En 2024, après plus de dix ans sans y toucher, Saint-Étienne a relevé ses taux communaux de 15 % d'un seul coup : la taxe foncière sur le bâti est passée de 38,85 % à 44,68 %, devant Marseille. Le taux n'a plus bougé depuis, mais la décision pèse chaque automne. Montants par quartier, simulateur du surcoût et ce que change l'alternance de mars 2026.
Illustration : Taxe foncière à Saint-Étienne en 2026 : les 15 % de 2024 sont toujours là.
À Saint-Étienne, la taxe foncière a une date de bascule : 2024. Cette année-là, après plus d'une décennie sans y toucher, la municipalité a relevé ses taux communaux de 15 % d'un seul coup, portant le taux de taxe foncière sur le bâti de 38,85 % à 44,68 %. Ce geste unique a fait passer la ville devant Marseille sur le taux communal, alors même que le marché immobilier stéphanois reste le plus abordable des grandes villes françaises, autour de 1 322 €/m². Depuis, le taux n'a plus bougé, mais la décision continue de peser chaque automne sur votre avis. Et depuis mars 2026, ce n'est plus la même majorité qui en a la main. Voici le tableau complet, profil par profil.
Le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties à Saint-Étienne est de 44,68 %, inchangé depuis la hausse de 2024. En ajoutant la part de Saint-Étienne Métropole (2,60 %), les taxes annexes et la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (8,30 %), le taux cumulé figurant sur votre avis approche 56,6 %. Source : DGFiP, fiscalité directe locale des particuliers, exercice 2025.
Votre avis n'affiche pas un taux unique, mais un empilement de lignes calculées sur une même base d'imposition. À Saint-Étienne, la part communale pèse à elle seule près de huit dixièmes du total : c'est la décision du conseil municipal qui fait votre facture, pas celle de la métropole.
| Ligne d'imposition | Taux | Qui le vote |
|---|---|---|
| Taxe foncière bâti, part communale | 44,68 % | Conseil municipal de Saint-Étienne |
| Taxe foncière bâti, part intercommunale | 2,60 % | Saint-Étienne Métropole |
| Taxes annexes (dont GEMAPI) | environ 1,00 % | Syndicats et métropole |
| Ordures ménagères (TEOM) | 8,30 % | Saint-Étienne Métropole |
| Cumul figurant sur l'avis | environ 56,6 % | - |
Le saut de 2021 n'était pas une hausse. Si vous comparez un avis d'avant 2021 avec un avis récent, le taux communal semble avoir explosé. C'est un effet d'optique : en 2021, l'ancienne part départementale de la taxe foncière a été transférée aux communes dans toute la France, en compensation de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales. Le taux communal a mécaniquement absorbé la ligne du département. La vraie décision stéphanoise, elle, est intervenue trois ans plus tard.
Parce que la Ville a relevé ses taux communaux de 15 % pour l'exercice 2024. Le taux de taxe foncière sur le bâti est passé de 38,85 % à 44,68 %, celui du non-bâti de 42,28 % à 48,62 %, et celui de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires de 20,16 % à 23,18 %. À cette décision s'ajoute, comme partout, la revalorisation nationale des bases. Source : DGFiP, taux de fiscalité directe locale, exercices 2023 et 2024.
C'est le point qui distingue Saint-Étienne de la plupart des villes de sa taille. Ailleurs, la facture progresse surtout parce que l'État revalorise chaque année les bases d'imposition, sans qu'aucun élu n'ait à voter quoi que ce soit. À Saint-Étienne, deux mouvements se sont additionnés en 2024.
Le premier est une décision municipale. Après plus de dix ans de taux communaux inchangés, la majorité de l'époque a assumé une hausse uniforme de 15 % sur l'ensemble de ses taux, en invoquant l'inflation des coûts, la hausse des dépenses d'énergie et de personnel, et le resserrement des concours de l'État. La Ville a ensuite annoncé, lors du débat d'orientation budgétaire de janvier 2025, qu'il n'y aurait pas de nouvelle hausse en 2025 ni en 2026. Les taux constatés par la DGFiP pour 2025 confirment ce gel.
Le second est automatique. La base d'imposition, c'est-à-dire la valeur locative cadastrale de votre logement divisée par deux, est revalorisée chaque année par l'État en fonction de l'inflation : +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024, +1,7 % en 2025 et +0,8 % en 2026 (coefficient 1,008, indexé sur l'indice des prix à la consommation harmonisé de novembre 2025).
| Année d'imposition | Taux communal Saint-Étienne | Revalorisation nationale des bases |
|---|---|---|
| 2022 | 38,85 % | +3,4 % |
| 2023 | 38,85 % (inchangé) | +7,1 % |
| 2024 | 44,68 % (hausse de 15 %) | +3,9 % |
| 2025 | 44,68 % (inchangé) | +1,7 % |
| 2026 | 44,68 % (inchangé) | +0,8 % |
Oui, sur le taux. À 44,68 %, le taux communal stéphanois dépasse désormais celui de Marseille (44,54 %), longtemps cité comme le record des grandes villes, et se situe très au-dessus de Lyon (31,89 %). Il reste en dessous de Clermont-Ferrand (46,60 %) et de Troyes (50,44 %). Source : DGFiP, fiscalité directe locale des particuliers, exercice 2025.
Le classement mérite d'être lu correctement. Un taux élevé ne veut pas dire une facture élevée : le montant dépend du taux et de la valeur locative cadastrale du logement. Dans une ville où les valeurs locatives sont modestes, un taux fort peut produire un montant plus faible qu'un taux modéré dans une ville chère. Ce qu'il révèle, en revanche, c'est le niveau d'effort demandé aux propriétaires par la collectivité.
| Ville | Taux communal 2025 | Dynamique récente |
|---|---|---|
| Lyon | 31,89 % | hausse de 9 % en 2023 |
| Nice | 35,30 % | baisse de 4,4 points votée pour 2026 |
| Limoges | 42,13 % | hausse de 2023 |
| Marseille | 44,54 % | hausse de 14 % en 2022 |
| Saint-Étienne | 44,68 % | hausse de 15 % en 2024 |
| Clermont-Ferrand | 46,60 % | taux élevé, stable |
| Troyes | 50,44 % | hausse de 4,2 points en 2023 |
Le voisinage régional est parlant. À 45 kilomètres, Lyon applique un taux communal inférieur de près de 13 points, sur un marché immobilier trois fois plus cher. Pour comparer les mécaniques ville par ville, vous pouvez lire nos analyses de la taxe foncière à Lyon, du taux marseillais et du cas limougeaud.
En ordres de grandeur, de 580 € à 2 235 € par an sur la seule part communale selon votre bien, dont 76 € à 291 € attribuables à la hausse de 2024. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale inscrite sur votre avis, pas du prix de marché de votre logement.
Les profils ci-dessous sont reconstitués à partir de quartiers réels de la commune et de valeurs locatives d'ordre de grandeur. Ils ne remplacent pas votre avis, qui seul fait foi : deux logements de même surface peuvent avoir des valeurs locatives différentes selon leur état et leurs éléments de confort. La dernière colonne isole ce que la décision de 2024 a ajouté, à base d'imposition identique.
| Profil | Part communale (44,68 %) | Au taux d'avant 2024 (38,85 %) | Surcoût de la hausse |
|---|---|---|---|
| Studio 30 m², Montplaisir | ~ 580 € | ~ 505 € | + 76 € |
| 3 pièces 65 m², Jacquard | ~ 1 250 € | ~ 1 090 € | + 163 € |
| 4 pièces 85 m², Fauriel | ~ 1 740 € | ~ 1 515 € | + 228 € |
| Maison 110 m², Montaud | ~ 2 235 € | ~ 1 945 € | + 291 € |
Ces profils s'appuient sur des quartiers aux prix très contrastés : 1 093 €/m² à Montplaisir, 1 238 €/m² à Jacquard, 1 283 €/m² à Montaud et 1 482 €/m² à Fauriel, le secteur le plus coté de la ville, pour une moyenne communale de 1 322 €/m² en 2026 (données DVF traitées par Immover, transactions 2024-2025). Le détail complet est sur notre page prix au m² à Saint-Étienne.
La valeur locative cadastrale ne suit pas le prix de marché. Elle repose sur une grille de 1970, actualisée par des coefficients nationaux, qui reflète les caractéristiques du logement bien plus que la cote de son quartier. C'est pourquoi l'écart de taxe foncière entre Montplaisir et Fauriel est beaucoup plus resserré que l'écart de prix au m², qui va du simple à plus d'un tiers.
Indiquez la part communale de votre taxe foncière, qui figure sur votre avis. Le simulateur isole la seule décision de 2024 : il estime ce que vous paieriez, à base identique, si le taux était resté à 38,85 %, et l'écart avec le taux actuel de 44,68 %.
Les deux chiffres sont exacts et ne disent pas la même chose. La hausse a bien été de 15 % par rapport au taux d'avant 2024 : 38,85 % multiplié par 1,15 donne 44,68 %. Mais rapporté à votre facture d'aujourd'hui, ce surcoût pèse 13 % du montant, puisqu'il est calculé sur un total déjà augmenté. C'est la même somme, lue depuis deux points de départ différents.
Une nouvelle majorité. Aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la liste d'union de la gauche et des écologistes conduite par Régis Juanico l'a emporté avec 44,13 % des suffrages exprimés au second tour, soit 19 493 voix et 43 sièges, mettant fin à la majorité sortante de droite et du centre. C'est donc ce conseil municipal qui votera les taux des prochains exercices. Source : résultats officiels des élections municipales de mars 2026.
Le contexte de cette alternance est particulier. Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne depuis 2014, a été condamné le 1er décembre 2025 dans l'affaire dite du chantage à la sextape, avec une peine d'inéligibilité assortie de l'exécution provisoire. Jean-Pierre Berger a assuré l'intérim jusqu'au scrutin de mars 2026.
Pour un propriétaire, la conséquence pratique est simple : la hausse de 15 % de 2024 a été décidée par une majorité qui n'est plus aux commandes, et l'engagement de gel pris pour 2025 et 2026 n'engage pas la nouvelle équipe au-delà. Le taux applicable à un exercice se vote au printemps de la même année, avant le 15 avril : c'est à ce moment que se lira la position de la nouvelle municipalité.
À notre sens, la question stéphanoise n'est pas de savoir si le taux va encore monter, mais s'il peut redescendre. Une baisse de taux est rare parce qu'elle coûte immédiatement des recettes, alors qu'une hausse se rattrape sur plusieurs années. Le cas niçois montre qu'un retour en arrière est possible quand la situation financière le permet, mais il reste l'exception. Le scénario le plus fréquent, après une correction de cette ampleur, est la stabilité du taux, la facture continuant de progresser par la seule revalorisation des bases.
Indirect sur le prix, réel sur le coût de détention. Avec un marché à 1 322 €/m² en moyenne pour un appartement en 2026, la taxe foncière représente à Saint-Étienne de l'ordre de 1,7 % à 2,2 % de la valeur du bien chaque année, un rapport parmi les plus élevés des grandes villes françaises. Ce n'est pas la fiscalité qui fait le prix, mais elle entre dans le calcul de tout acheteur attentif.
Ce ratio mérite une explication de méthode, car c'est lui qui rend le cas stéphanois singulier. Nous rapportons le montant total figurant sur l'avis, taux cumulé d'environ 56,6 % appliqué à la base d'imposition, au prix de marché du logement issu des transactions réelles. Un studio de 30 m² à Montplaisir vaut environ 32 800 € et supporte une taxe de l'ordre de 735 € : 2,2 % de sa valeur par an. Un 4 pièces de 85 m² à Fauriel vaut environ 126 000 € pour une taxe d'environ 2 205 €, soit 1,75 %.
Trois observations pour situer l'effet réel sur votre bien.
1. L'accessibilité reste le premier argument de Saint-Étienne. Un acheteur regarde d'abord le prix d'acquisition, où la ville est imbattable parmi les grandes agglomérations françaises. Une taxe foncière élevée nuance cet avantage sans l'annuler.
2. Le coût annuel de détention pèse davantage ici qu'ailleurs. Sur un bien à 500 000 €, une taxe de 2 000 € passe presque inaperçue. Sur un bien à 60 000 €, elle représente une part visible du budget mensuel, et un investisseur locatif l'intègre directement dans son calcul de rendement net.
3. Les écarts entre quartiers restent supérieurs à l'effet fiscal. De Montplaisir à Fauriel, l'écart de prix au m² dépasse 35 %. Aucune décision fiscale municipale ne produit un effet de cette ampleur sur le prix de revente. Si vous voulez savoir ce que vaut votre logement, l'adresse pèse bien plus lourd que le taux.
Pour situer précisément votre bien, consultez notre page dédiée aux prix au m² à Saint-Étienne, construite à partir des transactions réellement enregistrées.
Le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties à Saint-Étienne est de 44,68 %, inchangé depuis la hausse de 2024. En ajoutant la part de Saint-Étienne Métropole (2,60 %), les taxes annexes et la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (8,30 %), le taux cumulé figurant sur l'avis approche 56,6 %. Le taux de la taxe foncière sur les propriétés non bâties est de 48,62 %.
La Ville a relevé l'ensemble de ses taux communaux de 15 % pour l'exercice 2024. Le taux de taxe foncière sur le bâti est passé de 38,85 % à 44,68 %, celui du non-bâti de 42,28 % à 48,62 % et celui de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires de 20,16 % à 23,18 %. C'était la première hausse de taux depuis le début des années 2010.
La municipalité de l'époque a invoqué l'inflation des coûts, la hausse des dépenses d'énergie et de personnel et le resserrement des concours de l'État, après plus de dix ans de taux communaux inchangés. Elle a ensuite annoncé, lors du débat d'orientation budgétaire de janvier 2025, qu'il n'y aurait pas de nouvelle hausse en 2025 ni en 2026, ce que les taux constatés par la DGFiP confirment.
À base d'imposition identique, le passage de 38,85 % à 44,68 % représente 15 % de plus sur la part communale, soit environ 13 % du montant que vous payez aujourd'hui. En ordres de grandeur, cela va de 76 € par an pour un studio de 30 m² à environ 291 € pour une maison de 110 m².
Oui, depuis 2024. Sur le taux communal, Saint-Étienne est à 44,68 % contre 44,54 % à Marseille (DGFiP, exercice 2025). La ville reste en dessous de Clermont-Ferrand (46,60 %) et de Troyes (50,44 %), et très au-dessus de Lyon (31,89 %), pourtant située à 45 kilomètres.
En ordres de grandeur, la part communale va d'environ 580 € par an pour un studio de 30 m² à Montplaisir à environ 1 740 € pour un 4 pièces de 85 m² à Fauriel. Le montant exact dépend de la valeur locative cadastrale figurant sur votre avis, qui reflète les caractéristiques du logement plus que la cote de son quartier.
C'est le nouveau conseil municipal, issu des élections des 15 et 22 mars 2026 et conduit par Régis Juanico, qui votera les taux des prochains exercices. Le taux d'une année se vote au printemps, avant le 15 avril. L'engagement de gel pris pour 2025 et 2026 par la majorité précédente n'engage pas la nouvelle équipe au-delà de 2026.
Son effet sur les prix reste indirect. Le marché stéphanois se situe autour de 1 322 €/m² pour un appartement en 2026, le plus abordable des grandes villes françaises. En revanche, le coût annuel de détention y pèse lourd : la taxe représente de l'ordre de 1,7 % à 2,2 % de la valeur du bien chaque année, un rapport qu'un investisseur locatif intègre directement dans son rendement net.
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