Le 30 avril 2026, le conseil municipal de Bastia a voté une hausse de 13,67 % du taux de taxe foncière, porté de 36,58 % à 41,58 %. Premier acte budgétaire du nouveau maire Gilles Simeoni, et première hausse depuis 2009. Dans une ville où six habitants sur dix sont locataires, la facture se concentre sur une base étroite. Montants par profil et simulateur du surcoût.
Illustration : Taxe foncière à Bastia en 2026 : la première hausse depuis 2009.
À Bastia, le taux de taxe foncière n'avait pas bougé depuis 2009. Il vient de bouger. Le 30 avril 2026, le conseil municipal a voté un budget de 114 millions d'euros assorti d'une hausse de 13,67 % du taux communal, porté de 36,58 % à 41,58 %. C'est le premier acte budgétaire de Gilles Simeoni, élu maire un mois plus tôt. La particularité bastiaise n'est pas seulement l'ampleur de la hausse : c'est le nombre de personnes qui vont la payer. Dans une ville où six habitants sur dix sont locataires, et où le désordre foncier corse laisse encore des biens sans propriétaire identifié, la facture se concentre sur une base étroite. Voici ce que cela représente, profil par profil.
Le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties à Bastia est de 41,58 % en 2026, contre 36,58 % de 2009 à 2025. La hausse, de 13,67 %, a été votée avec le budget primitif le 30 avril 2026. Source : délibération budgétaire de la ville de Bastia, avril 2026 ; taux de fiscalité directe locale, DGFiP.
Votre avis de taxe foncière n'affiche pas un chiffre unique. Il empile plusieurs lignes votées par des collectivités différentes, toutes calculées sur la même base d'imposition. À Bastia, c'est la part communale qui pèse l'essentiel de la note.
| Ligne d'imposition | Taux 2026 | Évolution |
|---|---|---|
| Taxe foncière bâti, part communale | 41,58 % | +13,67 % (36,58 % jusqu'en 2025) |
| Taxe foncière non bâti, part communale | 63,03 % | inchangé |
| Taxe d'habitation (résidences secondaires) | 20,54 % | inchangé |
| Majoration sur les résidences secondaires | 50 % | inchangé |
Seule la taxe foncière bâtie augmente. Les autres taux votés par la commune restent au niveau de 2025. Autrement dit, la ville a choisi d'actionner un seul levier, celui qui rapporte le plus, et de le pousser fort.
La hausse du taux n'est pas la seule cause de l'augmentation de votre avis. Chaque année, l'État revalorise automatiquement les bases d'imposition en fonction de l'inflation harmonisée : +0,8 % pour 2026. Cette revalorisation s'applique partout en France, indépendamment de toute décision locale. À Bastia, les deux mouvements se cumulent cette année : la hausse du taux votée par la commune, et la revalorisation nationale des bases.
La municipalité invoque une contraction de ses marges de manœuvre financières : hausse des charges de personnel, inflation des coûts de fonctionnement et resserrement des concours de l'État. La hausse doit rapporter environ 3 millions d'euros par an. Source : présentation du budget primitif 2026, ville de Bastia, 30 avril 2026.
Le contexte politique est celui d'un changement de tête. Gilles Simeoni a été élu maire de Bastia au second tour des municipales de mars 2026, avec 44,49 % des voix, dix ans après avoir quitté ce même fauteuil pour prendre la présidence du Conseil exécutif de Corse. Le budget du 30 avril 2026 est son premier acte de gestion.
L'argument avancé par l'adjoint aux finances, Didier Grassi, tient en une phrase : une forte baisse des marges de manœuvre qui nécessite une augmentation. Les charges de personnel de la ville ont progressé d'environ 6 millions d'euros en quatre ans, dont 2 millions attendus entre 2025 et 2026, ce qui absorbe à soi seul les deux tiers du produit nouveau de la hausse.
Le second argument est structurel. La taxe foncière représente 86 % des recettes fiscales de Bastia. Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, une commune qui veut augmenter ses recettes propres n'a pratiquement plus qu'un bouton à pousser. Bastia l'a poussé après dix-sept ans d'immobilité.
| Élément du budget 2026 | Montant |
|---|---|
| Budget total voté | 114 M€ |
| Dont budget principal | 103,9 M€ |
| Produit attendu de la hausse | environ 3 M€ par an |
| Impact annoncé par habitant | environ 85 € par an |
Parce que la base est étroite deux fois. D'abord socialement : à Bastia, six habitants sur dix sont locataires, donc l'impôt se concentre sur une minorité de propriétaires. Ensuite juridiquement : la Corse connaît un désordre foncier hérité de deux siècles de non-déclaration des successions, qui laisse des biens sans titre de propriété clair, donc mal rattachés à un contribuable identifié.
C'est le point que les moyennes par habitant masquent. Quand la municipalité annonce environ 85 € par an et par habitant, ou environ 8 € par mois, elle divise le produit attendu par la population totale. Or la taxe foncière n'est pas payée par les habitants : elle est payée par les propriétaires.
Premier resserrement : la structure du logement. Bastia est une ville de locataires. Six habitants sur dix le sont, et plus d'un quart d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. La charge fiscale nouvelle se répartit donc sur environ quatre habitants sur dix, ce qui multiplie mécaniquement l'impact individuel réel par rapport au chiffre affiché.
Second resserrement : le désordre foncier corse. Pendant plus de deux siècles, les arrêtés Miot de juin 1801 ont dispensé la Corse du régime commun d'imposition des successions, sans sanction du défaut de déclaration. Résultat : un stock important de biens dont le titre de propriété n'a jamais été reconstitué, souvent en indivision sur plusieurs générations. Le GIRTEC, groupement créé par le décret du 15 mai 2007 et dont la Collectivité de Corse a renforcé le partenariat en 2026, travaille précisément à reconstituer ces titres.
Un impôt assis sur une base incomplète produit un effet mécanique : ceux qui sont en règle portent la part de ceux qui ne le sont pas. À Bastia, chaque hausse de taux se concentre donc sur un noyau de propriétaires identifiés, dans une ville où ils sont déjà minoritaires. C'est ce qui distingue cette hausse de 13,67 % d'une hausse équivalente dans une ville continentale au cadastre complet : le taux est le même pour tous, mais l'assiette n'a pas la même profondeur. L'assainissement cadastral en cours est, de ce point de vue, un sujet fiscal autant qu'un sujet juridique.
En ordres de grandeur, de 600 € à 2 400 € par an sur la part communale selon votre bien, dont 72 € à 289 € attribuables à la seule hausse de 2026. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale de votre logement, qui figure sur votre avis. Les profils ci-dessous sont reconstitués à partir de quartiers réels de Bastia.
Ces montants ne remplacent pas votre avis d'imposition, qui seul fait foi : deux logements de surface identique peuvent porter des valeurs locatives différentes selon leur état et leurs éléments de confort. La dernière colonne isole ce que la décision du 30 avril 2026 ajoute, à base d'imposition égale.
| Profil | Part communale 2026 (41,58 %) | Au taux d'avant 2026 (36,58 %) | Surcoût de la hausse |
|---|---|---|---|
| Studio 30 m², Montesoro | ~ 600 € | ~ 528 € | + 72 € |
| 3 pièces 65 m², Lupino | ~ 1 150 € | ~ 1 012 € | + 138 € |
| 4 pièces 85 m², Terra Vecchia | ~ 1 700 € | ~ 1 496 € | + 204 € |
| Maison 120 m², Cardo | ~ 2 400 € | ~ 2 111 € | + 289 € |
Les écarts entre quartiers sont réels et se lisent d'abord sur le prix du bien. À Bastia, le prix moyen de l'appartement s'établit à 2 933 €/m² en 2026, mais il varie de 2 235 €/m² à Montesoro à 3 598 €/m² à Terra Vecchia, en passant par 3 242 €/m² à Saint-Nicolas et 3 320 €/m² à la Citadelle (données DVF traitées par Immover, transactions 2024-2025).
Le surcoût de la hausse est proportionnel : 12 % environ de votre part communale, quel que soit le montant. Un propriétaire de studio paie donc quelques dizaines d'euros de plus, un propriétaire de maison plusieurs centaines. La moyenne de 85 € par habitant annoncée par la municipalité recouvre cette dispersion, et ne dit rien du fait que quatre habitants sur dix seulement sont concernés.
Indiquez la part communale de votre taxe foncière, telle qu'elle figure sur votre avis. Le simulateur isole la seule hausse de taux votée le 30 avril 2026 : il estime ce que vous auriez payé à base identique au taux d'avant 2026 (36,58 %), et l'écart avec le taux actuel (41,58 %).
Oui, nettement. Avant même la hausse, le taux bastiais de 36,58 % dépassait de plus de 13 points la moyenne de la Haute-Corse (environ 23,47 %), plaçant la ville au 7e rang des 236 communes du département. À 41,58 %, Bastia dépasse désormais la moyenne des grandes villes françaises (environ 39,74 %). Source : taux de fiscalité directe locale, DGFiP, 2025 et 2026.
La comparaison avec le reste de la Corse est sans appel. Le département de la Haute-Corse compte de nombreuses communes rurales à taux modéré, ce qui tire la moyenne vers le bas ; Bastia, seule ville importante et seul gros porteur de services publics du nord de l'île, se situe très au-dessus.
| Territoire | Taux communal 2026 | Dynamique récente |
|---|---|---|
| Moyenne des communes de Haute-Corse | environ 23,47 % | référence départementale |
| Nice | environ 30,90 % | baisse de 4,4 points votée en 2026 |
| Moyenne des grandes villes | environ 39,74 % | référence nationale |
| Bastia | 41,58 % | hausse de 13,67 % votée en 2026 |
| Marseille | 44,54 % | hausse de 14 % en 2022 |
La trajectoire bastiaise est l'exacte inverse de celle de Nice, qui a voté une baisse de son taux en 2026, et se rapproche de celle de Marseille, qui avait relevé le sien de 14 % en 2022. Vous pouvez lire nos analyses de la baisse niçoise et du taux record marseillais pour situer le mouvement bastiais dans le paysage national.
Marginal sur le prix, réel sur le coût de détention. Le marché bastiais se situe à 2 933 €/m² en moyenne pour un appartement en 2026, en hausse d'environ 10 % sur cinq ans. Une hausse de taux ne fait pas baisser un prix de marché, mais elle entre dans le calcul du budget annuel d'un acquéreur, en particulier sur les biens de grande surface.
Trois observations pour situer l'effet réel de la décision de 2026 sur votre bien.
1. La fiscalité ne fait pas le prix. À Bastia, le prix de l'appartement a progressé d'environ 10 % en cinq ans, passant de 2 671 €/m² en 2021 à 2 933 €/m² en 2026, avec un repli d'environ 2 % sur les douze derniers mois. Cette trajectoire est celle d'un marché insulaire contraint par la géographie, pas celle d'un marché piloté par la fiscalité locale.
2. Le coût annuel de détention devient un argument de négociation. Sur une maison à Cardo ou un grand appartement du centre, une part communale qui passe de 2 100 € à 2 400 € se voit dans un plan de financement. Un acquéreur informé l'intègre, et peut s'en servir dans la discussion.
3. L'écart entre quartiers reste le premier facteur de valeur. Entre Montesoro à 2 235 €/m² et Terra Vecchia à 3 598 €/m², l'écart dépasse 60 %. Aucune décision fiscale municipale ne produit un effet de cet ordre sur un prix de revente. Si vous voulez savoir ce que vaut votre bien, le quartier pèse infiniment plus lourd que le taux.
Pour situer précisément votre logement, consultez notre page dédiée aux prix au m² à Bastia, détaillée quartier par quartier à partir des transactions réelles, ou lancez une estimation directement ci-dessous.
Le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties à Bastia est de 41,58 % en 2026, contre 36,58 % de 2009 à 2025. La hausse de 13,67 % a été votée avec le budget primitif le 30 avril 2026. Les autres taux communaux restent inchangés : 63,03 % pour la taxe foncière non bâtie, 20,54 % pour la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, avec une majoration de 50 % sur ces dernières.
Le taux communal augmente de 13,67 %, ce qui représente environ 12 % de plus sur la part communale de votre avis, à base d'imposition égale. En ordres de grandeur, cela va de 72 € par an pour un studio à près de 290 € pour une maison de 120 m². S'y ajoute la revalorisation nationale des bases, fixée à +0,8 % pour 2026, qui s'applique partout en France indépendamment de toute décision locale.
La municipalité invoque une forte baisse de ses marges de manœuvre financières : hausse des charges de personnel, inflation des coûts de fonctionnement et resserrement des concours de l'État. Les charges de personnel ont progressé d'environ 6 millions d'euros en quatre ans. La hausse doit rapporter environ 3 millions d'euros par an. La taxe foncière représentant 86 % des recettes fiscales de la ville, c'est pratiquement le seul levier fiscal dont dispose la commune depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales.
En 2009. Le taux communal était resté fixé à 36,58 % pendant dix-sept ans, jusqu'à la décision du 30 avril 2026. Cette longue stabilité explique en partie l'ampleur du rattrapage : une hausse de 13,67 % en une seule fois, là où d'autres communes ont procédé par ajustements plus réguliers.
Oui. Avant même la hausse, le taux de 36,58 % dépassait de plus de 13 points la moyenne des communes de Haute-Corse (environ 23,47 %), plaçant Bastia au 7e rang des 236 communes du département. À 41,58 %, la ville dépasse désormais la moyenne des grandes villes françaises, située autour de 39,74 %, et se rapproche du niveau de Marseille (44,54 %).
En ordres de grandeur, la part communale va d'environ 600 € par an pour un studio de 30 m² à Montesoro à près de 1 700 € pour un 4 pièces de 85 m² à Terra Vecchia, et jusqu'à 2 400 € pour une maison de 120 m² à Cardo. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale de votre logement, qui figure sur votre avis d'imposition. À titre de repère, le prix moyen de l'appartement à Bastia est de 2 933 €/m² en 2026 (données DVF traitées par Immover).
Les propriétaires, qui sont minoritaires dans la ville : à Bastia, environ six habitants sur dix sont locataires. L'impact annoncé de 85 € par an et par habitant est une moyenne calculée sur la population totale, alors que la charge se répartit en réalité sur les seuls propriétaires. S'ajoute une particularité corse : le désordre foncier hérité des arrêtés Miot de 1801 laisse encore des biens sans titre de propriété reconstitué, ce qui réduit d'autant la base des contribuables identifiés.
Les avis de taxe foncière 2026 sont envoyés par la Direction générale des finances publiques entre fin août et début octobre 2026, par courrier et sur l'espace personnel impots.gouv.fr. Aucune démarche n'est nécessaire. La date limite de paiement est généralement fixée au 15 octobre pour les contribuables mensualisés et au 20 octobre pour un paiement direct. En cas d'erreur, une réclamation reste possible jusqu'au 31 décembre de l'année suivante.
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