mettre un logement en location meublée touristique. Au plus tard le 20 mai 2026, cette déclaration basculera sur un téléservice national unique qui délivrera un numéro d'enregistrement à faire figurer sur toutes vos annonces.
Non. Draguignan n'applique aucun quota et n'a pas abaissé à 90 jours le plafond de location d'une résidence principale, qui reste au seuil national de 120 jours par an. La limite de 90 jours qui s'applique à Draguignan est d'une autre nature : c'est la durée maximale de location au même locataire, au-delà de laquelle le séjour n'est plus considéré comme touristique.
Depuis les revenus perçus en 2025, l'abattement du régime micro-BIC est de 30 % pour un meublé de tourisme non classé, avec un plafond de recettes de 15 000 € par an. Pour un meublé classé en étoiles, l'abattement reste à 50 % avec un plafond de 77 700 €. Au-delà du plafond applicable, le régime réel devient obligatoire : il permet de déduire les charges réelles et d'amortir le bien, mais impose une comptabilité (loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024, service-public.gouv.fr).
Parce que le classement agit deux fois. Il maintient l'abattement micro-BIC à 50 % au lieu de 30 % et multiplie le plafond de recettes par cinq. Il change aussi le mode de calcul de la taxe de séjour : la Dracénie Provence Verdon applique un régime au réel dans lequel un hébergement classé relève d'un tarif fixe par personne et par nuitée, quand un hébergement non classé se voit appliquer un taux proportionnel au prix de la nuitée. Pour un bien déjà bien équipé, le coût de la visite de classement est amorti rapidement.
Draguignan relève de la taxe de séjour de Dracénie Provence Verdon agglomération, perçue au réel sur les 23 communes du territoire. Le tarif est fixe pour les hébergements classés selon leur nombre d'étoiles, et proportionnel au prix de la nuitée pour les hébergements non classés. S'y ajoutent une taxe additionnelle départementale de 10 % au profit du Var et une taxe additionnelle régionale de 34 % au profit de la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur, en vigueur depuis le 1er janvier 2023. La déclaration est mensuelle, avant le 15 du mois suivant.
Trois clientèles, dont aucune n'est balnéaire. Le transit vers les gorges du Verdon en haute saison, Draguignan étant la porte d'entrée du Verdon au centre des 23 communes de la Dracénie. Les séjours liés aux écoles militaires de Draguignan, qui accueillent 1 500 à 2 000 stagiaires par an à proximité du camp de Canjuers (ministère des Armées). Et les déplacements professionnels et administratifs liés au statut de sous-préfecture. Ces deux dernières clientèles génèrent des séjours de plusieurs semaines, étalés sur l'année.
Oui. Un meublé de tourisme situé en France métropolitaine doit présenter un diagnostic de performance énergétique classé entre A et E, seuil qui se durcira à A-D en 2034 (service-public.gouv.fr). C'est un point à vérifier en priorité dans le centre ancien de Draguignan, dont le parc est majoritairement composé d'immeubles anciens rarement rénovés. Un classement F ou G ferme la porte de la location meublée touristique.
La vente se justifie si le bien ne correspond à aucune des trois clientèles locales, si son DPE est trop faible pour être régularisé à un coût raisonnable, ou si la rentabilité nette après la réforme fiscale passe sous celle d'une location longue durée. Le marché dracénois se situe autour de 2 190 €/m² pour un appartement en 2026 (données DVF traitées par Immover), avec un écart marqué entre La Foux et le Centre Ancien. Attention à un paramètre souvent découvert trop tard : pour un bien exploité au régime réel, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
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